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 (c) Ecran Noir 96 - 17



© Jean-Luc Benazet   







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ADN DU CINEMA





Actuellement, David Cronenberg est le réalisateur canadien le plus populaire sur les écrans internationaux. Pourtant chacun de ses films défrayent la critique et nombreux sont les journalistes qui n'hésitent pas de le classer parmi les "fous" ou "les pervers".
Un cinéma plutôt américanisé dans le visuel, mais totalement indépendant, marginal, singulier dans le message.
Il faut tout de même admettre que ses premières armes à l'Université laissaient paraître un penchant pour l'expérimental et les désirs enfouis. Ces fameux désirs, notamment sexuels, il les met en scène dès son premier film, en 1975. Il ira jusqu'à engager une professionnelle du X, Marilyn Chamber, pour Rabid.
Tandis que les Freddy et autres monstres envahissent les écrans Cronenberg les éclabousse de sang. The brood, tout comme The Fly, démontrera les conséquences des manipulations biologiques. La mutation est son obsession, façon manga-méca (Crash) ou organico-sodomite (eXistenZ). C'est un médecin. Un fan d'insectes aussi. Tout le monde ne peut pas défier les lois naturelles, n'est-ce-pas?
Poussant l'analogie plus loin, certains verront une comparaison entre le SIDA et la transformation de Jeff Goldblum dans The fly. Avec Dead Zone, il atteint le paroxysme dans l'horreur. Adapté d'une nouvelle de Stephen King, Christopher Walken prédit l'avenir des personnes simplement en les touchant. Son premier véritable succès, il le doit à Videodrome. Mettant en vedette un producteur de télé avide d'un programme sado-masochiste érotique et dont l'emprise ira croissante. Il dépasse les bornes, même le Parlement canadien admettra que son oeuvre est "dégoutante". Déroutante aurait été plus juste. Et pas si éloignée des reality shows du début du XXIème siècle.
Certains diront qu'il n'y a pas que le sexe dans ses films. Certainement, il y a le suicide aussi... "L'unique manière de donner un sens à sa vie, parce qu'autrement c'est complètement arbitraire", dixit Cronenberg. Un thème développé dans l'excellent Dead Ringers. Une véritable descente aux horreurs pour Jeremy Irons. Non content de nous bercer dans une atmosphère d'horreur biologique, le réalisateur explore les travers psychologiques de ces personnages.
On a cru que ses esprits s'étaient calmés avec M. Butterfly, mais il a suffit de peu pour que toute la planète se retourne contre lui à Cannes en 96 lorsqu'il y présenta Crash, parfaite harmonie entre l'Homme de chair et la Technologie fascinante. Tout comme dans Videodrome, le réalisateur prend à partie le public, il le propulse dans le film et tente de contrôler ses émotions les plus répulsives. Il s'agit presque de la manipulation de spectateurs comme le faisait Hitchcock, mais dans un tout autre style. Cronenberg dérange parce qu'il touche les cordes sensibles du public, réveillant ainsi le vice du "voyeurisme" cher au cinéma. Mais on n'observe pas les autres impunément, il y a un risque, un prix à payer... Perturbé, dérangé, le spectateur à beau se tordre dans son fauteuil, il n'y échappera pas, et y prendra du plaisir. Abordant le sexe crûment, comme dans la plupart de ses films, il compare volontiers les corps nus à des voitures qui s'entrechoqueraient... Ils s'emboîtent mécaniquement!
L'intention première n'est pas de choquer, on l'aura compris, puis qu'il se décrit lui-même comme "timide et inoffensif". Mais il ajoute : "je n'ai pas de morale, je suis Canadien". Travaillant les images comme peu, il déstabilise en nous mettant face à nos plus vils instincts et détecte nos pires travers.
eXistenZ, extravaganza où les jeux vidéos sont dans la peau d'une génération lobotomisée, nous plonge dans l'univers des jeux de rôles qui empiètent sur les réalités des deux protagonistes.
En 99, le Festival de Cannes lui fera confiance en lui octroyant la Présidence du Jury. Un vent d'originalité, froide, a soufflé sur la Croisette, en primant les frères Dardenne, Dumont et Almodovar. Un palmarès évidemment controversé.
Après de nombreux projets avortés (parmi lesquels la suite de Basic Instinct) , il revient avec Spider, son film "anglais", où il observe de manière malsaine la schizophrénie de son héros.
Comme si l'homme était perpétuellement malade...

vincy


 
 
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