Hugh Grant nous manquait. Après quelques audaces dans sa filmographies, et en fait une raréfaction sur grand écran depuis une dizaine d'années (à peine dix films depuis 2004), la star britannique a vieilli mais n'a pas perdu ni de son charme ni de sa dérision. Excellent dans Florence Foster Jenkins l'an dernier, le voici fabuleux et jouissif dans Paddington 2. A 57 ans, il se reconvertit dans la farce. En attendant de le voir dans A Very British Scandal, de Stephen Frears, avec Ben Whishaw, sur petit écran.



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CAPTAIN CLONE





" Pour les gens de ma génération, il n’y a plus d’Ouest. La seule frontière nouvelle, c’est l’espace. Mais l’ennui, pour moi, c’est que cette frontière est technologique, cérébrale, privée d’aventures, de romanesque. Alors j’ai voulu un espace imaginaire, comme celui de nos rêves où l’on combattrait des monstres, où l’on sauverait des êtres en péril, où tout serait possible, où l’on retrouverait la loyauté et l’amitié". (George Lucas, novembre 1977).
Paroles d'un jeune réalisateur alors âgé de 33 ans qui, à l'époque, après seulement trois longs métrages et tout juste sorti de Star Wars : la guerre des étoiles envisageait de raccrocher pour se consacrer à l'expérimental et à la production de jeunes cinéastes. On connaît la suite. En 1980 et 1983, il confiait la réalisation de L'empire contre attaque et du Retour de Jedi à Irvin Kershner (Jamais plus jamais) et Richard Marquand (Hearts of fire) pour se centrer sur sa propre expansion et devenir un des producteurs exécutifs majeurs d'Hollywood. Majeur et indépendant. Totalement affranchi du système hollywoodien. Avec seulement six réalisations à son actif et une vingtaine de productions grand écran depuis 1969 George Lucas est définitivement un cas à part. Il est auteur, conteur, cinéaste, monteur, producteur, technicien passionnément visionnaire, père du son THX, de l'image de synthèse et de la caméra informatisée, business man pionnier et virtuose dans l'art du marketing : rien que ça ! Trente ans que ce chercheur entrepreneur, inconditionnel de mythologie et d'avancés technologiques met le cinéma américain au défi, le surplombe en termes d'innovations et contrôle intégral des chaînes de productions. Un bon flair, avec le rachat de ses droits sur La guerre des étoiles dès les premières heures et un certain entertainment boom dans les années 80 ont irrémédiablement porté l'autonome Lucas vers la consécration de ses idéaux les plus anciens. Dire qu'au départ personne ne voulait de ce conte fantastique sur fond de guerre intergalactique, parcours initiatiques, super héros déracinés, mondes et créatures merveilleuses : La guerre des étoiles fut pressentie à destination du seul jeune public. Faible potentiel pensait-on, projet jugé trop coûteux. La Fox, seule à s'engager dans le projet, eu bon nombre de sueurs froides. Chronique d'un aventurier haut rêveur et perfectionniste, arrivé au cinéma par hasard, devenu un géant de la SF en repoussant toujours davantage les limites de la machine cinématographique. Dans quelques temps, la boucle Star Wars sera bouclée avec la sortie La revanche des Sith, épisode charnière entre sa trilogie classique et les deux premiers opus récemment sortis. Tours de forces en perspectives.

