Romain Duris n'arrête pas. Un mois après La confession, le voici de retour dans cessez-le-feu. De prêtre tenté, il passe à soldat traumatisé. L'acteur tourne actuellement Dans la brume, film SF survival franco-québécois. En attendant de le voir à l'affiche de Fleuve noir d'Erick Zonca et de Madame Hyde de Serge Bozon.



Gemma Arterton
Juliette Binoche
Louise Bourgoin
Danny Boyle
Jessica Chastain
Catherine Deneuve
Vin Diesel
Romain Duris
Catherine Frot
Olivier Gourmet
James Gray
Jake Gyllenhaal
Adèle Haenel
Tom Hiddleston
Hugh Jackman
Scarlett Johansson
Aki Kaurismäki
Takeshi Kitano
Brie Larson
Gilles Lellouche
Claude Lelouch
Jalil Lespert
Ewan McGregor
Sienna Miller
Robert Pattinson
Antoine Oliver Pilon
Michael Pitt
Ryan Reynolds
Solène Rigot
Jason Statham
Charlize Theron
Emma Watson



Brigitte Bardot
François Truffaut
Gérard Lanvin
Sophie Marceau
Kirsten Dunst
Keanu Reeves
Ryan Gosling
Johnny Depp
Penelope Cruz
Brad Pitt




 




 (c) Ecran Noir 96 - 17



Pathé   







 Coeurs transis ou coeurs brisés, en
 un clic fixez sa cote.
 
Votes : 3213Cote : 51 %


 
LE PALAIS DE L'INSOLENT





Insolite et parleur. Plus séduit par les mots que séducteur, Fabrice Luchini horripile ou émeut, agace ou plaît, mais il ne laisse pas indifférent. Autant médiatique et palabreur-pour-ne-rien-dire (comme n'importe quel politicien), le comédien affiche ses masques pour mieux nous bluffer. Il sait danser (Confessions trop intimes) et même chanter (du Adamo sur un plateau de télé). Show-man, il est bon client pour tous les médias : un mix de BHL et Robin Williams.
Pourtant on oublie que durant 20 ans il n'a pas eu le statut d'aujourd'hui. S'il est actuellement parmi les 10 acteurs les plus populaires et les mieux payés du cinéma français, il le doit beaucoup à ses prises de risques.
Tout commence avec Rohmer lorsqu'il a 20 ans. Il aura tourné 5 films avec l'égérie du film parisien. Si les mémoires sont empreintes de son Perceval, la reconnaissance (nomination aux Césars pour le réalisateur) viendra avec Les Nuits de la pleine lune. Luchini d'ailleurs porte chance. De nombreuses premières oeuvres se sont retrouvées aux Césars: La discrète, Chabert... Lui-même en recevra un avec Tout ça Pour ça de Lelouch. L'un des derniers bons films du cinéaste.

En 84, donc, Luchini, après des comédies sans importances, s'apprêtent à tourner (de nouveau) avec Schulmann. Acteur fidèle à des réalisateurs souvent marginaux des circuits financiers habituels, il se retrouve ainsi face à Bruel dans P.R.O.F.S., leur premier grand succès populaire.
Il enchaînera ainsi avec divers réalisateurs de grande renommée: Costa-Gavras, Oshima... Plaisir de comédien? Les films cependant échouent tous au Box office, et Luchini ne décolle toujours pas.
Il choisit alors une série de premiers films. Et il a du flair. En tournant avec Klapisch, Vincent ou Le Guay, il construit son image de romantique nouvel-âge, cynique (ou immonde, selon), et surtout très parisien. Le succès personnel qu'il enregistre avec La Discrète (et plus tard dans L'année Juliette) le propulse parmi les acteurs populaires. Il est la caricature du germanopratin. Il emballe les talk shows. Il devient une star inédite : pas beau, petit, un peu bedonnant, parleur, littéraire.
En 1990, il tourne aussi avec Berri, dans un classique, Uranus. Entouré d'une pléïade d'acteur, il met son talent au service du verbe. Il aura alors l'occasion de le renouveler en plus grande intimité dans le balzacien Chabert. Et de laisser déferler les mots de chaque scène dans Beaumarchais en 1996, en haut de l'affiche. Insolent? En tout cas il jubile à jouer les méchants dans un autre film en costume - cape et épées - Le Bossu. Tous ces films sont des succès. Luchini est une vedette incontournable pour un casting respectable.
Avec 3 angles de carrières (Classiques en costumes, réalisateurs fidèles, premiers films dans Paris), il se hisse au niveau le plus haut. Toujours volubile, un brin coquin, et un peu provocateur, Luchini existe dans le paysage cinématographique français.
Mais aussi au Théâtre. Où il joua le magnifique Voyage au bout de la nuit de Céline, unique! Il aime réciter. mais il aime aussi reprendre le costume de Jouvet (Docteur Knock). Combien de fois? On sent que la scène est sa vie, son seul plaisir.
Dès 1996, sa carrière filmique prend du plomb dans l'aile, par fidélite. Il retrouve Lelouch, Angelo avec beaucoup moins de succès. Il croise Jacquot et Bonitzer sans que la magie ne prenne. Tout cela est un peu chic, déjà entendu, vain et vaniteux.
Barnie et ses petites contrariétés symbolise l'homme compliqué qu'il est. Son public est fidèle mais pas plus.
En 2003, il revient dans un second rôle de radin libidineux et hygiénique, riche et amoureux d'une prostituée. Le coût de la vie lui permet de redevenir populaire au cinéma, 6 ans après Le Bossu. Grâce à Leconte et Bonnaire, il s'offre sa plus belle prestation en 10 ans. Solo et duo, vieux garçon et jeuen romantique, il excelle, a la pêche, nous communique sa joie de jouer. Il n'y a que cela qui compte pour lui. Le jeu. Le reste n'est que futilités...

vincy


 
 
haut