David Lynch, Lion d'or et Palme d'or, n'a pas tourné de long métrage depuis 2006. Une longue absence. Heureusement il nous a offert une suite à Twin peaks pour la télé. Et on peut voir ses photos fétéchistes dans l'exposition de Louboutin au Palais de la Porte dorée. Il vient aussi de terminer un court métrage. Et surtout, Blue Velvet est ressorti sur les écrans cette semaine.



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VIDANGE





"Il serait odieux de ne pas dire ce qui est quand on sait que ce qui est, est". C'est par ces mots que débute Y a-t-il un Français dans la salle ? (1982), le meilleur film de Jean-Pierre Mocky, le Ravachol du cinéma français.
Ce réquisitoire rageur - contre une police pourrie, une presse vendue et une classe politique corrompue, nourries de la désespérance d'un corps social qui "ne croit plus à rien" (*) - est à peine tempéré de fugitifs éclairs de tendresse. A cinquante-quatre ans, Horace Tumelat, le cynique président d'un parti de droite, dont "la bannière est la SOFRES" (*) et "la patrie, la télévision" (*), tombe amoureux fou de Noelle Reglisson, dix-sept ans, angélique rejeton d'un grotesque cheminot communiste. Cet amour impossible donne au politicien le courage de dénoncer la lâcheté de ses pairs. Mais la conjuration des médiocres a tôt fait de rétablir l'ordre : Noelle est assassinée. Tumelat, éperdu de douleur au pied de l'HLM - "ces horribles donjons de l'an de merde" (*) - où vivait sa bien-aimée, entend monter des entrailles de la France, grosse d'un avenir menaçant, les gémissements de la multitude.

La grande Lessive.
Gauche, droite ? "Moi, mon parti précis, c'est de faire éclater la vérité partout, de foutre les pieds dans le plat", a déclaré Mocky. Pour être libre de dénoncer les scandales, il a choisi d'être en marge de la production traditionnelle, finançant lui-même ses films dont le tournage privilégie la rapidité et l'efficacité. Mocky filme en urgence, sous l'empire de la colère pour frapper vite et fort. Au "Chamboule Tout" du cinéaste, les cibles sont de taille : l'administration et ses tracasseries, Les Compagnons de la Marguerite, la télévision qui décervèle, La Grande lessive !, les spéculations financières, Chut !, la presse aux ordres, Un linceul n'a pas de poches, ... Puis viennent les eighties, ses meilleurs films, ses plus gros castings, ses sujets les mieux maîtrisés, jusqu'à l'insolite Agent trouble, avec Deneuve en rousse frisée à lunettes dans un polar esthétique. On voit ainsi la crédulité et le fanatisme des foules dans A mort l'arbitre ! (1984), la pourriture politicienne dans Les saisons du Plaisir et Une Nuit à l'Assemblée nationale ou la bêtise des pélerinages dans Le Miraculé. Sans oublier son thème de prédilection : le déferlement d'une sexualité bestiale... Il adore parler des déviances "cul" de ses compères, les Rivette et autres Rohmer.

Des quarantee films réalisés en quarante ans, certains paraissent bâclés ou frapper bas, produits à la marge ou écrits rapidement. D'autres, comme Le Témoin et Y a-t-il un Français dans la salle ? sont des oeuvres maîtrisés, complexes, puissantes même dans le ton dun auteur comme Céline. Mocky manquera, évidemment, mais une fois disparu. C'est sûr que lui, lèche pas les souliers vernis des banquiers sans leur faire un bras d'honneur...

(*) : Extraits des dialogues de Y a-t-il un Français dans la salle ?

chris


 
 
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