Avec La Belle époque, Daniel Auteuil retrouve non seulement un grand film populaire (hormis Le Brio, agréable surprise il y a deux ans) et des partenaires de choix, après une dizaine d'années sans étincelle au cinéma. Passé par les planches, la réalisation et des films déjà oubliés, l'acteur va s'aventurer maintenant dans la série, avec Le mensonge.



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UN HOMME HEUREUX





C'est à 18 ans que Jean-Pierre Marielle découvre le cinéma. Il fait alors la rencontre d'une bande de farceurs trépignant sur les planches: Jean-Paul Belmondo, Jean-Claude Brialy, Claude Rich, Jean Rochefort et Annie Girardot.
Avec un second prix de comédie obtenu au Conservatoire en 1954, il fait du cabaret avec Guy Bedos. Mais il préfère les bons artisans de la rive gauche et la Compagnie Grenier-Hussenot. Et en 1957, les caméras de cinéma le découvrent, après ceux de la télévision, grâce à Henri Decoin. Cela ne l'empêche pas de continuer à jouer au théâtre, car certains auteurs, alors marginaux en France tel que Pinter, ont besoin de lui.
A partir de 1960, il commence donc sa longue carrière au cinéma. La liste est impressionnante et on y trouve peu de rebuts. Il y interprète des personnage de hâbleurs et matamores. Tombeur un peu ridicule mais toujours sensible. Du coup, on le classe très vite dans la catégorie "dérision baroque" des rôles de compléments.
Heureusement, Philippe de Broca lui offre l'occasion de s'épanouir en 1964, avec Un monsieur de compagnie. Mieux encore avec Bertrand Tavernier dix ans plus tard dans Que la fête commence. Puis, avec Joël Séria et ses inoubliables Galettes de Pont-Aven, il montre l'étendue de son talent. Avec ce cinéaste, Marielle jouera plusieurs films, comme avec Tavernier, Berri, Molinaro, Boisrond, et Blier (un petit rôle dans Tenue de soirée. Entre les comédies et les drames sans trop de mélo, Marielle impose sa gueule, sa voix chaude, et se fiche un peu d'une carrière qu'il souhaite libre. Les années 80 seront cruelles, peuplées de ses plus mauvais films, hormis un Sautet. Du coup, en 1986, il fera un retour au théâtre dans Clérambard, de Marcel Aymé, en jouant là un autre personnage biscornu.

Dans sa longue carrière, on peut compter de nombreuses comédies, dont certaines ne sont pas des films de premier plan. Et Marielle de le revendiquer: "Ce sont des films de dernier plan". Il avoue également avoir joué sans lire le scénario. Comme si cela n'était aussi important. C'est aussi par hasard qu'on le retrouve dans des chefs-d'oeuvre. Car Marielle est un mercenaire. Bertrand Blier l'avait bien cerné quand il disait de lui: "c'est le Bob Denard du cinéma". Et comme tout mercenaire, il lui est donc arrivé de se retrouver dans de beaux combats. Marielle, c'est aussi une voix caverneuse, empreinte de vulgarité lorsqu'elle vire à la grande gueule. Du haut de son mètre 85, il est difficile de ne pas voir ce corps immense déambulant avec des lenteurs d'anthropoïde paresseux. Et son immense moustache.
Le cap de la cinquantaine représente pour lui comme une fêlure douloureuse. Pourtant, il continue d'être sollicité au cinéma, au théâtre, et à la télévision, car chacun sait qu'il est capable de transcender le cabotinage en libérant un anarchisme revigorant. Il ne rêve que de devenir un "homme liquide"!
Les années 90 seront celles de sa rédemption, de sa renaissance, de sa consécration. Le public lui voue un culte réel, ancienneté oblige. Cet aspect affectif qui rend le personnage familier, au sens premier, "comme de la famille". A la manière des Rochefort et Galabru. Jamais star. Toujours grandiose. Il enchaîne deux très bons films : Uranus, Tous les matins du monde. Poète et musicien. Rêveur... De fidèles (Blier, Berri) en nouvelles têtes (Leconte, Miller, dans leurs films les plus personnels, les moins populaires), il traverse la décennie sans dommages.
Aujourd'hui il peut se permettre de vieillir et de conclure un film de Claude Miller (La Petite Lili où il est incarné par Michel Piccoli), faire un détour chez une comédie bizarre de Chantal Ackerman, et donner la réplique à Paradis et Poelvoorde dans le très décalé Atomik Circus. Chez lui, il n'y a pas de générations, de frontières, de genres. C'est ce qui a construit sa stature. Son culte.

Marielle, fait partie de cette catégorie de comédiens qui sont un peu les héritiers de la l'idée que se faisait Jouvet du cinéma en le considérant comme du "gagne-théâtre"...

chris, vincy


 
 
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