David Lynch, Lion d'or et Palme d'or, n'a pas tourné de long métrage depuis 2006. Une longue absence. Heureusement il nous a offert une suite à Twin peaks pour la télé. Et on peut voir ses photos fétéchistes dans l'exposition de Louboutin au Palais de la Porte dorée. Il vient aussi de terminer un court métrage. Elephant Man ressort cette semaine en salles.



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CARRIERE AU SOUS-SOL?





Delon. Nom court. Personnage brut. Caricatural. Caractériel, même. Une sorte d'icône d'un temps révolu. Mais quel temps?
Alain Delon n'a pas été de la nouvelle vague, et il a rarement croisé d'autres chemins que ceux qu'on lui avait tracés. Delon aujourd'hui, c'est l'apogée oubliée, la déclin achevé, l'éléphant au cimetière.
Il semblerait qu'à force de s'étouffer dans son vase clos de rencontres (Deray, Clément, Melville), il n'est pas parvenu à respirer l'air frais indispensable à toute renaissance.
Delon est la cendre de ce cigare écrasé par les producteurs. Il ne vaut plus rien sur le marché, tellement il a accumulé les bides. Alors faut-il le panthéoniser comme la cinémathèque l'an dernier ou divers festivals et soirées de gala? Ou faut-il encore espérer que ce géant déchu fasse un come-back retentissant?

Acte I: le beau gosse
Delon a eu 3 périodes dans sa carrière. Toutes ces périodes sont intéressantes, car elles auront contribué à montrer successivement la créativité, la force puis les failles d'un certain cinéma français.
L'enfant terrible, gaulliste, patriotique, réactionnaire, vient du prolétariat, du petit commerce. En cela l'itinéraire qu'il a façonné est admirable. Une sorte d'American Dream. Avec des excès, médiatisés, et des réalités aussi belles qu'au cinéma (Romy Schneider, Mireille Darc...).
En 1960, il joue Rocco et ses frères, puis Plein Soleil, qui est ressorti en 1996 aux USA. Deux films marquants, deux rôles mêlant le coté "petite frappe" à sa "belle gueule". Le film de René Clément est considéré comme l'un des meilleurs films de Delon. Il faudra cependant attendre 2 ans, avant que le jeune Alain soit engagé par Luchino Visconti pour le film qui recevra la Palme d'or, et sans doute l'un des must du cinéma italien, Le Guépard. Il est au summum de sa beauté.
Delon devient l'étoile filante face au monstre Burt Lancaster, dont c'est le couronnement. La même année, A.D. tourne un polar, loin de son univers romantique et doré, Mélodie en sous-sol. L'image est forgée entre la séduction et l'arme à feu. Ces quelques films en peu de temps l'intègrent dans le quatuor des jeunes stars françaises (et internationales), avec Belmondo, Deneuve et Jeanne Moreau.

Acte II: l'ambitieux
Tous ses films ne sont pas des réussites artistiques, mais grâce à sa fidélité, et souvent son amitié, avec une poignée de réalisateurs prestigieux, il traversera la décennie avec quelques beaux films, en partageant la vedette (Le Clan des siciliens) avec des acteurs qu'il admire (Gabin) ou en tête d'affiche (La Piscine). Ces films sont singuliers, ils ont une couleur très particulière, une narration presque épurée.
Il continuera à jouer avec des Montand, Signoret, Bourvil...la génération au dessus. Les films seront souvent considérés comme des classiques du genre, le polar, le plus souvent. Delon s'uniformise, et le mot flic revient de plus en plus souvent dans les titres de ces films. Melville, Clément disparaissent. Le renouvellement a du mal à se produire. Ou est-ce la peur de se risquer à d'autres rôles?
L'acteur recherche toujours des rôles intègres, voir violents. Toujours humains, ou en tout cas pardonnables. Delon noircit son personnage, s'isole du milieu. Le face à face avec Belmondo, plus varié et léger dans ses choix, est inévitable au Box Office. Les deux comédiens étaient réunis sur Borsalino. Malgré une entente très camarade sur le plateau, les égos avaient clashé lors de la sortie de ce hit.
Delon est aussi exigeant que Belmondo est perfectionniste. Le premier porte une extrême attention à son image, le second au marketing du film. La magie n'avait pas opéré. Et désormais les deux seraient comparés, statisticiés, toujours à se battre dans les tableaux d'honneurs...

