Emma Watson n'est plus Hermione. Elle n'est pas encore Belle face à la Bête. Mais elle est du trio d'Harry Potter celle qui mène le mieux sa barque, entre positions engagées, presse glamour, rôles à fort caractère et grosses productions. A 26 ans, elle a l'avenir devant elle mais sait capitaliser sur sa notoriété précoce.



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AU COEUR DES MENSONGES





Septième d'une famille de 10 enfants, elle habite en banlieue parisienne. Bien qu'elle aime l'école, elle rencontre des difficultés pour effectuer une scolarité classique.
Le hasard veut qu'elle entre dans le monde du cinéma comme figurante dans La Boum, de Claude Pinoteau, puis dans Les sous-doués en vacances, de Claude Zidi. Puis, c'est la rencontre avec Pialat, un peu grâce à sa soeur Lydie.
Sandrine a quinze ans lorsque commence le tournage d'A nos amours : une aventure qui durera plus d'une année et connaîtra plusieurs interruptions. Après des films comme Passe ton bac d'abord, en 1978, et Loulou, en 1980, Maurice Pialat a acquis une belle cote d'amour auprès des cinéphiles, mais il attend encore son grand succès public.
Lorsqu'il engage Sandrine Bonnaire, le cinéaste ne se doute pas encore de toute la gloire que lui vaudra A nos amours. "Je ne savais pas ce qu'étaient les César. Pialat m'en a expliqué l'importance quand on a été nominés. Tout le monde me disait que j'allais avoir le César du meilleur jeune espoir et ça m'impressionnait...", explique-t-elle.
Après la gloire des César, Sandrine doit choisir... Les propositions de rôles commencent à venir. Les films s'enchaînent....
Pour son sixième long métrage, le dernier avant qu'elle ne soit majeure, Sandrine part sur les routes, dans le froid, traînant des bottes éculées et un sac à dos très lourd à porter. Sous la direction d'Agnès Varda, dans Sans toit ni loi, elle est Mona. Mona s'appelle, dans la vie, Settina. Car Sans toit ni loi est inspiré d'une aventure réelle. Varda aime mélanger le réel et le fictionnel. Mais Sandrine ne se lave pas les cheveux, devient Settina, se durcit. Dans ce film, Sandrine a quelques scènes particulièrement dramatiques qui lui permettent de montrer la diversité de son jeu. Elle dira à propos de ce film : "Les deux scènes de Sans toit ni loi que je préfère sont celles de la mort et... celle des Paillasses : une fête qui se déroule à côté de Montpellier, tous les ans." Grâce à ce film, elle est nommée aux César pour la Meilleure actrice. Et pour la deuxième fois, elle obtient ce beau trophée. En montant sur scène, Sandrine a révélé un "scandale"... les César rouillent ! Mais elle a aussi exprimé sa joie et son sentiment d'avoir progressé entre le César du meilleur jeune espoir féminin qu'elle reçut en 1984 et cette encore plus glorieuse récompense qui lui est remise en 1986. Gloire précoce. Avec des personnages peu empathiques. Une forme de reconnaissance avant tout professionnelle.
Peu de comédiennes peuvent s'enorgueillir d'avoir été, en trois ans de carrière, la vedette de deux films qui ont marqué le cinéma français de leur époque. En quelques rôles très différents, Sandrine Bonnaire a prouvé qu'elle était bien autre chose qu'une personnalité exploitée sur un écran... Une authentique comédienne est née et s'est imposée. En trois ans, elle a découvert et appris à aimer un métier qui est devenu pour elle une raison de vivre et un moyen de communiquer avec les autres.
Avec le temps, Sandrine est devenue "star" de cinéma et "must" de média (on ne compte plus ses couvertures de magazines). Sa grande victoire est d'avoir suscité l'intérêt et la passion des gens du cinéma puis enfin du public grâce à des choix plus généreux, une maturité évidente : que ce soit chez Wargnier, Leconte, Lioret. Et surtout Chabrol qui lui offre son personnage le plus passionnant dans La Cérémonie en duo avec Huppert, succès public et hit critique.
Sur son bureau, les scénarios de jeunes réalisateurs et de metteurs en scène chevronnés s'accumulent. Aujourd'hui, elle peut choisir. Tout en gardant la simplicité et l'enthousiasme de la "gamine" de quinze ans qui rencontrait pour la première fois une caméra.
Alors que rien ne lui facilitait le chemin vers le cinéma, sans prendre de cours d'art dramatique mais en apprenant son métier au fil des tournages et en enrichissant son jeu, Sandrine a su se rendre indispensable. Derrière la bouille angélique et malicieuse de l'adolescente (qu'elle fut) se cache la femme de tête (qu'elle est aujourd'hui).

En jouant dans Est-Ouest, Régis Wargnier, qui a tourné avec tout son coeur, a su sublimer Sandrine Bonnaire... pour notre plus grand plaisir. Depuis, Mademoiselle a su se mettre en haut de l'affiche de films à budgets moyens, aux sujets attachants, et séduisant le public. En nous offrant son sourire et en dévoilant plus de tendresse, Bonnaire a su mettre plus de chaleur dans son rapport avec les spectateurs. Désormais, sur les affiches, elle sourit, représentant la Française mélancolique mais heureuse, entre don de soi et amour des autres. Elle est un atout coeur au milieu de ce monde de mensonges, avec des films qui séduisent contre toute attente un demi million de spectateurs dans le pays. Au minimum.

chris, vincy


 
 
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