Il a une gueule. Il est viril. Il est crédible en méchant comme en héros.Tom Hardy est devenu rare au cinéma, mais quelle filmographie, enchaînant Mad Max Fury Road, The Revenant, Dunkerque et maintenant Venom. On l'attend en Al Capone dans Fonzo, on peut le voir à la télé dans la série Taboo. Il est pressenti dans le prochain film d'Andrew Dominik. Et qui sait dans un Spider-Man à venir?



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ETOILE DU NORD





À peine 30 ans, et déjà parmi les figures montantes du cinéma international : Alicia Vikander, actrice suédoise séduisante, aurait pu être une sublime actrice bergmanienne. Avec sa moue proche de celle d’Emily Blunt, son regard intense, et une beauté irrésistible (à condition d’aimer les blondes), elle a vite taper dans l’œil des producteurs.

Débuts fulgurants

Au départ, cette fille de comédienne est plutôt dans les coulisses et s’oriente vers la danse. Mais les blessures ont eu raison de sa vocation. Et se trouve alors une nouvelle passion : la comédie. Elle tourne d’abord pour la télévision, dans des séries et des téléfilms. A 22 ans, la voici déjà au cinéma dans Pure de Lisa Langseth. Ici, elle est une jeune fille, au visage encore marqué par l’ingratitude de l’adolescence, qui voit sa vie transformée par un concert de musique classique. Elle remporte le César suédois de la meilleure actrice. Deux ans plus tard, elle s’impose en Caroline Mathilde de Hanovre dans Royal Affair, succès international du circuit art-et-essai dans le registre mélodrame historique sur la cour du Danemark. Dans ce triangle amoureux, elle éclaire les zones sombres de l’Histoire. Jeune reine mariée à un roi fou et amoureuse d’un savant athée, sa raison d’Etat est mise à rude épreuve. Le film est sélectionné à Berlin et nommé aux Oscars et lui offre une visibilité inattendue.

Elle aime ces personnages qui ont un destin hors du commun, qu’il soit à l’origine modeste ou complètement exceptionnel. On la croise dans le Anna Karenine de Joe Wright, Le cinquième pouvoir de Bill Condon, Son of Gun de Julius Avery er Le septième fils de Sergey Bodrov (grosse daube fantasy). Elle retrouve aussi Lisa Langseth pour Hotell, qui lui vaut le prix d’interprétation à Marrakech.

En 2014, la jeune fille incarne la romancière Vera Brittain, suffragette et amoureuse passionnée, qui va voir sa vie bouleversée par la première guerre mondiale. Le mélo historique sur l’Angleterre en guerre révèle une fois de plus que les larmes et les tourments lui vont bien.

Quatre films en un an

Mais aussi douée soit-elle, Alicia Vikander reste juste un espoir du cinéma d’auteur anglo-saxon. Si elle s’aventure parfois en second rôle dans des films de genre, il lui manque un rôle fondateur. Elle essaye donc quatre styles de films complètement différents. Une comédie policière avec de l’action, Agents très spéciaux : Code U.N.C.L.E. Elle y est hyper sexy mais cela ne suffit pas à empêcher le fiasco au box office. Une comédie dramatique hollywoodienne, A Vif. Imposée par Harvey Weinstein lui-même, elle y est épatante, mais cela ne suffit pas à sauver le film de l’échec. Un biopic classieux d’un metteur en scène oscarisé, aux côtés d’un jeune comédien lui aussi oscarisé : The Danish Girl. Elle y est l’artiste Gerda Wegener, première femme à devoir affronter le changement de sexe de son mari. Elle vole littéralement toutes les scènes du film et donc la vedette au personnage principal, au point de rendre bancal le sujet même de Danish Girl, en se posant davantage de questions sur la force indifférente de l’amour plutôt que celle de la détermination à changer de genre. Malgré cela, cela ne suffit pas à faire du succès un film, mais cela lui vaut une première nomination aux Oscars, dans un second rôle féminin (paradoxal tant elle capte tout le film).

Troublante, exquise, subtile : sa manière de jouer nous envoûte. Elle ne semble jamais forcer, ne paraît pas vouloir jouer la performance. En cette année 2015, elle est à l’affiche d’un quatrième film, le premier long métrage d’Alex Garland, Ex Machina. Elle y est Ava, créature dotée d’une intelligence artificielle, autant dire Eve, la femme idéale, mi robot mi poupée désirable. C’est là qu’Alicia Vikander naît réellement au cinéma. Elle trouve ici un rôle culte dans un film qui impressionne professionnels, critiques et public. Pour une fois son personnage change le destin des autres, et le regard qu’on porte sur elle. Dans un registre inédit pour elle, la science-fiction, elle transcende un archétype féminin en jouant de toutes les nuances nécessaires pour nous la rendre « aimable ». Avide de notoriété

Ce n’est plus l’étoile ascendante, c’est une belle étoile fixée dans le ciel hollywoodien. Elle est choisie pour le cinquième Jason Bourne, avec Matt Damon, le nouveau film de Derek Cianfrance, avec son compagnon Michael Fassbender, l’adaptation d’un roman de Deborah Moggach réalisée par Justin Chadwick, avec Christoph Waltz et le futur Wim Wenders, avec James McAvoy.

Sa cote grimpe, même si elle a déjà subit l’impitoyable univers d’Hollywood (qui lui a refusé quelques rôles à commencer par Cendrillon et Blanche Neige et le chasseur). Sans langue de bois, elle n’est pas mécontente d’être sous le feu des projecteurs, souhaitant travailler le plus possible et profitant de la notoriété pour être sur la liste des actrices les plus convoitées. Légèrement arrogante ? Courtoise et réputée un peu froide, elle refuse de montrer la moindre faille, la moindre vulnérabilité. Définitivement bosseuse en tout cas, repoussant ses propres limites, et suffisamment intelligente pour ne pas se fourvoyer dans des trop mauvais choix (pour l’instant). Alicia Vikander sait ce qu’elle veut, sait ce qu’elle vaut. Pour une publicité, c’est Louis Vuitton, pas moins. Clairement, elle l’affirme : « je suis prête à être davantage connue ».

vincy


 
 
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