Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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ESPRIT DE FEMME





En interprétant Carrie Bradshaw, le rôle titre de la série Sex & the City, Sarah Jessica Parker, alias « SJP », est devenue, en quelques années l’icône d’une nouvelle génération de femmes : romantiques, émancipées, indépendantes et séductrices. Une jeune femme qui vit ses envies tout en tentant d’appréhender la complexité du monde et des rapports aux autres. Sex & the City reflétait une nouvelle vision de la vie et des relations sociales / sexuelles / hommes-femmes dans une grande métropole urbaine.

Lorsque l’on débute à l’âge de 8 ans dans l’émission télévisée "The Little Match Girl", les caméras ne font pas peur. C’est peut-être ce qui explique le jeu naturel et spontané de Sarah Jessica Parker. Elle a grandit sur les plateaux de télé, de cinéma et sur la scène mais aussi dans les salles de répétition de danse de l’American Ballet et de chant au Metropolitan Opera. En partageant sa vie avec l’acteur Matthew Broderick (Ferris Bueller, Godzilla, The Producers), SJP ne quitte même pas le monde dans sa vie personnelle.

Célèbre pour son amour des chaussures (les souliers du créateur new-yorkais Manolo Blahnik) et des vêtements (de Vivienne Westwood à Oscar de la Renta en passant par Sonia Rykiel ou Prada), Sarah Jessica Parker s’est hissée au rang d’icône de mode (bien promue par les couvertures des magazines les plus chics). Elle a osé une nouvelle silhouette, mêlant sophistication et décontraction. SJP a rompu avec l’allure stricte new-yorkaise tout en gardant l’élégance. Elle a ainsi mixé jeans et veste en tweed cintrée le jour, tout en sortant en robe longue aux galas et grandes premières. Mannequin nouvelle génération.

A l’heure où les peoples font vendre (c’est du moins ce que l’on prétend !), les Vogue, Harper’s Bazaar et Elle du monde entier ont mis SJP dans toutes les situations pour illustrer les tendances de la mode : Sarah Jessica Parker en jean, Sarah Jessica Parker en robe 50’s, Sarah Jessica Parker avec des bottes de montagne, les cheveux de Sarah Jessica Parker,… La styliste de Sex & the City, Patricia Fields, était alors chouchoutée par toutes les maisons qui voulaient placer leurs produits dans la série. La consécration suprême était lorsque SJP les portait. Le géant américain GAP, la référence d’un sportswear mode et jeune, ne s’y s’est pas trompé en la prenant comme égérie de l’hiver dernier. Mais où est l’actrice dans cette univers de mode? Ne serait-elle devenue qu’une starlette fashionista???

C’est oublié un peu vite que Madame Broderick a une vingtaine de films au compteur depuis 1983. Flashdance la met sur orbite. Comédie musicale kitsche et culte des années 80. Elle enchaine avec de nombreux seconds rôles dans des drames un peu médiocres. Et les comédies ne volent pas plus haut. Des produits pour nourrir les futurs créneaux du samedi soir des chaînes du câble. Au point de foaliser sur des téléfilms durant cinq ans plutôt que de se dilluer dans la machine hollywoodienne. Elle aborde donc un second départ cinématographique avec L.A. Story, film méconnu de Steve Martin, et néanmoins l’une des meilleures comédies de ces années là. Les films suivants ont plus d’ampleur et d’ambition : Honeymoon in Vegas, avec Nicolas Cage et James Caan, en fait même une des “blondes” du moment. Sorcière aux côtés de Bette Midler, flic auprès de Bruce Willis, ... de beaux projets, de grands fiascos. En 1994, elle croise le chemin de Tim Burton. Rien que ça. Il n’y a pas de hasards aux itinéraires chanceux. Elle incarne Dolores Fuller, actrice et chanteuse, dans le magnifique Ed Wood. Principal rôle féminin dans un film d’auteur toujours réputé. Voilà qui augure mieux pour sa carrière. Hélas aucun des films suivants ne prolonge cet état de grâce fugace. Certes, elle devient tête d’affiche mais aucun de ses choix ne devient le succès nécessaire pour en faire une star. Pas faute de varier les styles : comédie, drame, policier... Elle reste une vedette du petit écran. Et de la scène puisque Broadway en fait l’une de ses vedettes récurrentes (c’est d’ailleurs là qu’elle rencontrera son mari, en jouant dans une comédie musicale). 1996 restera l’année charnière. Cumulant succès sur les planches et second rôle dans l’un des plus gros hit d’Hollywood, The First Wives Club, avec Bette Midler (déjà croisée) et Diane Keaton (qu’elle retrouvera dans quelques années). Dans le thriller Extreme Measures elle donne la réplique à Gene Hackman et Hugh Grant (deuxième film qu’elle tourne avec Michael Apted). Surtout, elle participe à la farce folle de Tim Burton, Mars Attacks!, où elle en perd la tête, prend un cop de chien (sic!) et se fait draguer par Brosnan. En présentatrice superficielle de tévé, elle cartoone. Fantaisiste en diable, elle n’hésite jamais à jouer avec son image, à la mode comme à l’écran. Mais le triomphe de Sex & the City freine son ascension et laisse d’autres actrices prendre sa place. Une comédie ratée avec Brendan Fraser ou un David Mamet trop obscur pour séduire ne la tenteront pas plus de déménager à Hollywood.

Derrière la douce et charmante jeune femme se cache une femme d’affaires avisée : productrice de quelques épisodes de Sex & the City, campagnes de publicité, présence dans les talk-shows, livres, fragrance… Sarah Jessica Parker sait qu’elle fait vendre et le fait payer cher, très cher. Elle serait la femme la plus riche de New York avec 30 millions de $ de revenus en 2004, loin devant le mannequin Gisèle Bundchen (Madame Leonardo di Caprio) qui ne gagne que 12.7 millions de $ ou l’actrice Nicole Kidman avec ses 12.3 millions de $ de revenus. L’un des premiers produits griffés Sarah Jessica Parker est le parfum « Lovely » (à base de martini pomme, orchidée crémeuse, bois sensuels et ambre blanche) sorti avec succès il y a quelques mois aux Etats-Unis. Mais contrairement à des Gwen Stefani ou J-Lo, elle n’envisage pas, pour l’instant, de lancer de ligne de prêt-à-porter.

Elle n’en a pas besoin puisque désormais elle vise, enfin, le grand écran, avec sérieux. Une série de comédies annoncées ou filmées. Dans Esprit de famille (Family Stone), elle touche juste en new yorkaise coincée et prude. Le film fonctionne bien. Et prouve que SJP n’est pas qu’une gravure de mode ou une business women branchée. L’actrice adore s’amuser à déjouer les apparences et jouer avec sa réputation...

serge wintour


 
 
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