Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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LE PALAIS DE L'INSOLENT





Insolite et parleur. Plus séduit par les mots que séducteur, Fabrice Luchini horripile ou émeut, agace ou plaît, mais il ne laisse pas indifférent. Autant médiatique et palabreur-pour-ne-rien-dire (comme n'importe quel politicien), le comédien affiche ses masques pour mieux nous bluffer. Il sait danser (Confessions trop intimes) et même chanter (du Adamo sur un plateau de télé). Show-man, il est bon client pour tous les médias : un mix de BHL et Robin Williams.
Pourtant on oublie que durant 20 ans il n'a pas eu le statut d'aujourd'hui. S'il est actuellement parmi les 10 acteurs les plus populaires et les mieux payés du cinéma français, il le doit beaucoup à ses prises de risques.
Tout commence avec Rohmer lorsqu'il a 20 ans. Il aura tourné 5 films avec l'égérie du film parisien. Si les mémoires sont empreintes de son Perceval, la reconnaissance (nomination aux Césars pour le réalisateur) viendra avec Les Nuits de la pleine lune. Luchini d'ailleurs porte chance. De nombreuses premières oeuvres se sont retrouvées aux Césars: La discrète, Chabert... Lui-même en recevra un avec Tout ça Pour ça de Lelouch. L'un des derniers bons films du cinéaste.

En 84, donc, Luchini, après des comédies sans importances, s'apprêtent à tourner (de nouveau) avec Schulmann. Acteur fidèle à des réalisateurs souvent marginaux des circuits financiers habituels, il se retrouve ainsi face à Bruel dans P.R.O.F.S., leur premier grand succès populaire.
Il enchaînera ainsi avec divers réalisateurs de grande renommée: Costa-Gavras, Oshima... Plaisir de comédien? Les films cependant échouent tous au Box office, et Luchini ne décolle toujours pas.
Il choisit alors une série de premiers films. Et il a du flair. En tournant avec Klapisch, Vincent ou Le Guay, il construit son image de romantique nouvel-âge, cynique (ou immonde, selon), et surtout très parisien. Le succès personnel qu'il enregistre avec La Discrète (et plus tard dans L'année Juliette) le propulse parmi les acteurs populaires. Il est la caricature du germanopratin. Il emballe les talk shows. Il devient une star inédite : pas beau, petit, un peu bedonnant, parleur, littéraire.
En 1990, il tourne aussi avec Berri, dans un classique, Uranus. Entouré d'une pléïade d'acteur, il met son talent au service du verbe. Il aura alors l'occasion de le renouveler en plus grande intimité dans le balzacien Chabert. Et de laisser déferler les mots de chaque scène dans Beaumarchais en 1996, en haut de l'affiche. Insolent? En tout cas il jubile à jouer les méchants dans un autre film en costume - cape et épées - Le Bossu. Tous ces films sont des succès. Luchini est une vedette incontournable pour un casting respectable.
Avec 3 angles de carrières (Classiques en costumes, réalisateurs fidèles, premiers films dans Paris), il se hisse au niveau le plus haut. Toujours volubile, un brin coquin, et un peu provocateur, Luchini existe dans le paysage cinématographique français.
Mais aussi au Théâtre. Où il joua le magnifique Voyage au bout de la nuit de Céline, unique! Il aime réciter. mais il aime aussi reprendre le costume de Jouvet (Docteur Knock). Combien de fois? On sent que la scène est sa vie, son seul plaisir.
Dès 1996, sa carrière filmique prend du plomb dans l'aile, par fidélite. Il retrouve Lelouch, Angelo avec beaucoup moins de succès. Il croise Jacquot et Bonitzer sans que la magie ne prenne. Tout cela est un peu chic, déjà entendu, vain et vaniteux.
Barnie et ses petites contrariétés symbolise l'homme compliqué qu'il est. Son public est fidèle mais pas plus.
En 2003, il revient dans un second rôle de radin libidineux et hygiénique, riche et amoureux d'une prostituée. Le coût de la vie lui permet de redevenir populaire au cinéma, 6 ans après Le Bossu. Grâce à Leconte et Bonnaire, il s'offre sa plus belle prestation en 10 ans. Solo et duo, vieux garçon et jeuen romantique, il excelle, a la pêche, nous communique sa joie de jouer. Il n'y a que cela qui compte pour lui. Le jeu. Le reste n'est que futilités...

vincy


 
 
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