Cate Blanchettréélue présidente. mais cette fois-ci elle le sera à Venise et non pas à Cannes. En attendant de la voir dans Bernadette a disparu de Richard Linklater et dans les séries tv Mrs America et Stateless... On l'attend aussi dans le prochain Guillermo del Toro, Nightmare Alley. Bref, la grande Cate a du temps. Venise est un agréable passe-temps.



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LA BONNE AVENTURE





Le regard azur, un visage angélique, une aura chaleureuse et sensuelle, curieuse, à la fois discrète et volontaire, passionnée, Judith Godrèche est aujourd'hui une actrice phare du cinéma français. Elle n'a que trente ans et déjà vingt années de carrière. Elle suit son instinct, se dépasse, et s'engage avec succès sur tous les terrains. Du cinéma, en France, outre-Atlantique, au théâtre, en passant par la mise en scène, le petit écran, l'écriture : tout lui réussi. Enfant, elle rêvait déjà d'aller au-delà d'elle-même. Aujourd'hui encore, chaque expérience est pour elle une nouvelle occasion de concrétiser ce rêve. Elle ne cesse de nous étonner. La petite gamine aux cheveux courts s'est désormais réalisée, à la vie comme à la scène. Rien d'étonnant pour cette jeune femme, en perpétuelle introspection et dont la seule ambition est de profiter pleinement du bonheur, à l'instant présent.

1982 : Judith Godrèche a tout juste dix ans. Nadine Trintignant lui offre son premier rôle dans L'été prochain, une fresque familiale, aux côtés de Claudia Cardinale et Philippe Noiret. Pour Judith, l'aventure ne fait que commencer. Petit à petit, films après films, l'adolescente devient l'égérie du cinéma d'auteur, évoluant dans des histoires intimistes, souvent teintées de mélancolie. Elle se révèle ainsi devant la caméra de Benoît Jacquot (Les mendiants, 1986), Jean-Pierre Mocky (Les saisons du plaisir, 1988), Jean-François Amiguet (La méridienne, 1988) ou encore Jacques Doillon (La fille de quinze ans, 1989). L'envol est sans retour : à la vie, Judith Godrèche à déjà quitté le cocon familial depuis ses 14 ans ; au cinéma, elle grandit, s'affirme de rencontres en rencontres, et promet un talent grandissant. La consécration viendra en 1990. Elle retrouve Benoît Jacquot et crève l'écran dans le rôle tragique et poignant de Beth (La Désenchantée, 1990) où elle incarne une jeune fille brisée, en quête de bonheur. Un rôle de composition, spécialement écrit autour de la personnalité de l'actrice. La performance est notable : Judith Godrèche s'impose définitivement dans le cinéma français.

Dès lors, elle nous offre des prestations toujours plus remarquables. Au cinéma, elle évolue en toute aisance dans des registres très distincts. Du drame à la comédie, elle assure une totale présence. Nombre de cinéastes, tels qu'Olivier Assayas (Paris s'éveille, 1991 ; Une nouvelle vie, 1992), ou Patrice Leconte (Tango, 1992), lui accordent une confiance absolue. Au petit écran, elle évolue avec brio dans des téléfilms adaptés d'oeuvres littéraires, de Borges (Emma Zunz, Benoît Jacquot, 1992) ou encore Stendhal (Le rouge et le noir, Jean-Daniel Verhaegue, 1996). Sur les planches, en 1992, sa première interprétation, dans "Je veux faire du cinéma", aux côtés de Michel Blanc et Michèle Laroque, lui vaudra une nomination au Molière de la révélation théâtrale de l'année.

L'aventure continue, inéluctablement. Bientôt, Hollywood va lui tendre les bras. Les deux productions historiques, Beaumarchais l'insolent (d'Edouard Molinaro, 1995) et Ridicule (de Patrice Leconte, 1996) font un triomphe outre-Atlantique. L'année suivante, Randall Wallace la choisi. C'est décidé : la petite frenchy intègrera le casting de L'homme au masque de fer, aux côtés de Leonardo Di Caprio. Un rôle secondaire où elle se dévoile naturelle et débordante de sensibilité : les USA en raffolent ! Hollywood la plébiscite, les propositions affluent ; le rêve américain n'est plus très loin ! Mais Judith a un tout autre but, bien plus essentiel : son propre bonheur. Elle vient de rencontrer sa moitié, l'humoriste et comédien Dany Boon, sur le tournage de Bimboland. L'harmonie qu'elle cherche depuis si longtemps est en train de prendre forme. Fidèle à elle-même, Judith Godrèche met en pause sa carrière cinématographique pour vivre simplement et pleinement sa vie de femme. Seuls deux cinéastes la convaincront de jouer dans leurs films : Phil Joanou, en 1998 (dans Entropy), et John MacKenzie, en 2000 (dans Quicksand). Car, pour elle, l'aventure continue sous un nouveau jour. Dès 1998, elle se consacre à la mise scène des spectacles de Dany Boon. Un mariage, un enfant, une nouvelle vie, un " besoin de fusion complète " que, pour rien au monde, elle ne laisserait échapper. Son retour à l'écran en 2001 n'en a été que plus réussi.
L'" âme aventurière " - c'est ainsi qu'elle se décrit - Judith Godrèche dirige aujourd'hui sa carrière dans la plus grande sérénité. Son principal mérite est d'écouter son cÏur. Cela lui a toujours réussi. Nous la retrouverons bientôt, aux côtés de Niels Arestrup, dans Parlez-moi d'amour, le premier long métrage de Sophie Marceau. Elle incarne ici, dans la plus grande émotion, une jeune femme et mère déchirée par la vie, en quête de reconstruction personnelle. "Le film de Sophie, c'est peut-être le plus important que j'ai fait de ma vie. Quand je l'ai vu, j'avais la chair de poule, ça parle tellement de moi, du rapport que j'entretiens avec mon enfance, alors que ce n'est pas moi. C'est troublant (...). En même temps, ce n'est pas dérangeant, c'est très chaleureux ". Judith Godrèche, si discrète de nature, se dévoile toujours plus à l'écran. La meilleure façon de la connaître repose ici. Ses choix cinématographiques ne sont jamais le fruit du hasard. Film après film, elle se révèle - aux autres et à elle-même. Pour l'instant légère et comique.

sabrina


 
 
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