David Lynch, Lion d'or et Palme d'or, n'a pas tourné de long métrage depuis 2006. Une longue absence. Heureusement il nous a offert une suite à Twin peaks pour la télé. Et on peut voir ses photos fétéchistes dans l'exposition de Louboutin au Palais de la Porte dorée. Il vient aussi de terminer un court métrage. Elephant Man ressort cette semaine en salles.



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Hollywood l'a surnommée "The Look", tant il est vrai que son regard bleu profond a hypnotisé des générations de cinéphiles. Née Betty Joan Perske le 16 septembre 1924 à New York City, Lauren Bacall est de la même génération qu' Ava Gardner (1922) et Marilyn Monroe (1926), deux déesses de l'écran dont la sensualité animale a enflammé les désirs masculins dans les années cinquante. Mais, tandis qu'Ava et Marilyn ont du connaître quelques années de galère et de petits rôles avant d'accéder au panthéon du septième art, Lauren Bacall n'eut besoin que d'un film pour devenir une star. Par la grâce d'une couverture du magazine Harper's Bazaar qui la fit taper dans l'oeil de l'épouse d'Howard Hawks, la jeune Betty Perske est engagée par le célèbre metteur en scène qui la propulse sous le feu des projecteurs. Lauren Bacall a tout juste 20 ans quand elle crève littéralement la toile. Avec Le port de l'angoisse (1945), la messe est déjà dite et son destin scellé. A la fois sophistiquée et féline, elle provoque Humphrey Bogart, assez vieux pour être son père, qui s'entraîne à la siffler lorsqu'elle lui dit, dans une scène inoubliable de ce bijou du film noir : "Si vous avez besoin de moi, vous n'avez qu'à siffler. Vous savez siffler, Steve ? Vous rapprochez vos lèvres comme ça et vous soufflez !".




Bogie le dur est conquis. Ils ne se quitteront plus jusqu'à ce que la mort, douze ans plus tard, les sépare. Couple atypique, couple mythique.
Howard Hawks les réunit à nouveau en 1946 dans Le Grand Sommeil, magistrale adaptation du roman éponyme de Raymond Chandler (à laquelle participe William Faulkner). Sensuelle et aguichante, Lauren Bacall donne au personnage de Vivian une ambiguïté érotique et féline, face à Bogart qui campe un Philip Marlowe cynique et presque féroce.
En 1947, le couple se retrouve pour la troisième fois devant les caméras. Dans Les Passagers de la Nuit de Delmer Daves, éblouissante transposition du thème de l'homme traqué dans un San Francisco de légende, Lauren Bacall, à son meilleur, confirme qu'elle est bien la plus troublante des vamps de l'immédiat après-guerre.
En 1948, c' est John Huston qui place le couple Bacall-Bogart au coeur d'une distribution prestigieuse comprenant Lionel Barrymore, Edward G. Robinson et Claire Trevor dans le célèbre Key Largo . Après ce quatrième et dernier film avec Humphrey Bogart, c'est le rôle de mère qu'˜endosse Lauren Bacall, à la plus grande joie de son mari. Stephen né en 1949 et Leslie en 1952. Dès lors, elle tourne avec parcimonie, mais avec les plus grands noms du cinéma. En 1950, Michael Curtiz lui offre des partenaires de premier choix : Gary Cooper dans Le Roi du Tabac et Kirk Douglas dans La Femme aux Chimères. Quand elle n'est pas enfermée avec Bogart dans une paisible solitude amoureuse au sein d'un foyer discret et peu mondain, Lauren Bacall promène son élégance dans des films qui fleurent bon l'Amérique des années cinquante. Dans Comment épouser un millionnaire (Jean Negulesco, 1953), elle est l'âme d'un savoureux trio de coureuses de dot qui comprend Marilyn Monroe et Betty Grable. Le maître du mélo flamboyant, Douglas Sirk, la caste dans Ecrit sur du vent (1956), et le grand Vincente Minnelli, séduit par the Look, la fait tourner deux fois : au côté de Richard Widmark dans La Toile d'araignée (1955) et de Gregory Peck dans La Femme Modèle (1957).
La mort d'Humphrey Bogart, le 14 janvier 1957, fait entrer une éclipse dans sa vie. Lauren Bacall quitte la Californie et regagne son New York natal. A la fin des années soixante, loin de Hollywood, elle entame une deuxième¨me carrière au théâtre et connaît une nouvelle gloire. Après Fleurs de Cactus, elle triomphe dans Applause, une comédie musicale inspirée de Eve de Joseph L. Mankiewicz dans laquelle elle reprend le rôle de Margo Channing que tenait son idole Bette Davis. Pour son interprétation, elle reçoit le Tony Award de la meilleure actrice dans une comédie musicale.
Elle effectue un bref come-back au cinéma dans les années soixante-dix : étrange et inquiétante dans Le Crime de l'Orient Express (1974) de Sidney Lumet, elle donne la réplique à John Wayne dans ce qui fut le chant du cygne du Duke (Le Dernier des Géants, 1976).
Toujours active, Lauren Bacall revient au premier plan dans les années 90 : avec Misery de Rob Reiner (1990), Prêt-à-porter de Robert Altman (1994) ou encore Leçons de séduction de Barbra Streisand (1996). Habituée de Deauville, elle change de rivage et vient poser cette année ses valises à Cannes pour défendre Manderlay de Lars Von Trier, dans lequel elle reprend le rôle de "Mam" qu'elle a déjà tenu dans Dogville (2002). L'évènement coïncide avec la nouvelle sortie, début mai 2005, de son autobiographie sobrement intitulée Seule. Nul doute que le l'occasion lui sera donnée de faire entendre son merveilleux franc-parler. Peut-être répètera-t-elle une fois encore à des journalistes en manque d'inspiration qu'elle ne se considère pas comme une légende, car, dit-elle : "une légende ne vit pas au présent".
Pourquoi aime-t-on Lauren Bacall ? Parce qu'au-delà du mythe et de la dernière star qui a connu l'âge d'or hollywoodien, il y a Betty, une femme naturelle et authentique, amoureuse de la France où elle vit une partie de l'année. C'est l'amie des bouquinistes des quais de Seine, et quelquefois, si vous avez de la chance, vous pouvez apercevoir cette grande dame promener sa silhouette sur le boulevard Saint Germain et la rue du Bac.

Zanzi


 
 
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