Un an après The Greatest Showman, et près de deux ans après avoir enterré Wolverine, Hugh Jackman revient dans la peau d'un candidat à la présidentielle américaine piégée par ses infidélités dans The Front Runner, passionnant thriller politique. A 50 ans, la star australiengne est attendu cette année dans Bad Education et pourrait être la tête d'affiche du prochain film de Baltasar Kormaku, The Good Spy.



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LE NOUVEAU ROMANTIQUE





Brun ténébreux. Ou tête à claques. Garçon séduisant. Ou gamin arrogant. Tourmenté, faussement. Ou vraiment, fougueusement, comédien. Louis Garrel, fils de Philippe Garrel mais pas d’Isabelle Huppert, comme il l’écrit sur son site, a été touché par la grâce du jeu selon certains. Ou ne fait que reproduire, verbe qui colle terriblement à notre époque, l’allure, les gestes et les provocations de ses modèles. Parmi eux, la filiation avec Jean-Pierre Léaud, son parrain, semble presque trop évidente...

Adoré de la critique cinéphilique élitiste, fidèle vedette des festivals, déjà césarisé, le jeune Garrel transporte sa beauté incandescente, farouche, dérangeante à travers des films très auteuristes. Qu’on l’aime ou pas, il marque les esprits avec des rôles peu convenus et son naturel devant la caméra, mélange d’improvisation et de maîtrise corporelle. Si son père l’emploie dès son enfance dans ses films, il fait ses débuts face à Jane Birkin, dans Ceci est mon corps. Titre justement choisi. Garrel est un corps. Malléable, élastique, charismatique. Il occupe le champ. Se fout à poil ou gigote dans tous les sens. Il est en perpétuel mouvement. Si son personnage croit avoir perdu la foi, l’acteur, lui, a bien trouvé sa voie. Il aime ces personnages qui se rebellent contre un avenir fataliste, se révolte facilement et confortablement contre un ordre préétabli. Bourgeois, Louis Garrel adore incarner une jeunesse qui se rêve révolutionnaire et libre.

Ironiquement ce sont d’ailleurs deux films évoquant l’utopie de Mai 68 qui vont le révéler. Bernardo Bertolucci choisi un trio explosif, et qui, d’ailleurs, s’imposera au cinéma dans les années à venir, pour composer son triangle amoureux et échangiste dans Innocents (The Dreamers). Mai 68 dans une bulle sexuelle et fusionnelle : et si ça n’avait été que ça. On retient là encore les corps. Nus et alanguis. Ceux d’Eva Green, Michael Pitt et Louis Garrel. Deux ans plus tard, Philippe Garrel l’insère de nouveau dans les événements de 68 avec Les amants réguliers. Il y croise Clotilde Hesme, sa future partenaire des Chansons d’amour. Affiche en noir et blanc, très Nouvelle Vague. Une histoire d’amour passionnelle pour s’évader d’une vie ennuyeuse. La folie calculée de Garrel ne viendrait-elle pas prendre sa source dans cette frayeur de la routine et de la normalité ?

A travers sa filmographie on note surtout que Louis Garrel s’inscrit dans un décor : Paris, et plutôt celui des arrondissements chics ou bobos. Il inspire une jeunesse tranquille, française, classique. Mais il en explose aussi les cadres et les verrous avec ses désirs amoraux, son anticonformisme puisé justement dans ces années 60. Car Louis Garrel, malgré son apparente juvénilité, est enraciné dans une culture dépassée : celle d’un cinéma d’auteur qui ne parle plus au grand public, celle d’une époque – la nouvelle vague, la libéralisation des mœurs, les yé-yés – révolue, à défaut d’avoir été si révolutionnaire. Est-ce que cela inquiète les modernes ou rassure les inquiets ? Il a encore cette élégance qui a disparu, cette théâtralité qui n’est plus assumée...

Avec son pygmalion Christophe Honoré, Garrel se fraye un chemin plus malin qu’innocent avec des films comme Ma mère où il se débauchera dans une relation oedipienne, et aussi Dans Paris où il flâne et flirte de filles en conquêtes, ou enfin dans Les chansons d’amour, passant d’un amour défunt à des feintes amoureuses pour conclure avec un jeune homme irradiant de charme. Il y chante, il y danse, et réussit même à réguler son « italianité », cette instabilité parfois énervante.

François Ozon l’a même enrôlé dans un moyen métrage, Un lever de rideau, parce qu’il « parle très vite et avale souvent les mots.» En transe physiquement, transi amoureusement, Louis Garrel choisi d’aimer sa partenaire et réalisatrice d’Actrices, femme plus mûre, et tout à fait italienne, Valéria Bruni-Tedeschi. A 25 ans, le « fils de » est à la frontière entre son adolescence cultivée et son âge adulte espéré. Il est à l’aube de sa « carrière ». Avoir la vocation, l’ambition, l’intelligence et même l’érudition ne suffisent plus. Dans un cinéma de plus en plus parcellisé, Louis Garrel, enfermé dans une chapelle, pourrait aussi étouffer, lui, qui dans chaque film, a besoin de sortir, s’aérer les poumons, respirer et embrasser qui vous voudrez...

vincy


 
 
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