Né en en 1944 dans une petite ville isolée de Californie, Modesto, George Lucas, inconditionnel d'automobiles et de mécanique ambitionnait de devenir pilote de course. En 1962 un grave accident de la route suivi de six mois d'hospitalisation mettra terme à ses projets. Travaillant comme mécano, il rencontre le directeur photo Haskell Wexler (Vol au dessus d'un nid de coucou), à ses heures pilote automobile. Wexler l'encourage à se lancer dans une carrière cinématographique. C'est ainsi que Lucas, fan de westerns et séries B, découvrira tardivement le cinéma, une fois entré à l'USC (Université of South California). Welles, Kubrick, Kurosawa, Godard : autant de grands noms et cinématographies dont Lucas va s'imprégner au cours de sa formation qui, parallèlement, lui permet d'étudier l'anthropologie et tant de domaines qu'il affectionne depuis son enfance, liés aux mythologies, contes et légendes. Très vite, l'étudiant Lucas se démarque avec ses courts métrages choc et expérimentaux tels que Look at Life un montage de photos issues du magazine Life traitant de l'oppression politique et de la violence recrudescente, ou encore Freiheit contant l'histoire d'un est-allemand passant en RFA. Son documentaire i:42:08 suivra le pilote de course Pete Brock. Fresques minimalistes, odes à la liberté, clin d'œil à sa passion pour l'automobile : le cinéma de Lucas est d'ores et déjà en incubation. Engagé comme caméraman aux côtés du concepteur graphique Saul Bass (collaborateur de Preminger, Hitchcock, …), il passera ensuite par la case service cinématographique de la Marine tout en développant en 1969 ce film qui le mènera droit à la Warner : Electronic Labyrinth THX 1138 4EB, quinze minutes contant la fuite d'un homme vers la liberté ; film qu'il adaptera deux ans plus tard au format long sous le titre THX 1138. Février 1968 : son court est sélectionné et primé en festival étudiant. Parmi les spectateurs, un admirateur et jeune cinéaste nommé Steven Spielberg avec lequel Lucas se lie d'amitié, fort d'un engouement commun et sans borne pour la SF.
Apprenti cinéaste émérite, George Lucas décroche une bourse d'étude qui lui permettra de travailler un semestre durant sur le terrain. La Warner l'engage pour 80 dollars par mois et l'envoie sur son unique production du moment : Finian's Rainbow (La vallée du bonheur), comédie musicale avec Fred Astaire réalisée par un certain Francis Ford Coppola, alors jeune réalisateur de 28 ans. Assistant déco, Lucas s'ennuie quelque peu sur le tournage de ce film à mille lieux de ses thèmes de prédilection. C'est pourtant ici que tout va se jouer. Devenus proches amis, en 1969 Lucas et Coppola s'associent sur la voie du cinéma indépendant, tous deux lassés des frasques hollywoodiennes. Ce dernier crée le fameux American Zoetrope Studio (Apocalypse Now, Sleepy Hollow, les films de Sofia Coppola), société de production dont il nomme Lucas, vice-président. Coppola booste le technicien Lucas à travailler son écriture lui permettant d'obtenir un contrat de scénariste avec la Warner. Mise en route du premier long métrage de George Lucas : THX 1138. Une aventure futuriste monochrome en univers clos, totalitaire et déshumanisant traçant la rué d'un homme vers la liberté. Le film bouclé, commenceront de sérieuses démêlées avec la major qui imposera un nouveau montage, fort de sa position de co-producteur et des 300000 dollars prêtés à Coppola pour la création d'American Zoetrope. Sorti en 1971 et sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs, THX 1138 recevra un bon accueil critique mais essuiera un lourd échec commercial : le réalisateur devra se retirer de la vice-présidence d'American Zoetrope pour ne pas entraîner Coppola dans sa chute. Celui-ci ruiné s'en sortira avec la réalisation du Parrain en 1972. Quant à Lucas, cette virée à Hollywood l'aura définitivement convaincu de devenir et rester indépendant. 1971 : naissance de Lucas Ltd., devenu le géant que l'on connaît. Francis Ford Coppola reste son précieux allié en coproduisant American Graffiti aux côtés d'Universal. Pour son deuxième long, le mécano Lucas s'attaque à un teen movie léger sur fond belles américaines. Contre toute attente, American Graffiti est un succès sans précédent, devenant un des films les plus rentables de l'histoire du cinéma. Deux années seulement après sa création, Lucas Ltd. pèse quatre millions de dollars. L'expansion est en route. Fan des comics, notamment d'Alex Raymond, George Lucas ambitionne un temps d'adapter la série "Flash Gordon" puis se ravise. Dès 1973, le réalisateur amateur d'épopées et littérature fantastique (entre autres Arthur Clarke, Tolkien et Frank Herbert), imagine un conte de fée mythologie centré sur un jeune guerrier. Une odyssée dans l'espace, à la fois antique et futuriste, faite de monstres et créatures merveilleuses sur fond de guerre, despotisme, fractures affectives, familiales et combats pour la démocratie. Après cinq ans d'écriture et quatre versions différentes, il tient enfin son récit, l'imaginant, à l'origine, sous forme de neuf épisodes ; chose qu'il réduira à six (définitivement, il n'y aura pas Star Wars épisodes 7, 8 et 9). Son projet boudé, seule la Fox répondra à l'appel sous condition minimiser les coûts de productions. Lucas troque une faible rémunération contre un paiement sous forme de royalties. En 1975, il crée Industrial Light and Magic pour répondre aux besoins du film. Il sait son projet colossal, veut innover, réaliser un tour de force et, intimement, vérifier ses aptitudes à diriger un grand film. Les dépassements de budgets furent sans fin, l'ambiance nouée, les incertitudes de ses collaborateurs persistantes… Film pour enfants ? Personne n'attendait ce tremblement de terre que provoqua la sortie de La guerre des étoiles le 25 mai 1977. Personne, ni même Lucas, sans doute. Un film fédérateur, un film tout public, longuement encensé. Une recette de 3 millions de dollars la première semaine ; 100 millions fin août 1977. Tous les ingrédients étaient là. Six mois plus tard, le grand vainqueur Lucas annonçait vouloir s'effacer, retourner à l'expérimental et produire. "Je veux maintenant revenir en arrière. Star Wars n’est pas vraiment ce que je veux faire. C’est un film que je me devais de faire pour connaître cette expérience", déclarait-il en novembre 1977 dans la revue Positif. " J’ai déjà dit que, maintenant, je prenais ma retraite. Et les gens ne comprennent pas très bien. Il y a des tas d’autres choses qui m’intéressent. Je veux pouvoir faire des erreurs terribles, me livrer à des expériences abstraites et émotionnelles. De nouvelles perspectives, un début de remise en question restées sans suite, tant au chapitre réalisations que productions. Sans doute en réaction aux tensions qui avaient lourdement ponctuées le tournage de l'épisode 4 et éprouvé le réalisateur. L'ère du numérique et ses facilités, correspondant précisément aux besoins technologiques des épisodes 1, 2 et 3, allaient remettre Lucas sur les rails en 1993. Entre temps, il produira, Kurosawa (Kagemusha), Spielberg (la saga des Indiana Jones), Henson (Labyrinth), Huyck (Howard the Duck), son ami Coppola (Captain EO, Tucker : The Man and His Dream), Ron Howard (Willow) et fera un long crochet par le petit écran, en produisant différentes séries des "Ewoks" et "Indiana Jones". Produits et dérivés : les années 80 et première moitié des 90 furent on ne peut glorieuses. Sans parler des différentes révolutions technologiques qui ont fait de Lucas le père de procédés sons et images les plus sophistiqués et convoités. Indépendant à souhait, résolument insatiable en matière d'effets spéciaux et images de synthèses, dès 1993, George Lucas repense Star Wars. Le tout numérique sera la solution. Une solution scénaristique, technologique, logistique. Bref… Le sésame pour achever son travail entamé en 1977.

