David Lynch, Lion d'or et Palme d'or, n'a pas tourné de long métrage depuis 2006. Une longue absence. Heureusement il nous a offert une suite à Twin peaks pour la télé. Et on peut voir ses photos fétéchistes dans l'exposition de Louboutin au Palais de la Porte dorée. Il vient aussi de terminer un court métrage. Et surtout, Blue Velvet est ressorti sur les écrans cette semaine.



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LE VIEUX FUSIL





   Il existe des hommes comme ça, immuables, comme de vieux rochers en granit, marqués par les années et pourtant toujours aussi durs, imposants. Gene Hackman fait partie de ces gens qu'on ne voit pas vraiment vieillir. Comme à jamais ancré dans cette histoire du cinéma qui traverse les décennies, il nous accompagne depuis notre enfance, comme un proche, quelqu'un de si familier qu'on en oublierait les rides qui lui traversent le front. Oui, Gene Hackman est une légende du cinéma , de cette race d'acteurs au caractère trempé qui a connu toutes les batailles, traversé les échecs la tête haute et vit aujourd'hui bien à l'écart du petit monde cloisonné d'Hollywood. Plus qu'une apparence ou un style, Hackman possède une véritable "classe", celle qu'on retrouve dans le regard d'acier de son ami Clint Eastwood, cette forme de dignité impassible qui impose le respect et force l'admiration.
À 70 ans et quelques, l'acteur laisse derrière lui une carrière prolifique de plus de 75 films, tournés sous la joute de réalisateurs prestigieux et aux côtés de partenaires des plus talentueux.
Né le 30 janvier 1930 dans une petite ville de Californie, le jeune Gene quitte le collège et le cocon familial à l'âge de 16 ans pour s'aventurer sur le chemin de la vie. Certaines ambitions patriotiques le poussent d'abord à entrer dans le corps des Marines au lendemain de la guerre, mais déjà affublé d'un caractère impétueux, il quitte rapidement ses fonctions pour échapper à l'autorité qu'il exècre. Avide de connaissances, il passe ensuite le plus clair de son temps à dévorer les grandes ìuvres de la littérature pour se forger une culture personnelle , partageant ses journées entre les récits d'Hemingway, Stevenson, Conrad et les petits boulots qui l'aident à subsister. Par désoeuvrement, il entre ensuite à l'Université de l'Illinois pour apprendre le métier de journaliste et de producteur à la télévision. Rapidement lassé, il sort néanmoins avec un diplôme qui lui permet d'intégrer l'école de radio de New York.

Puis, presque par hasard, Hackman s'essaie comme comédien dans l'école d'Art Dramatique de Pasadena pour contenter une soif d'apprendre qui semble devenue intarissable. Acteur sur le tard, Gene Hackman devient donc à 30 ans le plus vieil étudiant de l'école et s'avère plutôt doué. C'est la révélation. Sa première apparition sur les écrans lui est offerte par Robert Rossen en 1964 pour un petit rôle dans Lillith, qui lui vaut une place sur le tournage de Bonnie & Clyde trois ans plus tard aux côtés de Warren Beatty et Faye Dunaway. C'est la consécration pour Gene Hackman qui puise déjà avec délectation dans la gamme des personnages coriaces et un brin salopards.
Période fastueuse pour l'acteur, les années 70 disposeront à ses pieds les meilleures occasions de briller face à l'objectif. Ses choix aiguisés en matière de scénarios et surtout l'opportunité de travailler avec les meilleurs réalisateurs lui offrent une notoriété hors des frontières Américaines, notamment en France en interprétant Popeye Doyle dans le French Connection de William Friedkin en 1971. Durant cette période, Hackman collabore avec des metteurs en scène du nom de Frankenheimer, Sturges, Nyby ; et mieux encore, joue dans les deux films qui décrochent la Palme d'Or à Cannes en 1973 et 1974 : respectivement L'Epouvantail de Schatzberg (avec Al Pacino, alors débutant) et le magnifique Conversation secrète de Francis Ford Coppola. Avec ce film, il s'assure une rente : les rôles de fonctionnaires "undercover", ces personnages de responsables de la sécurité des gens, par n'importe quel moyen même les plus louches. La conspiration est le genre où ila été le plus employé.
Les tribulations de cet expert en écoute électronique qui surprend un complot gouvernemental censé organiser un meurtre inquiètent l'Amérique sur la confiance qu'elle peut accorder à ses institutions, et offrent à Gene Hackman une crédibilité indéniable que personne ne pourra remettre en question.
Quelques films de renom viendront s'ajouter à la liste de l'"âge d'or" de l'acteur, notamment la Fugue d'Arthur Penn, La théorie des dominos de Stanley Kramer ou le deuxième épisode de French Connection que réalisera cette fois John Frankenheimer. Malheureusement, les années 80 privilégient les comédies simplistes ou les films d'action explosifs qui répondent aux besoins d'un public en quête de spectaculaire. Or rien ne correspond moins aux acteurs comme Gene Hackman qui ne trouve plus de projets dignes de ses talents dramatiques. Bien sûr, il serait aisé de lui reprocher de s'être laissé compromettre en interprétant le rôle du méchant Lex Luthor dans les aventures kitch de Superman I, II et IV.
Hackman avoue aujourd'hui qu'il aurait bien volontiers vomi sur ce genre de projet mais certainement pas sur le cachet, période de vache maigre oblige. Pourtant cette décennie comporte quelques bonnes surprises comme Mississipi Burning d'Alan Parker où Gene Hackman se lance à la poursuite du Ku Klux Klan local, coupable de nombreuses pendaisons.

Les années 90 marquent le grand retour de l'acteur dans des rôles sur mesure. Il apparaît délicieusement cruel en shérif sadique dans Impitoyable d'Eastwood ou Mort ou Vif de Sam Raimi. Il tourne aussi sous la gouverne de Tony Scott pour des films plus légers, mais sortant toujours son épingle du jeu par un charisme impressionnant. Hackman s'accorde même quelques fantaisies en doublant la voie du méchant général Mandibule dans Fourmiz ou en interprétant le sénateur Kevin Keeley dans le remake Américain de la Cage aux Folles aux côtés de Robin Williams.

Le nouveau siècle débute bien pour le vigoureux septuagénaire, entre seconds rôles dans des films oublialbles et duel avec mégastars (notamment son copain Hoffman, enfin!). Mais c'est en Tenenbaum, royal, patriarche déjanté et misérable, qu'il trônera à jamais.
Ce monument du cinéma ne semble toujours pas décidé à prendre une retraite pourtant bien méritée, pour notre plus grand bonheur puisque, comme dit le proverbe : c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes.

romain, vincy


 
 
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