Acte III: le comédien ignoré
En 1976, Delon est Monsieur Klein. Certainement avec Le Samourai, l'un de ses plus grands rôles. Et une de ses meilleures interprétations. Mais l'acteur loupe le virage, dérape, et poursuit sa ligne droite - forcément, tout est droit chez Delon - vers les sphères du Box Office, avec des rôles de flics: toujours les mêmes films.
L'ambition, ou la mégalomanie, selon les opinions, de Alain Delon est d'être le symbole du Cinéma Français. Il jouera dans les co-productions internationales de l'époque. Pas vraiment avec succès. Alors il continue son emploi de flic.
Il écrit ses rôles, réalise ses films...On le sent méfiant du talent des gens, lui qui a travaillé avec les plus grands. La nostalgie sera presqu'aigrie quelques années plus tard.
Et contrairement à Belmondo (avec Lelouch et le Théatre), Jeanne Moreau ou Deneuve, il va se faire doucement oublier dans les années 80.
Blier lui fait son chant du cygne, avec Notre Histoire, où le comédien révèle ses subtilités. César du meilleur acteur, c'est Coluche qui le lui garde en son absence, avec un petit mot fantaisiste venu de Genève....

Le félin à la retraite
Delon s'obstinera alors dans des choix périlleux, et artistiquement très médiocres, comme Le Passage, Nouvelle Vague (Godard, trop tard) ou Le Retour de Casanova, où il tente de nous la jouer Star en haut des marches du palais.
Mais déjà l'égo est trop enflé prêt à éclater. On se moque de lui. Sa vie privée intéresse bien plus.
D'un autre coté, il maintiendra la tendance flic has-been, avec Deray, Pinheiro ou Bréhat. Contestable. Et sa côte s'affaiblit, l'étoile palit. Le Box Office s'essouffle dangereusement. Delon passe plus de temps à la Télé, dans ses anciens films ou sur les plateaux des Talk Shows.
Il tentera en 96 un retour au théatre, triomphal, gaché par ses propres propos impolis vis à vis de l'excellent Francis Huster.
Retour avant tout médiatique, aussi pour le film de BHL. Delon change d'avis comme le pseudo philosophe change de chemise. Le film est ridiculisé à Berlin et par la presse. Mais Alain est à la une de tous les magazines. Pour rien. Le film est un flop. Parler du vide, dans le vide, ça n'apporte rien au cinéma. C'est juste révélateur d'un certain cinéma.

L'ultime duel
Il aura épousé la grandeur du cinéma franco-italien des années 60, flirté avec le succès commercial des films français dans les années 70-80. Et coulé avec l'enterrement des Belmondesqueries et le reflux de la nouvelle vague.
Delon incarne admirablement son métier et ses évolutions. Dommage qu'il n'est pas su les dépasser, se dépasser. Question de vision, de choix. On espère que le prochain, le nouveau Patrice Leconte, avec Vanessa Paradis et Jean-Paul Belmondo, lui permettra de prouver qu'il a encore du talent à nous offrir. Un adieu en beauté gâché par l'accueil public frileux.
Il annonce pour la énième fois ses adieux. Delon ressuscite sur le petit écran (avec succès, il est une valeur sûre de l'audimat) et sur les planches. Sans oublier Paris-Match, au moins deux jeudi par an. Indestructible. Le vieux lion ne peut s'empêcher de rugir, quitte à se compromettre avec Bardot, à draguer trop Sarko, à faire revivre cette France gaullienne dont il semble nostalgique.

vincy


 
 
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