Jean Dujardin n'en a pas terminé avec les films populaires (il sera bientôt dans un nouveau OSS 117) mais ces derniers temps, il opte aussi pour des chemins de traverse plus audacieux. Après le duo Kervern/Delépine, le voici à l'affiche du déjanté Le Daim de Quentin Dupieux,où il habite littéralement son rôle. On le retrouvera à la fin de l'année chez Polanski dans J'accuse.



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LECONTE DE FEE





Fragiles et vulnérables,ses personnages sont murés dans la solitude. Le titre de son premier film le disait déjà, caricaturalement : Les vécés étaient fermés de l'intérieur (1976) ! Et qui sont Les Bronzés (1978), sinon des solitaires en quête de l'âme soeur qui les accepte, ne serait-ce que le temps des vacances, comme ils sont, toujours trop - grand, gros, petit, chauve - ou pas assez - riche, beau, bien dans sa peau - mais rien moins que des héros? Des solitaires qui n'ont même pas un "chez soi" : Viens chez moi, j'habite chez une copine (1981), Tandem (1987), Confidences trop intimes (2004) ; ni un amant, une maîtresse, un compagnon sur la chaude présence desquels ils puissent compter : Ma femme s'appelle reviens (1982), La veuve de Saint Pierre (2000), L'homme du train (2002)

Jusqu'à Tandem, Patrice Leconte, cinéaste "léger", invitait le spectateur à sourire de ses inadaptés qui, prenant les devants, se moquaient de leur solitude pour chasser l'idée du suicide. Avec Monsieur Hire (1989), le petit tailleur terrassé par la trahison de sa bien-aimée, il prouve, magistralement, qu'il est aussi un cinéaste tragique. Le mari de la coiffeuse, (1990), confirme cet aspect. Tout en flirtant avec l'allégorie, l'onirisme, la fantaisie mélancolique et mélodramatique (La fille sur le pont étant son plus beau film).

Patrice Leconte nous a permis de retrouver deux grandes figures du Cinéma français, à savoir Alain Delon et Jean-Paul Belmondo, avec Une chance sur deux, dont le scénario fut écrit par Serge Frydman, spécialiste des répliques qui tuent. Il faut croire qu'il aime son écriture puisqu'il est également l'auteur de trois autres films de Leconte: Les Grands Ducs, La Fille sur le pont, Rue des Plaisirs. Il enrôle Paradis, Gainsbourg, Casta... Il affronte Hallyday, Luchini, Kusturica... Il aime les duos étranges, les histoires de paradoxe, les décalages narratifs. Si en France, il est boudé par la critique, à l'étranger son succès est continuel.

Il tourne au moins un film par an, ne souhaite finalement que des happy end, des retrouvailles, des coeurs qui battent, des acteurs plus grands que l'écran qui disent des mots toujours plus beaux. Ses films naissent d'images, de cartes postales, de désirs rangés dans un titroir d'un coin de sa tête...
Il colle une musique qu'il aime sur un pays qu'il découvre (Dogora) ou mélange fête foraine et villes sordides. Mais Leconte est-il encore capable de simplement s'amuser? L'échec des Grands ducs et d'Une chance sur deux démontre que son public est plus poète que comique. Entre Audiard (père) et Blier, Leconte a trouvé sa place avec sa dérision, ses angoisses et sa boulimie de travail. Sera-t-il capable de ressusciter l'esprit des Bronzés?
D'autant que son plus grand film, dialogues, acteurs et réalisation inclues, est bien celui qui fit l'ouverture de Cannes : Ridicule. Toute sa sensualité, son humour et son esthétisme ont prouvé que ce cinéaste de cour n'avait rien perdu de son impertinence. Leconte devra quand même attendre ses vieux jours pour recevoir les honneurs qu'il mérite.

chris, vincy


 
 
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