Angelina Jolie revient plus "maléfique", charismatique, magnétique que jamais. Quatre ans qu'on ne l'avait pas vue au cinéma (et encore Vue sur mer n'a été vu par personne). Donc cinq ans après son dernier succès, le premier Maléfique, la star de Guerlain a enchainé ses derniers mois les tournages chez Disney: Come Away (d'après Peter Pan) et le prochain Marcel, Les Eternels. On la verra aussi dans un thriller-western d'époque assez dark, Those Who Wish Me Dead.



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© Jean-Luc Benazet   







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TENDRE TRUBLION





Un regard bleu profond, un sourire charmeur, des belles boucles clairesŠ et des mimiques désopilantes ! Will Ferrell, grand gaillard dépassant le mètre 90, est considéré outre Atlantique comme l'un des plus grands acteurs de « physical comedies ». Tout juste quadra, il peine malgré tout à se faire connaître hors de ses frontières. N'est pas Jim Carrey qui veut.

Né dans une banlieue conservatrice et sans intérêt de Los Angeles, Will devient vite le clown de la classe. Un clown « consciencieux », comme il se plaît à préciser, qui connaissait les limites à ne pas dépasser pour ne pas atterrir chez le directeur. Très vite, faire rire devient un besoin. Il échoue misérablement lors de son premier « stand up » dans un bar country. La foule le siffle, lui reproche son humour incompréhensible. Inébranlable et plus déterminé que jamais, le jeune comique décide qu'il est temps de quitter sa ville natale. Il tente sa chance à la Cité des anges. Autre bide. Il finit par faire ses études à la University of Southern California où il obtient un diplôme en information sportive. Ca ne s'invente pas. Après une brève expérience en tant que commentateur sportif pour le câble, Will suit des cours de comédie et d'improvisation.

Un an plus tard, il intègre la troupe comique d'improvisation The Groundlings. C'est alors que le producteur Lorne Michaels, à la recherche de nouveaux talents, engage Ferrell sur le légendaire Saturday Night Live. Après quelques années de galère, à l'instar de Jim Carrey et de Mike Myers, l'humoriste devient le pillier de l'émission, de 1995 à 2002. Il séduit le petit écran par ses imitations guignolesques de Sean Connery à Bill Cosby en passant par George W. Bush. Ses personnages haut en couleur tels Craig le pom-pom boy ou Tom Wilkins, l'animateur hyperactif du « Morning Latte » restent dans les annales cathodiques. Son travail lui vaut alors deux citations à l'Emmy Award en 2001, pour la meilleure interprétation individuelle et pour le meilleur scénario dans une émission de variété. Son physique passe-partout le rend sympathique aux yeux de tous.

Le cinéma lui fait donc de l'oeil. On le croise dans la saga Austin Powers dans le rôle de Mustafa, l'un des hommes de main (ou souffre-douleur) du Dr Denfer. En 1999, il occuppe la tête d'affiche de Nuit au Roxbury, un fil de John Fortenberry qu'il a coécrit.
Jusque là il avait été choisi davantage pour sa réputation à la télévision que pour ses performances d'acteur. Il avait participé à de nombreux sitcoms (Grace under fire, King of the Hill, Family Guy) en guise de caméos. Le cinéma avait été assez ingrat avec une dose de films de vidéo-clubs. Il incarne ainsi Bob Woodward dans une comédie décalée sur le Watergate (avec Kirsten Dunst), seul film de cette époque, sur le papier, à peu près intéressant à regarder. Pas mal de "ses" oeuvres (comme Superstar) ne sont que des produits dérivés du Saturday Night Live, hilarants et stupides, mais plus proches de National Lampoon que des blockbusters hollywoodiens. Sinon, il joue les seconds rôles ou les figurants de passage. Il devient ainsi directeur d'un service funéraire, un homo refoulé, un Marshal de parc naturel, ... Faire valoir comique pour films pas forcément drôles.

Avec Old School et Elf, il prend un peu des épaules. En pote assagit de Luke Wilson et Vince Vaughn, il se la pète profil bas : "On va passer un chouette samedi, on va aller à Home Depot pour acheter du papier peint, peut être du plancher, des trucs comme ça. Peut-être des choses pour la chambre, la salle de bain, et même au delà... Je ne sais pas si nous aurons assez de temps pour ça." Il amène alors quelques nuances à son jeu burlesque calqué sur un physique qui lui appartient : une stature massif surmontée d’une face candide qui appelle tous les décalages de situations et les contre emplois imaginables. Old School rapporte 75 millions de $, et le formaté et mièvre Elf cartonne au delà des espérances avec un box office à 175 millions de $. La fable de Noël semble taillée sur mesure pour permettre à Ferrell de marquer les esprits en donnant dans le contraste drôle bien que facile : un grand dadais avec la cervelle d’un marmot perdu au milieu de nains, dont l’épatant Peter Dinklage. Le voici propulsé dans la sphère des stars comiques américaines. Les studios sont toujours en quête d'un Eddie Murphy ou d'un Chevy Chase (dont Ferrel serait une sorte de version néanderthalienne surdimensionnée).

