Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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Je vous salue Susan, pleine de grâce (comme dans la chanson de Sarah McLachlan), illuminée.
Sarandon est sans aucun doute l'une des meilleures actrices américaines de ces 20 dernières années. Avec l'un des itinéraires les plus singuliers d'Hollywood. Révélée dans les seventies, au top dans les années 90. Plus rare, son statut de star a démarré au début de sa quarantaine, âge plutôt réputé fatale pour les actrices qui se transforment alors en femmes téfal.
Sarandon passe aux USA pour une progressiste, une libérale, une femme qui lutte contre la Peine de mort, contre les injustices, pour une sexualité affirmée. Bref une activiste qui nous la rend intelligente, gauchiste, européenne, et qui parfois nous fait occulter quelques choix de films hasardeux pour ne pas dire médiocres. Dans les années 70, elle navigue de films en films, oubliables pour la plupart. Quelques exceptions en font une actrice tendance. Elle joue avec les plus grands, et surtout elle est presque toujours en premier rôle. C'est la première caractéristique de sa carrière. Elle a rarement joué les rôles de soutien, tout en maintenant une constance dans son travail. Quand le cinéma ne s'intéresse pas à elle, elle joue pour la télé ou sur les planches.
En fait 4 films établiront sa réputation et son image d'actrice audacieuse. deux films de Louis Malle (avec qui elle partagea sa vie), dont Atlantic City qui lui vaudra une nomination à l'Oscar inattendue, et deux films cultes kitsch: The Rocky Horror Picture Show et Les Prédateurs, légendraire pour sa scène lesbienne (mais doublée) avec Deneuve. Sarandon est une des rares actrices américaines de sa génération à avoir fréquenté d'aussi près le cinéma européen . Sa vie étant moins importante que sa carrière, ne jouant pas sur le registre glamour, elle est souvent ignorée des studios dans la première partie des années 80.
En 86, elle est élue pour incarner une des 3 sorcières d'Eastwick. La rousse, moins chère que Cher à l'époque.
Abracadabra, ce sera l'un de ses 4 plus gros hits (avec Thelma, The Client et Stepmom). Elle partage toujours le succès avec une autre star. Mais s'octroie, à chaque fois, le meilleur rôle, la femme forte, fébrile, digne, dure, émancipée. L'année suivante elle décroche le rôle principal féminin de Bull Durham, hit surprise, avec Costner et Robbins. Elle a 40 ans, 12 de plus que Tim Robbins.
Alternant les rôles dans d'importantes productions et des films indépendants de sa famille cinéma (Turturro, Penn, ...), La Sarandon devient alors une actrice très côtée. Dès le succès de Thelma et Louise, son salaire explose, et quasiment chaque année, elle sera nominée aux Oscars ou aux Golden Globes.
Ses rôles sont ceux de femmes ayant des convictions, un engagement, cherchant à établir une justice humaine. Elle impose une sorte de respect tout en devenant de plus en plus populaire. Une décennie royale s'est ouverte à elle, où mieux que personne elle illustre ces femmes dignes en vieillissant, assumées et amoureuses, libres et compatissantes, intello et simple. Elle excelle en "mère courage incarnée". Même quand elle est indigne, incitant ses fils à la tuer (Igby).
En 96, elle obtient son Oscar tant mérité, grâce à un film sombre et difficile, grâce au regard de Tim Robbins, son concubin, grâce au duo avec Penn, son ex. Elle a 50 ans.
En 98, elle devient productrice avec son amie Julia Roberts pour monter ce qui va devenir son plus gros hit, Stepmom. Larmes assurées. Mais déjà sarandon nous séduit moins. Elle préfère tourner qu'être oubliée, n'importe quoi au besoin (Alfie, Shall we dance?, Anywhere but here, The Banger Sisters). Aussi à l'aise dans les scènes comiques que dramatiques, Sarandon aura aussi joué les femmes glamour face à deux dinosaures (Newman, Hackman) et la diva insupportable d'Illuminata. De seconds rôles en rôles actifs, des grands écrans dans des films attachants aux petits écrans dans des discours pacificistes, Susan a trouvé sa place dans la Mecque du Cinéma. Difficilement, elle essaie de la maintenir. Alors elle est fidèle (Turturro), curieuse (Cameron Crowe), ou s'amuse dans une comédie. Avec un charme toujours irrésistible.

alix, vincy


 
 
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