Jean Dujardin n'en a pas terminé avec les films populaires (il sera bientôt dans un nouveau OSS 117) mais ces derniers temps, il opte aussi pour des chemins de traverse plus audacieux. Après le duo Kervern/Delépine, le voici à l'affiche du déjanté Le Daim de Quentin Dupieux,où il habite littéralement son rôle. On le retrouvera à la fin de l'année chez Polanski dans J'accuse.



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VOLEUR DE VIES





Il n'a pas échappé à l'interprète des Parapluies de Cherbourg et des Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, de Hôtel des Amériques et Le Lieu du crime d'André Téchiné, qu'une même passion sous-tend les films des deux cinéastes : celle du mouvement. Le mouvement, visible, que dessinent les corps dans l'espace et celui, secret, des élans du coeur. L'un traduit l'autre, et réciproquement. Tous deux sont l'expression de la vie telle que Téchiné la définit : "Etre vivant, c'est être en mouvement". En effet, les films de Téchiné et de Demy manifestent la commune volonté de leurs auteurs de chorégraphier, plutôt que de mettre en scène, les déplacements respectifs de la caméra et des personnages. Ainsi leurs films donnent en spectacle gestes et sentiments ordinaires, leur conférant, comme l'a bien senti Catherine Deneuve, une ampleur et un lyrisme qui exaltent et transfigurent le quotidien. Le romantisme le dispute au romanesque.

La comédienne, il est vrai, fait référence à deux films des années 80, seconde période, la plus aboutie, de la carrière du cinéaste. Au début de celle-ci, après Paulina s'en va (1969-1975), Téchiné avait en effet abordé quelques-uns des genres cinématographiques dont l'intense fréquentation en spectateur avait suscité sa vocation. La "saga", d'abord, celle d'une famille du Sud-Est : Souvenirs d'en France (1975) ; puis le polar noir : Barocco (1976) ; enfin la biographie historique, Les soeurs Brontë (1979). Réussites stylistiques, les trois films démontrèrent que les savantes arabesques de la caméra ne peuvent offrir à des personnages sans consistance qu'une belle vitrine, à défaut d'un souffle de vie.

Les protagonistes de Hôtel des Amériques (1981), Rendez-vous (1985, Prix de la mise en scène au Festival de Cannes), Le Lieu du crime (1986), Les Innocents (1987) n'attendent plus de la caméra qu'elle leur prête vie : ils savent trouver en eux-mêmes la force d'exister, de choisir leur destin, le courage d'affronter leurs passions et de s'assumer jusque dans la mort. Ils sont des héros romantiques exemplaires dont rien ne peut endiguer l'élan vital en présence desquels le cinéaste, bouleversé de les reconnaître, vivants et tels que son scénario les a conçus, demande à ses comédiens d'emboîter leurs pas, à son musicien d'épouser leur tempo, à son décorateur de modeler l'espace autour d'eux, à son directeur de la photographie d'avoir toutes leurs audaces...

Les films suivants font preuve également d'une brillante mise en scène : J'embrasse pas (1991), Ma Saison préférée (1993), Les Roseaux sauvages (1994), Les Voleurs (1996, présenté au 49e Festival de Cannes).

Nouveauté: pour la première fois, le cinéaste filme en caméra numérique. En effet, pour Loin (2001), il utilise cette nouvelle technologie cinématographique pour présenter la trajectoire de trois personnages , prisonniers de Tanger et de leur destin durant 3 jours. Loin l'emmène pour la première fois à Venise...
Loin ne le rapprochera pas de son public. Après quelques projets encore inaboutis, il revient à Cannes avec Les Egarés, avec son cinéma toujours un peu âpre et ensoleillé. Lui se perd pour mieux se trouver. Ce cinéaste atemporel a su retrouver son public, grâce à Béart. Il réconciliera Deneuve et Depardieu, sous ce soleil du Maroc qui l'a décidément happé, dans son prochain film.

chris, vincy


 
 
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