Pedro Almodovar est notre nouveau Président. Celui de Cannes évidemment. 70e du nom, ce multi-primé sur la Croisette, insufflera sa folie movida et son drama mélo dans un Festival en fête. Ce sera aussi peut-être pour lui l'occasion d'annoncer son prochain film...



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LE GENERAL





Au petit jeu des références, aucun cinéphile ne citera comme réalisateur préféré John Boorman. Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Sergio Leone, Sam Peckinpah, oui. John Boorman non. Mais, si on leur demande leurs films préférés, les titres de long-métrages réalisés par le metteur en scène anglais fusent : Excalibur, Duel Dans le Pacifique, Le Point de Non-Retour, Deliverance. Autant de chefs-d'œuvre mis en scène, souvent écrit et produit par un seul et même homme. John Boorman.
Né le 18 janvier 1933 à Shepperton, près des célèbres studios de cinéma, John Boorman, dès 18 ans, se découvre une passion pour le cinéma. Il écrit des critiques pour la radio puis devient assistant monteur à la télévision. Opiniâtre, il monte les échelons un par un au sein de la chaîne, réalise des documentaires et finit par être engagé par la BBC.
En 1965, il met en scène son premier film, Sauve qui peut. Ce film, très libre, lui permet d'être remarqué par Hollywood. Il part donc pour la cité des anges et réalise Le Point de Non-Retour avec Lee Marvin en homme prêt à tout pour assouvir sa vengeance. Le film, polar survolté et ironique, est un succès mondial et accède au statut de film culte. Il en sera même fait un remake, Payback avec Mel Gibson dans le rôle principal. Culte, son film suivant l'est aussi. Duel Dans le pacifique avec de nouveau Lee Marvin et l'acteur fétiche d'Akira Kurosawa, Toshiro Mifune, est un authentique miracle. Un petit chef d'œuvre de tension et de suspense avec pourtant un scénario qui tient en 1 ligne. Deux hommes, un soldat américain et un soldat japonais échouent sur une île déserte pendant la seconde guerre mondiale. Un film impérissable.
Avec ces deux films, deux succès, la notoriété de John Boorman dépasse les frontières et il peut désormais mettre en scène ses propres scénarios. Ainsi, il retourne en Europe pour réaliser Leo Le Dernier avec l'immense acteur italien Marcello Mastrioanni. Son film obtient le Prix de la mise en scène à Cannes en 1970 mais reste confidentiel surtout aux Etats-Unis. Le prochain marquera lui les esprits du public américain et mondial.

Deliverance, l'un des films les plus terrifiants jamais mis en scène. Pas d'effets gores ou de vampires assoiffées de sang mais une tension de tout les instants. Une balade en canoë de 4 touristes de la ville qui tourne au cauchemar. Une lutte à mort pour survivre contre des habitants inhospitaliers et une nature hostile. Haletant. Le film et John Boorman sont nominés aux Oscars, mais l'Académie préférera célébrer Le Parrain de Coppola.
Après ce succès public, critique et financier, John Boorman se lance dans la production d'un film futuriste et ambitieux, Zardoz avec Sean Connery. Il essuie son premier échec public. Producteur d'un film non rentable qui a beaucoup vieilli, il est contraint d'accepter une commande et réalise ainsi la suite de L'Exorciste, L'Hérétique, un véritable nanar indigne d'un tel réalisateur.

Mais il se reprend en signant en 1981, le meilleur film sur la légende Arthurienne, Excalibur. Un authentique chef d'œuvre avec des scènes de batailles toujours inégalées. Un film culte tourné en Irlande, la patrie d'adoption de John Boorman.
Peu à peu des thèmes se dégagent dans l'œuvre de John Boorman. Assurément un auteur qui écrit, produit, réalise ses films en artisan du 7ème art. Ses films sont donc très personnels surtout ses deux suivants, La Forêt d'émeraude et Hope and Glory.
La Forêt d'Emeraude exalte l'écologie et démontre l'absurdité du monde capitaliste qui détruit les forets amazoniennes sans se soucier de ses habitants. Certaines scènes, le barrage qui cède, les rêves hallucinatoires sont magnifiques mais la naïveté du propos peut dérouter. Avec Hope and Glory, il met en scène ses propres souvenirs, quand, enfant il vivait avec la peur des bombardements allemands. Le film autobiographique est le plus gros succès critique de la carrière de John Boorman qui est de nouveau nominé aux Oscars en tant que scénariste, producteur et réalisateur.
Hélas son film suivant Tout pour Réussir est un cruel échec. John Boorman rentre donc dans le rang. Rangoon n'est qu'une variation mineure de La Déchirure avec la belle Patricia Arquette et si le film est sélectionné à Cannes, c'est uniquement dû au nom de son réalisateur. Sa fille Telsche, scénariste de renom (Gazon Maudit par exemple) décède des suites d'un cancer en 1997 et le réalisateur anglais traverse une phase noire tant artistique que sentimentale. C'est un petit film réalisé en Angleterre qui le remet en selle. Le Général, Prix de la Mise en scène à Cannes est le portrait d'un robin des bois moderne ayant réellement existé.
Visuellement splendide avec notamment un remarquable noir et blanc, Le Général démontre que le talent de conteur de John Boorman est intact. Il confirme cela avec éclat avec Le Tailleur de Panama, la meilleure adaptation d'un roman de John Le Carré. Un film élégant, simple sans être simpliste, raffiné sans être sophistiqué, la marque John Boorman.

yannick


 
 
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