Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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HEY, CREATURE!





"J’ai toujours été fasciné par l’idée de destin, ce vers quoi nous allons, et pourquoi nous faisons certains choix. Le plus drôle, c’est que je ne me suis jamais fixé d’objectifs. La culture américaine est entièrement fondée sur les objectifs et la manière de les atteindre. Mais les objectifs ne font que limiter. Moi, j’ai cru au hasard. Je suis devenu acteur par hasard. Laissons les choses se faire…"

Il est ardent, direct, animé de questions existentielles, beau gosse, un brin rebelle… Super héros de ces dames et ados en quête de sensations fortes. On le compare souvent à Clint Eastwood. Préférons Mortensen tant pour l’âme que le look. En un tour de clap à Hollywood, Hugh Jackman sera devenu la coqueluche internationale de l’année 2001. Du rarement vu. Preuve que le hasard – l’audace, avouons malgré tout – fait toujours bien les choses… A 38 ans, le comédien Australien aura défié tous les poncifs en matière de percée, médiatisation internationale et affirmation de carrière sur le sol américain. Forcément, les belles créatures ont toujours la côte à Babylone. De la comédie romantique à l’aventure à sensation en passant par l’épopée horrifique, Hugh Jackman sera tout de go entré au temple de ces figures d’action à la virilité angélique. Parce que physique, sexy, sensible, bâti pour le genre ? Cousin d’un Mel Gibson. En 2000 et 2001, People Magazine le citait parmi les "50 plus belles personnalités du monde". Toutefois, il ne faudrait pas s‘y tromper, notre belle créature de 38 ans, fan des Rolling Stones, de Shakespeare (notamment "Henri V"), comme de la saga des Vendredi 13, n’a rien de pragmatique. Rappelons que Jackman a fait ses gammes dans la comédie musicale, devant la caméra comme sur les planches (dernièrement encore sous la direction de Peter Allen dans "The Boys From Oz"). Il se dénude, expose son corps. Toujours en mouvements, toujours aux devants. Homme en collant versus mutant aux griffes d’acier ? Un acteur organique qui s’amuse à chasser nos démons… Dire qu’il accrocha l’attention de Brian Singer avec une simple bande démo envoyé depuis son Australie natale ! Dire qu’il décrocha le rôle de Wolverine parce qu’appelé à remplacer Dougray Scott, à l’époque en plein rush sur le tournage de Mission Impossible II. La rumeur raconte que le rôle fut un temps proposé à Russel Crowe et Viggo Mortensen entre autres étoiles musclées. Bienvenue à Hollywood ! À consommer toutefois avec modération si le comédien ne veut pas se voir engloutir par ses propres choix. Tout avait si bien commencé…
Il fut chanteur, pianiste, guitariste, présentateur à la télé, star récurrente de talk shows et même clown animateur de goûters pour enfants alors qu’il faisait ses premiers pas. A l’arrivée, que de fan de comics ont vu en Hugh Jackman griffu comme Freddy, tourmenté comme Spider-Man, rageur comme Hulk ? ! Mi-homme, mi-animal, dotée d’une force surhumaine. Forcément, les personnalités s’éveillent aux côtés d’Halle Berry en bonne voie de devenir sa partenaire fétiche depuis Opération Espadon… Après ça, comment Travolta pouvait-il rivaliser contre notre éminent « hacker » ? Mais surtout, aujourd’hui, comment l’imaginer à nouveau en viril et secret écrivain de romans à l’eau de rose (Perperback Hero) ? Une nouvelle fresque dans la veine de Kate et Leopold parvient tout juste à se dessiner… Rappelons qu’à l’époque, aux côtés de Meg Ryan, icône de la love story US, Jackman parvint malgré tout à se distinguer en savant, tombeur, et gentleman d’un autre temps: il fut nommé aux Golden Globes 2002, catégorie meilleur acteur de comédie ou film musical. Trois ans seulement après que l’Institut du film Autralien l’ait nominé pour sa performance dans Erkineville Kings, autrement plus ambitieux. Hugh Jackman y campait un jeune homme abusé par son père de retour dans sa famille après le décès de ce dernier. On est bien loin des pops Attraction animale et Van Helsing… Preuve qu’il ne suffit pas de reprendre un rôle culte maintes fois interprété par la figure des séries B horrifique de la Hammer, en l’occurrence ici Peter Crushing. Hugh Jackman dans la peau de créatures de légendes… Oui. Mais n’importe lesquelles ! A bons entendeurs !

De "La belle et le bête" en Australie à "Sunset Boulevard" sur les planches de Londres (couronné d’un Variety Club et d’un Green Room Award) - rôle qui le mènera tout droit à cette reprise d’« Oklahoma » de Broadway et lui vaudra en 1998 un nomination à l’Oliver Award, en passant par ces série TV cultes qui dès 1995 l’ont propulsé star du petit écran, notamment "Corelli" (dans lequel il décrocha d’entrée un rôle phare) et "Halifax", Hugh Jackman aura démontré qu’il sait danser sur les genres et occuper une scène (il présentera les Tony Awards, les Molière de Broadway, immense honneur). Le comédien a bâti sa carrière – ne serait-ce que sa passion pour la comédie – sur cette dynamique de complémentarité entre registres, souffles et nourritures personnelles en interaction. Reste, qu’aujourd’hui, son image d’éternel rebelle, si poly chromatique soit-elle, commence quelque peu à se ternir. Tout comme celle d’un Jackman super héros. En avril 2002, l’acteur entamait un premier bilan : "Il y a évidemment des films qui se sont avérés moins bons que ce que j’espérais, d’autres non. J’ai été un enfant gâté, mon premier film américain a été un vrai succès public et critique. Je crois que, statistiquement, un acteur a de la chance si, dans le film qu’il tourne, un sur cinq obtient un certain succès. Je ne suis pas quelqu’un qui regrette. Je suis d’un optimisme maladif, ce qui peut-être un avantage comme un inconvénient. Mais je suis fier d’avoir essayé différentes choses, car avec le succès d’X-Men, la majorité des scénarios que je recevais étaient de la même veine. Il fallait à tout prix que je montre d’autres facettes de ma personnalité". Etat des lieux réaliste ? On tendrait à en douter. Quand bien même, qu’en reste-t-il quatre années plus tard ? Sans parler de ses projets ! Nos X-Men ont déjà commencé - comme on dit - à faire des petits avec la Franchise Wolverine à venir dès 2007… A tort ou à raison, certaines rumeurs sont allées jusqu’à parler d’un préquel à la saga… Syndrome Star Wars ? Passons… En attendant, on le retrouvera dès septembre 2006, dans le prochain cluedo romantique de Woody Allen aux côtés de Scarlett Jonhansson, Scoop. Mais aussi chez Christopher Nolan (The Prestige) où il campera un magicien rival de Christian Bale. L’affaire tournera au meurtre... Et, naturellement à l’affiche de The Fountain de Darren Aronofsky, épopée fantastique étalée sur un millénaire (à venir début novembre 2006). Le destin d’un conquistador à l’époque des Mayas. Une fresque sur la Fontaine de Jouvence. Difficile de renoncer aux super pouvoirs ? On sait pourtant le comédien audacieux. Attendons-le désormais au contre-emploi chez ces auteurs admirés de la cinéphilie…

Sabrina


 
 
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