Avec La Belle époque, Daniel Auteuil retrouve non seulement un grand film populaire (hormis Le Brio, agréable surprise il y a deux ans) et des partenaires de choix, après une dizaine d'années sans étincelle au cinéma. Passé par les planches, la réalisation et des films déjà oubliés, l'acteur va s'aventurer maintenant dans la série, avec Le mensonge.



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Bobby Milk, ce surnom ne vous dit peut-être rien. De Niro est pourtant l'un des plus grands acteurs américains de la période post-seventies. Tout le monde s'accorde pour le dire - et l'écrire.
Sa carrière a aujourd'hui 30 ans, et malgré son immense talent, et une reconnaissance plus cinéphilique que hollywoodienne, Bob De Niro n'a jamais réussi à être la méga-star qu'il aurait du être.
Son exigence artistique, ses ambitions l'ont conduit vers une sorte de statut culte plutôt que celui d'une superstar.
En 12 ans, De Niro s'établira comme l'un des plus grands acteurs de sa génération, aux côtés de Hoffman, Pacino, Nicholson...Il sera surtout aidé par ses choix en tournant avec quelques un des plus grands noms du cinéma.
Révélé par le producteur Roger Corman, il tournera avec la "nouvelle vague US": De Palma, Coppola, Cimino et surtout Scorsese.
Il en sera la muse, le double, le reflet à l'écran, de Mean Streets à Casino, en passant par les 3 musts du maître: Taxi Driver, Raging Bull, Goodfellas. Maffieux et romantique, violent et généreux, De Niro incarne un personnage dont beaucoup se sont amusés à parodier, ou à imiter à travers des séries, des sitcoms, des polars...
De Niro sera aussi dans les films de Kazan, Bertolucci, Grosbard, Leone, Jordan, Parker, Joffé, Frankenheimer... Un seul acteur contemporain a cumulé autant de genres (action, comédie, chef d'oeuvres...), de personnages, de cinéastes renommés: Depardieu (avec qui il ajoué dans 1900). Comme lui, il sera corrompu par le système. Passant de rôles saisissants à des films médiocres, de la qualité à la quantité, des récompenses aux dollars.
Cette aura ne se résume pas à sa découverte (73: Mean Streets), son explosion (76: Taxi Driver), son apogée (80: Raging Bull) et sa flamboyance (le noir Goodfellas et le début de sa décadence (le mauresque Casino). De Niro est avant tout un créateur.
Un acteur brillant et génial qui a su créer des personnages, et pas seulement chez Scorsese. De Niro a ainsi été romantique (avec Streep, Deneuve), introverti (avec Williams, Fonda), ou encore tout en excès (Angel Heart, Cape Fear). Baroque.
Sa gueule dans Jackie Brown ou son corps dans The Untouchables; en prêtre qui habite de son seul regard une scène fixe ou en flic de divertissement; dans des grands films ou dans des petites productions, De Niro est toujours bon. Jamais caricatural. Enfin presque...
Pour survivre artistiquement, il a du accepter des films commerciaux, quelques seconds-rôles sans importance. Avec le temps, il a changé sa façon de jouer, ne s'implique plus autant dans ses rôles. Il prend certainement plus de plaisir. On le voit se moquer de lui même dans le drôle Mafia Blues. Il fait rire les autres. Jusqu'à décevoir ses fans de la première heure. Scorsese le laissant orphelin, il s'égare dans des productions sans intérêts, des séries B ou des comédies grand public pour WASPs, et récolte les dollars. Il n'en a jamais gagné autant. Il devient ce que Gabin est devenu avec le temps... Un acteur se photocopiant dans des films indignes de son talent. Du coup, c'est dans les duos les plus chauds du moment qu'on l'attend : face à Pacino le temps de deux scènes cultes dans Heat, ou avec Brando dans The Score... Ou encore Hoffman dans l'excellent Wag the Dog et le grotesque Meet the Fockers, sa franchise comique pour régner sur le Box Office.
Pendant ce temps ses films plus personnels - réalisation, productions - échouent. Mais, encore une fois, De Niro a-t'il sa place dans le système actuel? Ces concessions ne sont-elles pas un mal pour un bien : le voir sur les écrans, en attendant de temps en temps, de revoir sa fulgurence?

vincy


 
 
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