Gaspard Ulliel, on l'a quitté en révolutionnaire dans un peuple et son roi. Après l'avoir vu dans 9 doigts et Eva cette année, le voici dans un 4e film, Les confins du monde. Son César en 2017 l'a conduit à être très sollicité. Si il ajoute Jacquot, Schoeller et Nicloux à son tableau de chasse, il continue surtout à choisir des projets exigeants. Il sera à l'affiche du prochain film de Justine Triet, avec Exarchopolous, Schneider et Efira!



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LE CAMELEON





   Quel acteur peut voler la vedette à John Malkovich en personne? Willem Dafoe, bien sûr.
Pourtant méconnaissable derrière un masque affreux, l'acteur américain réussit dans l'Ombre Du Vampire, à éclipser son fascinant partenaire. Avec Christopher Walken et Harvey Keitel, Willem Dafoe est l'un de ces acteurs cultes qui ont marqué le cinéma contemporain, par des galeries de personnages intemporels.
Il a joué avec les plus grands réalisateurs américains de sa génération (Martin Scorsese, David Lynch, Oliver Stone), tenu les premiers rôles dans des films à jamais dans la mémoire du cinéma le plus âpre (Platoon, La Dernière Tentation du Christ) et pourtant il n'a jamais ou presque, reçu de prix. Culte mais pas reconnu.
Il faut admettre que Willem Dafoe réussit une chose rare qui le dessert à l'heure des récompense. Il se glisse tellement à la perfection dans la peau de son personnage que l'on n'oublie souvent l'acteur qui se cache derrière le rôle.

En effet, qui hormis Willem Dafoe, aurait pu interprété Jésus, habité par une fièvre mystique et tenté par la vie terrestre sans sombrer dans le cabotinage ? Personne. Surtout pas un cerain Jim Cazievel...
Willem Dafoe est né le 22 juillet 1955 à Appleton, petite ville du Wisconsin dans une famille de 8 enfants. Il entre, à tout juste 20 ans dans une troupe de théâtre de Milwaukee, Theater W qui se produit dans le monde entier. En 1977, il rencontre Elizabeth Lacompte, la directrice artistique de Performance Group, une troupe d'avant-garde de New York. Une rencontre décisive. Ensemble, ils fondent, en plus d'un foyer, le Wooster Group, une compagnie de théâtre expérimental.
Des planches au cinéma, le chemin est tout tracé. En 1980, après une première expérience dans Les Portes du Paradis de Michael Cimino, il est choisi pour tenir le premier rôle du remake de L'Equipée Sauvage, réalisé par Kathryn Bigelow et Monte Montgomery : Breakdown (The Loveless). Le film n'obtient qu'un succès critique mais les gens du métier ont remarqué ce jeune homme au physique particulier et au regard fiévreux.
Dés lors la carrière cinématographique de Willem Dafoe est lancée. Exigeant, il choisit avec application ces rôles et surtout les réalisateurs qui le dirigent. Ainsi il commence sa carrière non pas avec des séries Z comme beaucoup d'acteurs américains mais sous la direction de cinéastes talentueux comme Tony Scott (Les Prédateurs) , Walter Hill (Les rues de feu) ou William Friedkin (Police fédérale Los Angeles).
Avec l'interprétation du mystique Sergent Elias dans Platoon d'Oliver Stone, il conquiert Hollywood et le grand public américain. Nominé au Oscar en 1987, il aurait pu alors choisir la facilité et tenir des rôles dans les grandes productions hollywoodiennes.
Mais non, il préfère le risque, l'aventure et accepte de tenir le rôle le plus difficile , le plus marquant : celui de Jésus de Nazareth dans le controversé La Dernière Tentation Du Christ de Martin Scorsese (il fait un caméo dans The Aviator par amitié). Si le film n'a pas le succès escompté, Willem Dafoe entre à jamais dans le coeur des cinéphiles. Il enchaîne immédiatement avec un autre rôle marquant, celui d'un jeune agent du FBI luttant contre le Ku Klux Klan dans le magnifique Mississippi Burning d'Alan Parker.

Curieusement, après ces deux grands films, sa carrière sera un peu plus en retrait. Comme si Hollywood changeait ou qu'aucun film n'arrivait à cet hauteur. Il cherchait les brûlures, on lui offrait de la glace : Lynch, Wenders, Milius tout de même. C'est à cette époque qu'il accepte les seconds rôles. Puis les personnages de méchants. Deux aspects qui vont profondément modifier la couleur de sa filmographie, jusqu'au paroxysme : Spider-Man, méga hit mondial où il sera méchant et second rôle, justement.
Pourtant, ces choix demeurent souvent courageux et ambitieux, et il devient une icône du cinéma underground américain.
Il tourne don avec les plus grands metteurs en scène, David Lynch (Sailor et Lula), Wim Wenders (Faraway So Close), mais aussi David Cronenberg (Existenz), Anthony Minghella (Le Patient anglais), Abel Ferrara (New Rose Hotel)... Des gueules, des rôles psychopates, des personnages en souffrance. Et on l'aime quand même, toujours et encore.

Durant la décennie 90, il alterne le bon -Light Sleeper, le très fort Affliction de Paul Schrader, le moyen Lulu On The Bridge de l'écrivain Paul Auster, Danger Immédiat une grosse production hollywoodienne avec Harrison Ford ...grotesque.
Pour Body d'Uli Edel dans lequel il fait l'amour à mort avec Madonna et l'interprétation du méchant dans Speed 2 de Jan De Bont (fantasme assouvi d'une croisière avec Sandra Bullock ?), il obtient deux nominations hélas méritées au Razzie awards ("récompensant" les pires acteurs de l'année). Maigre consolation, il tient un second rôle dans le multi-oscarisé Le Patient Anglais d'Anthony Minghella, mais sera ignoré par l'Académie des Oscars. Puis il multiplie les rôles dans les " gros " films indépendants américains et autres séries B, traquant Patrick Bateman dans American Psycho ou jouant l'acteur-vampire Max Schreck dans L'Ombre du Vampire.
Spider-man changera évidemment la donne. Il voudra davantage de doucuer, de la voix d'un poisson balafré dans Nemo à la prochaine comédie de Wes Anderson. Il kidnappe, pauvre type, Robert Redford ou s'aventure chez Lars Von Trier. Il en devient fascinant. Se glisser avec la même facilité dans la peau de Jésus, du Green Goblin et Max Schreck, seul un caméléon peut y parvenir.

yannick, vincy


 
 
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