Pour sa 8e collaboration avec André Téchiné, Catherine Deneuve devient une grand-mère (brune), confrontée à un petit-fils souhaitant faire le djihad. Mauvaises herbes en novembre, La dernière folie de Claire Darling en février, tous deux passés inaperçus, et revoici Deneuve, ce coup-ci dans L'Adieu à la nuit, présenté à Berlin. Elle est attendue dans deux films: Joyeux anniversaire de Cédric Kahn et La vérité d'Hirokazu Kore-eda, qu'on imaginait bien aller à Cannes.



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PORTRAIT(S) DE FEMME(S)





Rares sont les cinéastes femmes qui ont la reconnaissance des cinéphiles avertis, de la profession et du grand public. Jane Campion la néo-zélandaise aura marqué le 7ème Art avec un doigt coupé, un piano dans l'écume des vagues et une Palme d'Or. Elle est désormais une des réalisatrices les plus courtisées des Festivals, tout en signant des deals avec un studio comme Miramax.
Toujours libre, faisant peu de concessions, elle choisit ses stars (le casting fait le film selon elle), écrit ses sujets et n'hésite pas à leur donner des images oniriques et touchantes, à créer des atmosphères mémorables, où le climat envahit nos souvenirs : brouillard, pâleur hiverbnale, ou encore chaleur désertique. Elle alterne les genres en fouillant ses thèmes de prédilections; une décennie de films où elle boucle la boucle avec 5 films, 5 passions amoureuses, 5 portraits de femmes, féministes et prisonnières de leur époque. "Mon héritage néo-zélandais me conduit à avoir peur de montrer la passion. La culture là-bas est du henre "ne soyez pas si excités". J'envie les gens qui parviennent à exprimer cette passion dans leur travail."

Anthropologue (75), diplômée des Beaux Arts (79), elle ne lance dans le cinéma qu'à 35 ans, en étudiant la réalisation de films à l'Australian School of Film and Television. Son premier court (Peel) obtient (prémonitoirement) une Palme d'Or à Cannes, en 86. Campion a la particularité d'avoir vu toutes ses oeuvres primées. Les années 80 lui permettront de s'exercer tant avec des films courts qu'avec des téléfilms. Dès son premier film, Sweetie, elle conquiert les critiques. Un ange à ma table sera couronné le film le plus populaire au Festival de Sydney. Elle sera la première femme a remporté la Palme d'Or avec sa Leçon de Piano en 93. Mais mettra de plus en plus de temps à concevoir ses films, comme si la pression ralentissait le processus créatif...

Elle a permis à de très bonnes actrices d'avoir souvent leurs meilleurs rôles. Avec un style souvent allégorique et moderne, Jane Campion est une femme qui allie le drame (tragique) et le romanesque. "Je pense que nous avons en nous une impulsion romantique et que notre vie est courte. Etre romantique n'a rien de sensible. C'est une voie héroïque qui peut finir dangereusement. Si j'en fait un tel élogie c'est parce que je croie qu'il faut être courageux pour vivre pleinement sa passion. Evidemment ça peut être stupide et compulsif."
A travers des sociétés qui enserraient les sentiments dans des carcans, des époques où les femmes subissent une mysoginie constante, elle tente de trouver un itinéraire qui les libère.
C'est ce qui rend le cinéma de Jane Campion si loin et si proche, si étouffant et si aérien, si dramatique et si lyrique. On ne peut d'ailleurs dissocier ses films de ses stars (Hunter, Paquin, Kidman, Winslet, Ryan) et des compositeurs de musiques : que ce soit Michael Nyman (The Piano) ou Angelo Badalamenti (les films de Lynch). De même la photo de ses films n'est jamais hors-sujet. La Beaux-artienne remplit de références ses oeuvres (par exemple : le cinéma de Bollywood dans Holy Smoke). Sans oublier Hitchcock dans son semi-raté (et si étrange) In the cut.

Finalement, Jane Campion, symbole, véhicule un immense espoir : que le 7ème Art soit aussi conjugué, et respecté, au féminin.

vincy


 
 
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