Pedro Almodovar est notre nouveau Président. Celui de Cannes évidemment. 70e du nom, ce multi-primé sur la Croisette, insufflera sa folie movida et son drama mélo dans un Festival en fête. Ce sera aussi peut-être pour lui l'occasion d'annoncer son prochain film...



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Klapisch est un cinéaste populaire. De ceux qui se sont inscrits dans notre paysage sans avoir recours aux astuces des magazines people ou de la surexposition télévisuelle. Chacun de ses films s'est ancré dans notre inconscient comme autant de petits poèmes, de nouvelles adolescentes ou de souvenirs de jeunesse. Klapisch réalise un cinéma plein d'humanisme, et donc dosant avec habileté cynisme et générosité, très observateur, à la fois sympathique, humoristique, et sentimental.
Il a conquis rapidement le coeur des publics du monde entier avec des scénarii originaux et divertissants, des personnages attachants, des répliques mémorables. Son travail de cinéaste semble plus transparent. Ses films sont une mécanique fluide où les scènes s'enchaînent dans un bordel organisé, un chaos régulé. Il s'attarde à décrypter une génération et sa société, à travers son passé, son avenir, son présent. Il construit un passage entre Mai 68 et le XXIème siècle, entre Paris et le reste du monde, entre les femmes et les hommes. Le cinéma klapischien est profondément romantique mais aussi aventurier. Même si l'aventure c'est la recherche d'un chat perdu, l'émigration provisoire à Barcelone ou un saut dans le temps de pure science-fiction. L'aventure est toujours intérieure...

Ses petits histoires de jeunes bourgeois racontent la ville, la famille, une communauté. Que ce soit à travers un voyage d'étudiant, un périple dans le futur, ou un parcours de gangsters. Il impose sa vision gauchiste de son regard. Nous sommes membres d'un groupe, métissé, cosmopolite, qu'il soit inné (Un air de famille, Peut être) ou acquis (Chacun cherche son chat, L'auberge espagnole, Ni pour ni contre). Il en fait l'abri contre l'individualisme, contre les égoïsmes. Une jeunesse étoufée par le système, par la grisaille de son environnement ne peut que se retrouver dans ces capsules d'évasion qu'il offre aux spectateurs. On fuit les dossiers bien rangés et les sourires coincés pour préférer la folie ensoleillée d'un destin moins bien tracé. Il n'y a aucune fatalité nulle part... Il faut juste se lancer. même si pour arriver en Floride, il faut passer par l'arnaque et l'immoralité. Klpaisch n'est pas dupe de cette génération cupide, individualiste. Même s'il rêve de grande famille.

Et Klapisch s'est fait de beaux plongeons. Un film de télé transformé en film de cinéma (Péril Jeune), un petit film mué en énorme succès (Chacun cherche son chat), une pièce de théâtre culte métamorphosée en film à récompenses (Un air de famille), un pari casse-gueule dont les images oniriques nous marquent encore (Peut-être), et un tournage en DV à l'extérieur de son Paris ambiant devenu le plus gros succès français de l'été 2002 (L'Auberge Espagnole). Klapisch est toujours parvenu à attirer un public de 7 à 77 ans, à varier ses sujets, à filmer Bastille, les faubourgs paumés, Montmartre, les Grands magasins, ...
Luchini, Bacri, Belmondo et bien évidemment Duris se glissent naturellement dans cet univers parfois destroy (et pas mollo), parfois rêveur. Libre. Mais toujours contemporain : la solitude, la consommation, le milieu étudiant, l'Europe, le phénomène du passage à l'an 2000 ou encore un anniversaire familial sont autant de thématiques qui lient le spectateur au personnage fictif. Ses films font rire, sourire, et nous émeuvent. Cette simplicité, cette facilité ne peut exister qu'avec un travail que l'on devine, qui ne se voit pas. Tout semble dans l'observation juste, la restitution intelligente, la clairvoyance des symptomes de notre existence. Très actuel, très populaire, le cinéma de Cédric Klapisch est une forme élégante de montrer que nous n'avons pas le choix de nous intéresser ensemble à nos petits désastres....

vincy


 
 
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