Avec La Belle époque, Daniel Auteuil retrouve non seulement un grand film populaire (hormis Le Brio, agréable surprise il y a deux ans) et des partenaires de choix, après une dizaine d'années sans étincelle au cinéma. Passé par les planches, la réalisation et des films déjà oubliés, l'acteur va s'aventurer maintenant dans la série, avec Le mensonge.



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TALENT DANGEREUX





Déjà commençons par une vérité qui fait mal : John Malko est américain, pas anglo.
Le jeune John Malkovich traite sa maîtresse d'école de "mother fucker" ce qui lui vaut un renvoi et une bonne correction de la part de son père... Un épisode parmi d'autres qui permet de définir en quelques mots combien Malkovich possède un caractère fort et prononcé!
Il s'investit dans le théâtre par amour, pas celui des mots, mais d'une femme (séducteur...). C'est en suivant une de ses dulcinées à une audition qu'il obtient son premier rôle. Il rejoint la troupe Steppenwolf composée de Terry Kinney, Jeff Perry et Gary Sinise (qu'il retrouvera dans Of Mice and men). Avec eux, il monte The Zoo story et The Man who came dinner; il dirige pour la première fois en 1981 une pièce, The Rear column. Une passion des planches qui ne le quitte jamais et il continue à affirmer qu'il les préfére au cinéma (sauf que ça paye moins bien...).
En 84, il s'installe à New York et joue aux côtés de Dustin Hoffman on-Broadway Death of the Salesman.Un hit...
De ses débuts au cinéma on retient son rôe d'aveugle, celui de photo-reporter (La déchirure) ou encore de mentor auprès de Christian Bale (Empire of the Sun). L'Asie a tellement d'importance qu'il épouse une spécialiste en culture orientale. Mais l'expérience cinématographique qui le fera découvrir du grand public, il l'obtient en 1988 grâce à Stephen Frears. Certains acteurs se contentent de "jouer", John Malkovich "investit" ses personnages, il EST Valmont dans Les Liaisons dangereuses; tout en finesse, il impose sa silhouette svelte, son côté dandy, une ambiguité mi-mâle, mi-féminine.
Une grâce qu'il réutilise dans le film de Bertolucci, The Sheltering sky. Malkovich c'est l'équilibre parfait de films d'art et d'essai avec de prestigieux cinéastes et de grosses productions hollywoodiennes à succès. La crédibilité et la popularité.
C'est métamorphosé qu'il incarne Lennie Small, une homme ironiquement imposant avec une légère déficience intellectuelle qui ne lui permet de contrôler sa force. Of mice and men suit presque à la lettre le roman de Steinbeck et lui offre les plus belles louanges de la part des critiques. Etrangement, les Oscars et autres trophées le mentionneront pour un film d'action, où son air inquiétant semble séduire ses pairs : des films comme In the line of fire le catégorise, trop rapidement, dans les rôles de méchants rusés. Même si il avoue aimer ce type de personnage, John Malkovich ne manque de diversifier son jeu, comme par exemple en 95, où il donne la réplique à deux actrices françaises, Catherine Deneuve et Sophie Marceau, grâce à Oliveira et Antonioni. Il retrouvera la première sur un bateau chez Oliveira, quelques années plus tard. Sans doute l'acteur Américain le plus europhile...
Un an plus tard, Volker Schlöndorff (déjà croisé sur les plateaux TV), lui offre un rôle à la mesure de ses talents avec Le roi des aulnes. Pas le moins du monde attaché aux réalisateurs US, John Malkovich se joint à Nicole Kidman et Christian Bale afin d'être dirigé par l'australe Jane Campion. Pas étonnant que son succès le plus emblématique soit L'empire du Soleil, film david leanien, réalisé par Spielberg, en méchant généreux.
Retour au bercail US avec Con Air et le pathétique Rounders (en russe amateur de cookies). Caricatural. Il s'amuse dans le médiocre The Man in the Iron Mask, un passage éclair mais remarqué dans Le Temps retrouvé (en français dans le texte), chez le chilien Ruiz, autre exilé. Il finit par céder à la tentation de la réalisation avec le très européen Dancing Upstairs.
Malkovich joue de plus en plus avec sa personnalité : dans l'acclamé Being John Malkovich, il joue son propre-rôle et son propre mythe. Schyzophrénie naturelle. Il incarne une figure pop et un comédien d'un autre temps. En attendant il rejoue un français avec le Dauphin au trône de France dans Jeanne d'Arc de Besson. Et contrairement à ce qu'il pense, il y a des gens qui vont effectivement voir des films parce qu'il joue dedans...
Mais il semblerait qu'il veuille de plus en plus donner un sens à son art : il met en scène des français dans une pièce britannique à Paris, avant de faire tourner un espagnol et une italienne dans son premier long métrage. Il tourne avec un chilien ou un portugais. Son destin semble de plus en plus européen... Il ne cherche plus à se compromettre dans des films qui nuisent à son intégrité artistique. C'est en cela où, agaçant ou attachant, nous continuons à suivre, passionément son parcours, étrange. A son image.

vincy


 
 
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