Margot Robbie aime les personnages à caractère. Avec Moi, Tonya, elle mérite amplement sa nomination aux Oscars. Elle est attendue dans deux biopics (Goodbye Christopher Robin, Mary Queen of Scts), en narratrice de Pierre Lapin, dans deux thrillers (Dreamland, Terminal). Et probablement dans le prochain Tarantino en attendant Suicide Squad 2.



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LA COMBATTANTE





C’est l’autre Adèle du cinéma français contemporain. Moins médiatisée que sa cadette Exarchopoulos (qui a surtout eu la chance de tourner pour Kechiche, meilleur raccourci vers le devant de la scène quand on est une jeune comédienne), mais au moins aussi talentueuse, Adèle Haenel a un physique plus atypique que la plupart de ses jeunes consoeurs, ce qui lui permet de marquer immédiatement les esprits.

Depuis ses tout débuts au cinéma à l’âge de 13 ans (dans Les diables de Christophe Ruggia, où elle est saisissante d'intensité), elle tourne avec parcimonie (se ménageant notamment de longues pauses pour passer son bac, puis enchaîner prépa HEC et école de commerce), rendant chacune de ses apparitions plus précieuses.

Le premier choc a lieu en 2007, lorsqu’elle crève l’écran en adolescente découvrant sa sexualité dans le premier film de Céline Sciamma, Naissance des pieuvres. Elle apparaît immédiatement comme l’un des espoirs du cinéma français et obtient d’ailleurs une nomination aux César. Pas de chance, elle tombe face à Hafsia Herzi qui remporte haut la main la récompense.

Ce n’est que partie remise pour Adèle Haenel qui fait son grand retour à Cannes en 2011 avec pas moins de trois films sélectionnés dans les différentes sections. Elle est la meilleure amie de Lola Créton dans En ville de Valérie Mrejen et tient l’un des rôles principaux d’Après le sud de Jean-Jacques Jauffret. Mais c’est dans L’apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello, en compétition officielle, que toute la variété de son jeu se révèle. Elle y est charnelle et envoûtante, étrangement à son aise dans cette atmosphère confinée d’une époque moribonde. Le film lui vaut une nouvelle nomination aux Cesar (cette fois, ce sont Naidra Ayadi et Clotilde Hesme qui l’emportent) et le Prix Lumière du Meilleur espoir féminin (décerné par la presse étrangère à des films français ou francophones).

La jeune actrice est lancée, et désormais plus rien ne peut l’arrêter. Elle ne fait peut-être pas la couverture des magazines, mais elle multiplie les projets, si possible dans des univers variés et singuliers, comme ceux de Sylvie Verheyde (Confession d’un enfant du siècle avec Pete Doherty et Charlotte Gainsbourg), Catherine Corsini (Trois mondes avec Clotidle hesme et Raphaël Personnaz), Elie Wajeman (Alyah avec Pio Marmaï) ou encore Anton Tchekhov dont elle joue La mouette à Avignon. Elle participe également au projet un peu fou du cinéaste canadien Guy Maddin consistant à tourner à sa manière des films perdus de l’époque du muet.

En 2013, c’est Katell Quillévéré qui lui offre peut-être son plus beau rôle à ce jour avec Suzanne, où elle est la sœur loyale et aimante du personnage interprété par Sara Forestier, déchirée par son absence, mais jamais démissionnaire. On l’imagine comme un roc inébranlable auprès duquel sa sœur vient se ressourcer de manière inconditionnelle. Une composition impeccable, tout en retenue, qui fait d’elle (sans qu’elle ne vole jamais la vedette à personne) le personnage pivot du film.

Après une telle démonstration de sa force intérieure, à la fois subtile et un peu bravache, on a d’autant plus hâte de la retrouver en 2014 dans Les combattants de Thomas Cailley où elle sera encore un bloc de volonté, tout entière tendue vers le but qu’elle s’est fixée, mais aussi chez Téchiné qui, en bon explorateur de la nature humaine, pourrait révéler d’autres facettes de son talent encore brut.

MpM


 
 
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