Avant tout technicien et monteur, George Lucas n'a jamais caché son moindre attrait pour l'écriture. Son créneau : l'intensité par de spectaculaires visuels. Bien trop souvent et malheureusement d'ailleurs par de seuls spectaculaires visuels. Les épisodes 1 et 2, sortis en 1999 et 2002, n'ont pas convaincu jusqu'à provoquer désertion de nombre d'inconditionnels de la trilogie classique, déjà déçus par sa version remasterisée de 1997. A l'heure actuelle, l'épisode 3 n'est pas encore sortie en salle que Lucas communique déjà le séquencier de son scénario et ambitionne une version de Star Wars en 3D et son adaptation Tv, notamment sous forme d'un dessin animé, "Clone Wars" : bien peu de surprises en perspectives. George Lucas se serait-il perdu dans son propre empire, trop grand ou trop reconnu ? La question reste ouverte, d'autant qu'entre temps, Peter Jackson et son Seigneur des Anneaux sont passés par là. Voilà trente ans, Lucas justifiait chacune de ses réalisations en corrélation avec ses expériences et ressentis intimes au fil du temps : l'univers austère et étouffant, la fuite vers la liberté de THX 1138 en corrélation avec un sentiment d'enfermement vécu au cours de son enfance à Modesto ; la légèreté multicolore sixties d'American Graffiti construite au gré de pensées nostalgiques sur son adolescence. "THX 1138, c'est donc ma tête. American Graffiti, mon second film, c’est mon cœur", confiait-il en 1977. On aura compris que La guerre des étoiles reste directement liée à ses très jeunes années. Mais derrière la caméra, le grand enfant Lucas semble avoir depuis longtemps perdu son élan créatif. Ses deux derniers films quelques peu froids et sans âme véritable le cantonne à un cinéma pop corn, formaté pour adolescent consommateurs de jeux vidéos. Les railleries vont bon train : en 2003, les Razzy Awards nominaient L'attaque des clones dans la catégorie pire scénario. Les hommages aussi, notamment en 2002 avec un National Board of Review Award reçu pour l'ensemble de sa carrière et en 2004 à Deauville lors de la sortie DVD de THX 1138 aux côtés de Coppola. En juin 2005, George Lucas entrera au panthéon des AFI Awards (American Film Institute), succédant ainsi à Hitchcock, Ford, Scorsese, Spielberg ou encore Eastwood. De prompts remerciements peu de temps après une montée des marches cannoises hors compétition. Fin d'un cycle ? Fin de carrière ? Avec ou sans surprises, on attend la suite.

Sabrina


 
 
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