Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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GAD TO MEET YOU





Juif marocain d'origine, grandissant dans Casablanca, au bord de l'Océan, sous le soleil, le petit Gad Elmaleh, se barre à 17 ans dans le froid québécois, rêvant d'Amérique (où tout est possible), mais ne sachant pas assez bien parler l'anglais. Ambitieux, pas prétentieux. Il y étudie les sciences po, travaille à la radio, joue des histoires drôles dans les clubs. Il n'arrive à Paris qu'à 22 ans.
Etudie avec une prof nommée Isabelle Nanty. Rencontrera les planches avec Roger Planchon (Les libertins). Casablanca driver, le jeune Gad, immigré du Sud dans une France qui vire à droite, écrit son premier spectacle, sur ses expériences d'expatrié à Montréal comme à Paris. Il se métamorphose en David, émigrant permanent, déraciné et avide de rencontres. Il revisite la chèvre de Monsieur Seguin, version accent arabe. Il a 25 ans quand il monte Décalages au Palais des Glaces et tourne son premier premier rôle dans un film, Salut Cousin!, de Merzak Allouache. Il fait partie de cette génération montante de comiques (Jamel Debbouze) et d'acteurs (Sami Bouajilah). Très rapidement il alterne les drames (Train de vie, L'homme est une femme...) et les comédies bâclées (Vive la République!). Son regard clair fascine, hypnotise.
Lui a toujours rêvé d'être artiste, et plutôt du genre connu, reconnu, vedette quoi, le voici au bord de la notoriété. Invité des émissions TV. Nouveau One-man-show : La vie normale. La sienne? Il enchaîne les films, en parallèle. Il vient de reprendre le rôle de Vincent Elbaz dans la suite de La Vérité si je mens!. Ironiquement le Dov incarné par Elbaz avait été proposé à Elmaleh pour le premier opus, qui avait préféré jouer dans XXL, flop mémorable. Il attendra donc quelques années pour connaître son premier carton public cinématographique. Mais remplaçant, peu marquant, à l'instar d'une Robin se substituant à Lemercier dans Les Visiteurs. Début de millénaire où il devient aussi papa. Il partage sa vie, alors, avec la Roxanne du Cyrano de Rappeneau, la délicieuse Anne Brochet. Tout sourit à ce comédien errant.
Il insuffle un nouveau style, dans la lignée des dialogues observateurs de Palmade et de la folie douce et élégante de Lemercier. Façon Bedos, par la proximité originelle. Il est pourtant plus proche du ch'timi Dany Boon que Boujenah ou Seimoun, qui revendiquent leurs Maghreb en héritage. Les gestes sont accentués et proches du cinéma muet et burlesque. Les phrases fusent et se moquent de lui-même. Il se travestit, se grime. S'arrête au milieu du monologue, devient schizophrène sur scène. Il n'y a bien que son copain Jamel, avec qui il rêve de faire un spectacle commun en Afrique du Nord, qui suscite le même engouement tout en ayant imposé une marque de fabrique qui lui est propre. La vie normale le fait entrer dans la cour des grands avec des sketches comme Le portable (avec un grand père déjà invité dans Décalages), La cigarette, Sébastien ... tout le monde en prend pour son grade, du français moyen au père de famille juif. "Je suis overbooké" devient désormais son leitmotiv. Over sollicité. La vie normale créé surtout un personnage, Chouchou (de son vrai nom Anderahim). C'est en se promenant dans son quartier, du côté de la Place de Clichy, qu'il a trouvé l'inspiration en croisant un travelo algérien mélangeant arabe et français, voix mâle et intonations féminines.
Chouchou va devenir une star de cinéma. La comédie à succès du printemps 2003, propulsant Elmaleh, qui ne perçait pas au cinoche, en star du moment. Presque 4 millions de spectateurs applaudissent à cette farce qui croise La cage aux folles avec la dernière réplique de Certains l'aiment chaud : "Personne n'est parfait". Preuve de son pouvoir grandissant, Gad choisit le réalisateur, Allouache, qui lui avait donné sa chance 7 ans plus tôt. Elmaleh maîtrise tellement bien son personnage d'homme déguisé en femme qu'il se permet d(être interviewé à la télé, en "costume'. De là tout change. Il décide de refuser la plupart des projets qu'on lui propose. Refuse de se faire enfermer dans un rôle. Il écrit son troisième spectacle. La scène est sa femme (c'est comme rentré à la maison), le cinéma n'est qu'une maîtresse. L'autre c'est moi. "C'est tous les "moi" dans la vie de tous les jours. C'est un peu de tous ces gens si différents qui sont en lui. Ce lui, c'est celui qui voulait tordre son corps pour prendre position et casser les phrases pour faire du bris de mots. L'autre en fait c'était lui.".
Rien d'étonnant à ce qu'Elmaleh admire Philippe Caubert, qui a intelligemment mixé sa propre vie avec sa folie du théâtre tout au long de ses spectacle, au fil des années. Fan de Raymond Devos aussi, ce qui explique la dose de jeux de mots et de néologismes dans ses shows. Le nouvel australopithèque est né. Celui qui tord le cou aux préjugés, qui montre l'absurdité de certaines règles, qui ouvre les yeux sur un société pas si tolérante... Il refuse les rôles d'arabes. Et si jusqu'à présent il n'a croisé aucun grand cinéaste (pardon Braoudé, Assous, Gilou et Zylbermann...), ses confrères font des éloges : de Depardieu (Paris Match) à Deneuve (Première).
Après Chouchou, il s'interrompt donc plus d'un an - "une année sympathique" aurait dit son Sébastien. Tourne à guichets fermés. Et choisit trois films où il a le premier rôle et partage l'affiche avec des monstres du grand écran. Déterminé à devenir l'un des comédiens les plus populaires de sa génération, conscient de son physique séduisant, son humour désarment, son talent acquis. Finies les petites participations (La beuze, Les clefs de bagnole, B@b el web)? Il est le chauffeur de Depardieu, mari de Valéria Golino, charismatique et charmeur. Olé. Il côtoie Audrey Tautou chez Salvadori. Hors de prix. Combien Gad? Pour la doublure, il a du approcher le cachet d'Auteuil, son partenaire dans le nouveau Francis Veber. Il ne sera pas une Doublure comme les autres, puisqu'il endossera les habits de Pignon, incarné par Brel, Richard, Villeret et Auteuil depuis L'emmerdeur jusqu'au Placard. Un lourd héritage qui fera de l'immigré de Casa un français à qui on ne demande certainement pas les papiers...
Désormais dans l'élite du 7ème Art franchouillard, Gad Elmaleh, avec ses airs de Buster Keaton, romantique comme comique, n'a pas pu s'empêcher de verser une larme nostalgique en jouant dans sa ville natale L'autre c'est moi. Manière de boucler la boucle, de revenir à ses racines. Car, à travers tous ses personnages, il y a certes une volonté de dépasser son statut social - et clairement Elmaleh voulait se faire un nom - mais aussi une conscience d'une existence qui a un goût morbide. "Comme tous les gens qui ont un héritage culturel fort, j'en arrive à un stade où je me pose beaucoup de questions. Le personnage du grand-père m'a beaucoup apaisé. Depuis que j'étais môme, au Maroc, les vieux me séduisaient. Mais c'est un personnage que je ne rejouerai plus. Je ne veux plus en entendre parler. J'avais même pensé à organiser son enterrement sur scène."
Heureusement, son prénom s'est davantage propagé. Gad signifie Joie en hébreu. Et il en a à revendre.

vincy


 
 
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