Jean Dujardin n'en a pas terminé avec les films populaires (il sera bientôt dans un nouveau OSS 117) mais ces derniers temps, il opte aussi pour des chemins de traverse plus audacieux. Après le duo Kervern/Delépine, le voici à l'affiche du déjanté Le Daim de Quentin Dupieux,où il habite littéralement son rôle. On le retrouvera à la fin de l'année chez Polanski dans J'accuse.



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POUR LE PEARCE ET LE MEILLEUR





De "drag queen" aux personnages de littérature, Guy Pearce a su, en l'espace d'une décennie, mener à bien son ascension cinématographique, discrètement.
Trentenaire et quelques, cet Anglo-Australien d'adoption connaît un succès croissant. La maturité lui sied bien, rendant plus viril ses jeunes traits de playboy. Au début, il évoluait à travers quelques séries télévisées australiennes; à l'âge de dix-huit ans, il voisinait dans "Neighbours" aux côtés de la pin-up Kylie Minogue et du bellâtre Jason Donovan, puis dans Home and Away et Man from River.

Il nous fut révélé sur talons aiguilles et avec une mini jupe dans le culte "queerfilm" The adventures of Priscilla, queen of the desert (de Stephan Elliot). Grand numéro où l'excentrique devient vite mélo à trémolos, entre copie de Dalida et plagiat de Michel Serrault.
Après avoir participé à son premier long métrage, quatre années plus tôt, dans Heaven Tonight de Pino Amenta, il s'est entièrement dirigé vers le cinéma hollywoodien où il enchaînera des rôles de plus en plus importants, à l'instar de Russell Crowe, Nicole Kidman ou Cate Blanchett. Ces Australiens ont l'excellence de jeu des britanniques et le charisme des américains. Cela plaît forcément.
Et tout d'abord à Curtis Hanson grâce à qui il interprète son premier rôle majeur - Ed Exley dans L.A. Confidential - (face à Russell Crowe et Kevin Spacey), tiré du roman homonyme de James Ellroy. Il y incarne le flics pur et pas assez dur, un brin coincé et pétri par les principes. L'innocence perdue en fin de film. Dépucelé le beau gosse, pistonné, à lunettes. De ce tournage, Guy Pearce a beaucoup appris des acteurs avec lesquels il travaillait : "J'aime les acteurs capables de se faire oublier derrière un personnage. Je trouve les stars beaucoup moins intéressantes que d'autres comédiens pas forcément glamour, mais souvent bien plus talentueux. La seule star qui parvienne à s'effacer au service d'un rôle, c'est Russell Crowe. J'ai travaillé avec lui sur "L.A. Confidential" avant qu'il soit connu, et j'ai été séduit par son instinct et le dévouement dont il fait preuve pour son art. Chez les acteurs d'aujourd'hui, il apparaît comme un nouveau modèle."
Le film sera sélectionné à Cannes, l'un des grands favoris aux Oscars, avant que Titanic ne plombe ses multiples nominations. Guy Pearce se distingue de nombreuses stars hollywoodiennes, pour qui l'ambition dépasse trop souvent le talent. Cependant, Pearce a un avantage certain, son physique, que l'on pourrait comparer à celui de Brad Pitt, et qui pourrait le propulser, contre sa volonté, vers les plus grandes productions d'Hollywood (rappelons d'ailleurs qu'il a gagné un concours de musculation en 1983 où il est devenu Monsieur Victoria Junior).

De jeune flic idéaliste, il enchaîne les films médiocres, les cachets faciles.
Il faut attendre de le voir devenir Léonard Shelby, dans Memento (de l'excellent Christopher Nolan). Petit thriller au scénario diabolique, le film deviendra là encore culte, mais surtout un gros succès surprise aux USA. Sans calcul, c'est bien Memento qui l'installe définitivement parmi les jeunes loups du système. Et l'un des comédiens les plus demandés. Dans ce rôle, Pearce interprète parfaitement son personnage amnésique, obsédé à l'idée de retrouver l'assasin de sa femme. Pour remédier à ses troubles de mémoire ponctuelle, il doit, sans cesse, prendre des photos polaroïdes, qu'il annote ensuite, dans le seul but de se venger. Il opte dans ce film pour un look totalement différent, passant du style "premier de la classe" (cheveux bruns plaqués avec de petites lunettes) à celui de "play boy / marginal" (cheveux décolorés et couvert de tatouages). Des transformations qui l'approchent plus de De Niro et Pitt que de Cruise. C'est bien à travers cette volonté de mue et de métamorphose que Pearce, mal défini dans le grand public, parvient à imposer ses libertés de choix. Il creuse ses joues, rase ses cheveux, aime se déguiser, se transformer. Il passe partout, et pourtant il n'a rien d'invisible.

Car Guy Pearce est aussi un grand passionné de musique; il écrira de nombreuses chansons comme certaines de la bande originale de film Hunting de Frank Howson en 1991. Il dira, d'ailleurs, que s'il décidait d'arréter sa carrière d'acteur, il se consacrerait probablement, entièrement à sa musique. Ca ne l'empêche pas de poursuivre son chemin, à sa vitesse. Nous le retrouvons coup sur coup dans la reprise de The Time Machine de Gore Verbinski et Simon Wells (arrière-petit-fils de H.G. Wells) ainsi que une autre légende de la littérature, le Comte de Monte Cristo (The count of Monte Cristo) de Kevin Reynolds. Dans l'un il est ce héros fantastique happé par sa propre découverte. Dans l'autre il est le rival dont la noirceur des desseins aboutit à son destin fatal. Pearce alterne ainsi les visages, à la manière d'un Docteur Jekyll et Mister Hyde. Des séries B qui remplissent les soirées vidéo ou les chaînes de télévision. Pas de grands cinéastes encore pour éclairer ses deux profils, mais Guy Pearce dévoile à chaque film un talent nouveau, détruisant un peu plus nos certitudes sur lui. Il n'est ni gay, ni idéaliste, ni même amnésique. Il explore juste avec sa machine à remonter les sentiments un peu plus de son talent.
Après une série de films visant les jeunes (Ravenous, Rules of Engagement) n'ont pas obtenu de gros scores. Mais tous les trois quatre ans, pearce obtient un succès innatendu. Entre films art et essai et grosses prod hollywoodiennes, les bons scénarii manquent à l'appel.
Il acceptera donc la proposition inhabituelle de Jean-Jacques Annaud : jouer avec des tigres. Two Brothers (Deux frères) rapporte 60 millions de $ dans le monde, devenant ainsi l'un de ses plus gros succès. En attendant le rôle qui le fera percer définitivement? A moins que nous ne soyons là à regarder des polaroïdes de Memento, en souvenir d'une promesse cinématographique non tenue...

vincy, caroline


 
 
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