Malgré pas mal de déceptions au box office depuis 8 ans, Will Smith continue de conforter son statut de mega-star avec le carton de Bad Boys for Life, après celui d'Aladdin l'an dernier. En attendant un éventuel Bad Boys 4, l'acteur prépare King Richard, sur le père des soeurs Williams, et The Council, autre histoire vraie sur une mafia afro-américaine de Harlem dans les années 1970.



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REESE TOURNE





Etre blonde ne semble pas un atout de nos jours, en tout cas le terme ne serait pas synonyme d'intelligence si l'on en croit le nombre de blagues autour. Witherspoon avait donc toutes les qualités pour devenir une énième bimbo du cinéma pour ado. Pourtant, elle a refusé tous les films orientés teenagers du type Souviens toi l'été dernier, Scream ou Urban Legend. Pas de doute sur cette actrice, elle sait ce qu1elle veut. Malgré son nom imprononçable, son menton en galoche, ses rondeurs mal placées, elle parviendra en 10 ans au sommet de la hiérarchie hollywoodienne. Aujourd'hui la miss gagne 10 millions de $ (soit l'une des 5 actrices les mieux payées du début des années 2000) et aligne les hits dans la catégorie comédie romantique tant convoitée par les comédiennes américaines depuis 70 ans. C'ets pourtant avec un drame, dans un rôle sensible et touchant, en brune (!), et en chanteuse qu'elle recevra sa nomination "convoitée à l'Oscar. Walk the Line pourrait être un tournant dans sa carrière, loin de ses rôles de greluches ou de tire-larmes, calqués sur tant d'autres personnages qu'à la fin elle en est transparente. En June Carter, infirmière, apouse et alter-égo féminine de Johnny Cash, elle change de registre...
Car Reese, née au pays de la country (Nashville, Cashland), parfaite américaine profonde, physiquement proche de la majorité bien pensante, mariée à l'un des jeunes acteurs les plus séduisants du 7ème art US, a su choisir ses scripts pour imposer une certaine forme de respect. Non seulement elle a une bonne perception des projets qu'on lui propose mais en plus elle incarne très bien les personnages qu'elle adopte.
Passant de " Friends " à la TV à un thriller comme Freeway (où elle a reçu les prix aux prestigieux festivals de Sitges et Cognac), elle a à peine 20 ans quand elle se fait déjà remarquer. Lycéenne jalouse dans le sous estimé Pleasantville, oie blanche dans le hit Sexe Intentions, arriviste élève dans le méconnu mais très bon Election, elle s'accroche à des rôles de peste ou de chieuse. A contre courant de l'héroïne sexy et sympathique. Mais c1est aussi avec ce genre de films qu'elle marque des points puisque la critique en fait l'éloge. Dans un monde aseptysé, une fille a priori banale et même lisse, vitrine parfaite pour cet occident matérialiste, montre qu'il ne faut pas se fier aux apparences, et joue les rebelles (en mode mineur et consensuel).
Cependant, on ne peut pas douter de son itinéraire : elle ira jusqu'à épouser la femme d'un serial killer, aveugle devant les crimes et obsédée par les signes extérieurs de richesse (American Psycho) . Elle aime être haïe. Et surtout elle ne laisse aucune place pour la cataloguée dans un stéréotype.

Son talent s'est avant tout illustré avec La Revanche d'une blonde. Sa revanche à elle. Elle assumait totalement la bêtise du personnage, sa superficialité, et l'amenait vers une humanité, une forme d'extase au pays rose bonbon, qui trouvait son apogée dans une scène de comédie musicale brillante. En clair, Reese et Elle (le nom de cette blonde qu'elle incarnait) n'ont fait qu'une. Critique comme public ont applaudit. "Depuis, on estime que je vaux l'investissement". Il n'y avait qu'elle pour ne pas faire de son personnage le cliché de la blonde idiote. Le one-woman show qu1elle offrait lui permit d'étaler son charisme sur grand écran et de porter un film populaire sur ses jeunes épaules. Elle poursuivra dans ce registre avec le médiocre Fashion Victime, qui attire un public américain désormais fan. Car ne nous méprenons pas, elle a certes plus de talent que la plupart, mais elle est surtout le symbole d'une Amérique blanche et chrétienne dans des comédies moralement correctes, quand Julia Roberts aspire de plus en plus à jouer des femmes fatales ou des cas socialement impliqués. Fashion victime en est l'illustration la plus détestable : une comédie conservatrice, moralisatrice et un brin raciste. Mais tous ces rôles lui correspondent-ils vraiment?
Madame Ryan Philippe (la garce!), dans la lignée des Jean Arthur, pourrait être la parfaite combinaison entre la frivolité et le tempérament, la blonde malicieuse et ambitieuse dans des scénarii taillés sur mesure. Jusqu'à peut être corseter son avenir dans une aire où le risque n'existe plus, où l'audace ne la tente plus. Une belle robe avec un prix exhorbitant dont on renouvellerait juste la couleur année après année au lieu de changer de modèle.
Après un creux de vague, comprenant un film raté de Mira Nair et une suite en trop de son hit blondissime, Reese Witherspoon cherche une nouvelle voie, entre drame, action et comédie. La concurrence étant rude, elle a peu de marge... D'autant que la pression est énorme : les studios la paient 15 millions de dollars, autant que Nicole Kidman, par prestation; mais contrairement à ses consoeurs, son aura ne dépasse pas les frontières américaines...
Après l'incursion chez James Mangold (un drame, un grand rôle, un vrai cinéaste : une exception presque dans sa filmographie, hormis Election), elle retourne à son genre de prédilection : la comédie. "Parce qu'il n'y a rien de plus dur que de faire rire", répond l'intéressée. "Mais aussi parce qu'il n'y a que très peu de rôles comiques écrits pour les femmes. Ceux qui pensent qu'il n'y a pas de discrimination envers les filles drôles se trompent. J'ai très souvent entendu des hommes dire qu'il ne fallait pas que telle actrice joue de manière comique, parce que les filles ne sont pas drôles." Profondément féministe, bien plus puissante que son mari, Reese n'a rien de cynique ou de m"achant. Mais le sucre est acidulé, plus démocrate que républicain, plus proche de l'autre sudiste, Julia Roberts que d'une vedette éphémère... Elle étale, lentement mais sûrement, toute sa palette, du burlesque au tragique. Il lui manque, peut-être, la rencontre avec quelques grands auteurs pour la transfigurer...

vincy


 
 
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