Avec La Belle époque, Daniel Auteuil retrouve non seulement un grand film populaire (hormis Le Brio, agréable surprise il y a deux ans) et des partenaires de choix, après une dizaine d'années sans étincelle au cinéma. Passé par les planches, la réalisation et des films déjà oubliés, l'acteur va s'aventurer maintenant dans la série, avec Le mensonge.



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SIGOURNEY LA MAGNIFIQUE





De son vrai prénom Susan, elle se pseudonyme après avoir lu Gatsby the great. Sigourney Weaver est une star. Aucun doute à son palmarès: films cultes, nominations aux Oscars, blockbusters... D'Alien qui en fait la seule alter ego féminine aux franchises à testostérone à son second rôle dans Working Girl, en patronne vacharde, Weaver, avec sa silhouette longiline et une beauté charismatique, a su vamper le cinéma américain mais aussi européen. En cela elle se distingue de ses consoeurs : elle tourne pour Polanski, avec Depardieu, en Reine d'Espagne.
Ce qui la différencie, c'est sa faculté à passer d'un petit film indépendant à une grosse machine hollywoodienne à une pièce de Shakespeare. Sa filmo est peu remplie et pourtant elle n'a jamais eu de break. Encore maintenant elle alterne les projets de studios (qui se raréfient tant elle est exigeante sur le scénario, le ton décalé qu'elle affectionne) et les films tournés pour des budgets modiques (Tadpole). A chaque fois, elle explore une partie de sa personnalité, de son jeu. Ces dernières années, elle cherchait à comprendre les modes de séductions.

Seule survivante de l'odyssée alienienne, opus premier, elle traverse les époques, grâce à des films aussi variés que L'Année de tous les dangers, Ghostbusters (son plus gros hit), ou Gorilles dans la Brume. Mais ces hits sont de plus en plus loins. Et Weaver, hormis la saga Alien dont elle est un peu la prisonnière, n'a plus la même cote que dans les années 80. Telle Ripley et ses aliens, elle parvient malgré tout à résister aux jeunes stars, tout en avançant. Désormais indissociable de ce monstre, la frêle, mais grande, Sigourney, discrète et timide, continue de montrer ses multiples facettes. Car il y a un grand écart entre s'enrager contre une sale bestiole génétiquement liée, au fin fond de l'espace, et se faire embrasser par un jeune garçon de 15 ans dans un appart new yorkais. The Ice Storm, d'Ang Lee, a été l'occasion pour Sigourney d'allier une dernière fois un film séduisant et un personnage singulier. Elle est comme cette femme des années 70 : dure et dominante en apparence, elle a toujours eu des personnages qui cachaient des fêlures, des fragilités. Des rôles de femmes fortes, mais seules. Une étoile à part.

Après une période de drames, dont les remarqués La jeune fille et la mort chez Polanski (1994), et Une carte du monde (1999), Sigourney change de registre et prouve son éclectisme en enchaînant les comédies. Parmi elles : La morsure du lézard (2003), Beautés empoisonnées (2001), ou encore Séduction en mode mineur (2002). Mais c’est surtout avec Galaxy Quest (1999) que l’actrice parvient à démontrer son sens de l’autodérision et de l’autocritique.Le film est un pastiche de science fiction qui met en scènes diverses personnalités has been d’une série à la Star Trek. Sigourney y joue le rôle d’une potiche blonde, tout le contraire de son personnage d’Ellen Ripley, et s’amuse de son actuel statut de star à la dérive, tout en n’oubliant pas sa ration quotidienne d’extra-terrestres à supprimer. En 2004 elle rejoint le fantastique avec Le Village et témoigne à nouveau de l’exigence de ses choix en décidant de tourner avec un réalisateur prestigieux comme Shyamalan. On la retrouvera en fin d’année pour un retour aux drames, avec le film de Marc Foster, Snow Cake. Dans un futur proche, il faudra aussi compter sur Imaginary Heroes de Dan Harris, Infamous (une revisite de l’univers de Truman Capote), Vantage Point, mais aussi deux comédies : The TV Set d’un côté, et Happily N'Ever After (un film d’animation) de l’autre.

Sigourney n’est plus la star qu’elle était mais elle demeure toujours cette personnalité forte et suffisamment influente au sein de ce vaste espace hollywoodien, dense en célébrités, et où l’on ne s’entend même plus crier (grâce à elle naît le projet The Guys, adapté d’une pièce de théâtre). Dans son vaisseau en solitaire, elle navigue à l’aise du cinéma au théâtre (The Guys, avec Bill Murray, The Mercy Seat), en passant par la télévision (Blanche-Neige : Le plus horrible des contes, la série « Futurama »), comme une étoile filante.

Vincy, ninteen


 
 
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