Omar Sy est doublement à l'affiche dans des productions familiales. La très française Le Prince oublié, où il reprend un rôle de papa poule dans un conte fantastique, et la très hollywoodienne, L'appel de la Forêt, avec Harrison Ford dans les grands paysages du Yukon. On attend la star dans la série Netflix Arsène Lupin, le nouveau film d'Anne Fontaine, Police, et dans un thriller avec Kassovitz, Tout simplement noir.



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L’AMI AMERICAIN





Rainer Werner Fassbinder, l’enfant terrible, Wolfgang Becker (le réalisateur du génial Good bye Lenin), Volker Schlondorff (Le tambour), Werner Herzog (Fitzcarraldo) Tom Tykwer (Cours Lola Cours)….Pour le grand public, les cinéma allemand se résume le plus certainement à ces cinq noms de réalisateurs plus celui de Wim Wenders. En un peu plus d’une trentaine de films, une dizaine de documentaires et autant de courts métrages, ce dernier s’est forgé une place à part,replique montre suisse non seulement dans le cinéma allemand, mais plus généralement dans le cinéma européen et mondial. Ernst Wilheim Wenders est né le 14 août 1945 à Dusseldorf mais n’y reste que peu puisqu’ il rejoint avec toute la famille, quatre ans plus tard, la ville d’Oberhausen où son père devient médecin chef. Un milieu de petite province d’après guerre, conservatrice au point où Wenders pense à devenir prêtre. Mais il suit tout d’abord la voie paternelle et entame des études de médecine (nous sommes en 1963), ce qui ne l’empêche pas d’écrire : il rédige des critiques sur des films, tout comme il le fait sur le rock. Il arrive même à tourner six courts métrages à cette époque… En 1966 il part vivre à Paris et fréquente assidument l’IDHEC, (ancêtre de la FEMIS actuelle) mais il échoue. Rentré en Allemagne, notre homme étudie la réalisation à Munich. Trois ans d’études et sort son premier long métrage en 1970, qui est en même temps son film de fin d’école : « Summer in the city », récit fort d’une errance dans un milieu urbain. Et dans ce premier opus la plupart de ce qui fera la marque de fabrique Wenders est déjà là : références à l’Amérique, obstacles à la communication, préoccupations métaphysiques…

« La religion des Etats-Unis, c’est l’Amérique » : Wenders a prononcé cette phrase au moment de la sortie de « Land of Plenty » en 2003, film qui dresse un portrait nuancé d’un pays qui continue malgré tout de fasciner le réalisateur germanique pourtant écoeuré par la dérive réactionnaire de la patrie de l’oncle Sam. Une histoire d’amour qui avait commencé en 1970 où le MOMA (le musée d’art contemporain de New York) l’avait invité à présenter son deuxième film « L’angoisse du gardien de but au moment du pénalty ». Un voyage où Wim ne quitte pas New York, un voyage qui tombait dans une époque où l’Amérique servait de terre de substitution à des Allemands qui ne demandaient qu’à faire table rase du passé. 1978 : le cinéaste s’installe à San Francisco. Et quand « Paris Texas » sort, il parle de ce film comme un « adieu à l’Amérique » Il reviendra s’installer en Europe.

Ses films ne parleront pas du passé mais du présent, de l’avenir et de la disparition de l’humanisme européen. Toute l’œuvre du cinéaste allemand n’est que dualismes : photos-histoire, noir-blanc-couleur, réalité-fiction ; autant de tiraillements pour cet homme y compris dans sa vie personnelle. Son film « L’état des choses », sorti en 1981, raconte l’histoire d’une équipe de cinéma qui tourne un film de science fiction, mais le producteur disparaît sans laisser un centime. Le tournage arrêté laisse la place à l’attente. Voilà un film qui regroupe nombre des préoccupations de Wenders : différence entre hommes et femmes, solitude de l’être humain, intimité du sommeil, vitalité des enfants, miroirs et fenêtres et bien sûr les prises de vues Polaroid. On retrouve le thème des enfants dans d’autres de ses films comme « Alice dans les villes » (1973) où des enfants ramènent des adultes à la raison, à l’essentiel. Les enfants apparaissent toujours, fut ce dans des petits rôles. Tout comme dans « The end of violence » (1997) où la fille d’une femme de ménage sud-américaine explique le monde aux deux personnages masculins. Deux hommes agités, sans repos et sans patrie, étrangers à eux-mêmes autant qu’aux autres (et l’on revient sur la solitude…) à la recherche de la vérité et de la connaissance autant que d’eux-mêmes. Et ce n’est pas un hasard si dans l’œuvre de Wim on trouve des road-movies et tant d’êtres en chemin (la plupart du temps des hommes solitaires). Wenders déclarait en 1982 : « Les mouvements sont toujours aussi fascinants pour moi. C’est exact : je fais beaucoup de prises de vues mobiles, de parcours. Et j’espère toujours faire un film avec seulement deux prises de vues mobiles…. »
En 1987 sort « Les ailes du désir », film au potentiel émotif et métaphysique intense. Outre des merveilleuses prises de vues aériennes de Berlin (ce que voit l’Ange Damiel, joué par Bruno Ganz), Wenders nous raconte justement l’histoire de ces anges invisibles pour les humains et qui sont pourtant au milieu d’eux. Damiel tombe alors amoureux d’une trapéziste et veut alors devenir humain et il y parvient. Et il découvre alors de nouvelles impressions et de nouvelles sensations. Film d’une pure poésie en même temps qu’une fantastique déclaration d’amour à la vie, seuls les enfants peuvent y voir les anges. Et ces enfants sont pour le cinéaste ceux qui posent les questions métaphysiques : quand l’enfant était enfant il ne le savait pas. Et pourquoi suis-je moi et pas toi ? Pourquoi suis-je ici et pas là ? Quand commence le temps et où finit l’espace ?.... Son film le plus connu du grand public est sans doute la Palme d’or du festival de Cannes en 1984 : « Paris Texas ». Tourné aux Etats-Unis mais en tant que production européenne l’affaire ne sera pas simple : exclu de la Director’s Guilde de Los Angeles parce qu’il ne tourne pas avec une équipe issue d’un syndicat américain (il essaiera de nouveau une collaboration américaine avec « The end of violence »), et en Allemagne controverse avec la maison d’édition Film Auteurs (dont il est membre fondateur en 1971, sorte d’association de réalisateurs à l’allemande) et se fait interdire de collaboration avec des maisons de productions, ce qui fait qu’au final le film ne sortira outre Rhin qu’en 1985. C’est après ce film que Wenders aura sa propre maison de production qu’il appellera…Road Movies productions (tout sauf un hasard), et recevra quelques distinctions extra cinématographiques comme un titre de docteur honoris causa de la Sorbonne en 1989 et la croix fédérale du mérite l’année suivante. Pour en revenir au film « Paris Texas » nous voilà encore en plein mouvement, en plein road movie. Une œuvre grandiose de beauté, de rayonnement avec une densité de prises de vues étonnante et une musique envoutante de Ry Cooder (qu’il retrouvera à l’occasion de « Buena Vista Social Club » en 1998) : tout pour rendre ce long métrage fascinant à en perdre haleine. Le scénario est simple, écrit par Sam Shepard. Après quatre années d’absence, un homme amnésique et muet réapparait au Texas. Sa famille le croyait mort et l’homme va essayer de recoller les morceaux de sa vie : un fils de huit ans élevé par son oncle et sa femme partie travailler dans un peepshow de Houston…. Avec ce long métrage Wenders réalise un de ses rêves, tourner dans les décors mythiques et grandioses du western. On retrouve les thèmes chers au cinéaste allemand, que ce soit l’errance, le mystère ou l’amour filial. Wenders tourne son road movie dans cet ouest américain auquel il avait déjà consacré un livre de photos une dizaine d’années auparavant et qui s’intitule « Written in the west ». Un film qui commence dans un paysage lunaire, en plein Texas. Un faucon se pose sur un rocher et le spectateur entre dans le film, puis cet oiseau regarde un homme marcher dans le désert : caméra subjective, on voit les images à travers les yeux de l’aigle qui deviennent ceux du spectateurs. Et en l’occurrence on voit un homme avec une vieille casquette rouge, un costume de ville et une barbe de plusieurs jours. Et l’on veut savoir : que fais cet homme ainsi accoutré dans ce décor là ? Et de vieux panneaux publicitaires américains en graffitis en passant par des carcasses de voitures rouillées le film va revisiter un passé déchu.

Les années 2000 se placent pour Wenders sous le signe de la distanciation. Dans le traitement des sujets tout comme dans le contact avec le public qu'il peine à convaincre. Les thématiques du cinéaste (l'Amérique) sont toujours présentes, mais ce dernier tend à se laisser déborder par ses penchants innés. Sa poésie tire sur la naïveté vaine (The Million dollar Hotel) et son sens de l'observation verse dans le sentencieux et la contemplation purement esthétique (Land of plenty). Le manque d'épaisseur des scripts laisse surtout présumer que Wenders est en crise d'écriture ou du moins immobilisé dans un stade transitoire.

Quoi qu'il en soit, Wim Wenders est de retour sur la Croisette cannoise pour le 58e festival où il vient présenter Don't come knocking dans lequel on retrouve Jessica Lange, Tim Roth et Sam Shepard, le scénariste de « Paris Texas ». Un Wim retrouvé ?

Olivier


 
 
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