C'est au contact de ses amis Ben Stiller et Owen Wilson que son humour fait mouche. Tour à tour styliste déjanté dans le délirant Zoolander ou prisonnier obsédé par les bedaines dans Starsky et Hutch, l'acteur fait du ridicule son credo. Il aurait fait fureur aux temps du muet. Aimant se farder, il adopte un look ultra seventies pour camper Ron Burgundy, présentateur vedette de journal télévisé dans le film d'Adam McKay qu'il a coscénarisé. Il y prouve un certain génie de l'improvisation (chaque scène comportait une vingtaine de prises différentes). Dans ce rôle de macho en pleine période féministe, il a su puiser dans son expérience de commentateur sportif. Evidemment le film, qui marche plutôt bien en salles, est un énorme délire dans le genre : quoi penser d'autres quand le protagoniste prend son chien pour Bouddha, et que son égo mégalo en fait un excentrique parodiant avec jouissance les horribles seventies.

En 2005, Woody Allen lui réserve la partie comique d'un de ses crus moyens, Melinda et Melinda. Ferrell prend plaisir à incarner Hobie, « le personnage le plus réaliste » qu'il ait eu à interpréter. Pour un fois, l'acteur joue sobrement : « pas besoin de costumes grotesques, l'humour est déjà dans le contexte du récit ». La même année, il partage la vedette avec Nicole Kidman dans l'adaptation de Ma Sorcière bien aimée. Travailleur acharné, l'acteur sait se montrer, au dire de sa partenaire, « généreux et à l'écoute ». Il reconnaît : « En comédie, on tâtonne pas mal avant d'arriver à ce qu'on veut ». Les deux films sont des fiascos dans leur catégorie. Ils démontrent, cependant, la volonté de Ferrell de "tâtonner" dans divers styles. Il se laisse malgré tout, trop facilement vampiriser par ses partenaires féminines, à l'image de son personnage de comédien has been dans Ma Sorcière bien aimée, qui se fait voler la vedette par l'inconnue Kidman. Il y a cependant toujours cette part de romantisme qu'il affectionne dans ces films mais hors contexte délirant, l’acteur tend à perdre en saveur. En tirant sur le dramatique pour Winter Passing, Ferrell marque carrément le pas. Il y a une limite au talent du bonhomme et son génie de l’interprétation ne s’exprime que lorsque celui-ci est au service du rire.

Hélas, la recette sport et amour, gag et amour, star et amour, ne suffit pas à faire perdurer sa bonne cote. Kicking & Screaming (au script trop téléphoné) et surtout The Producers ne touchent absolument pas le public. La comédie musicale de Mel Brooks, gros carton à Broadway, est un des pires flops de l'année. Ce qui ne retire rien à son monstrueux talent dans le film, assumant pleinement les travers extrémistes douteux du teuton nostalgique qu’il incarne.

Il enchaînera alors avec des films très différents. Talladega Nights, qui risque de ne jamais sortir en France, raconte l'histoire d'un pilote automobile. Comédie sportive, et gros carton de l'été, faisant mieux que Mission Impossible III. Humour très gras mais script efficace pour les fans. Le film a réussit à se monter malgré son budget imposant sur un pitch en six mots : "Will Ferrell en pilote de la Nascar." Attention cependant, face au très désinhibé Sacha Baron Cohen (triomphant la même année avec Borat), le clown américain peine à tenir la dragée haute sur le circuit. La force tranquille de son humour diesel mobilise de la piste pour s’envoler et se retrouve très vite parasitée par les turbulences trop marquées (ou trop inspirées) de l’agité anglais. Plus intéressant sa participation au projet insolite L'incroyable destin d'Harold Crick, de Marc Forster, dans la peau d'un fonctionnaire solitaire qui perd d'un seul coup le contrôle de son existence en devenant malgré lui le héros d'un roman. Pour son premier grand rôle dramatique, le comédien avoue avoir eu quelques difficultés à jouer des scènes le plus naturellement possible. « Mon personnage est plus réservé, plus calme que mes personnages précédents. Il est bien plus compliqué de jouer vrai que de forcer le trait ». ce coup-ci ce sont les critiques qui s'emballent. Il reçoit une nomination aux Golden Globes et il vient d'être nommé « Homme de l'année » pour ses talents comiques par le magazine masculin GQ. Typiquement dans la cible : l'hétéro qui joue non pas aux héros mais plutôt au sportif, prolo, monsieur tout le monde, tout en faisant rire. Le mec qu'on veut absolument à son mariage pour détendre l'atmosphère. Lui même est marié depuis des années à une jolie Suédoise, papa de deux gamins. Le mec sans histoire qui aime nous en raconter. On se dit même qu'il doit avoir un don musical vu ses gènes (son père était clavier dans le groupe The Righteous Brothers, groupe de variété des années 60). Il préfère courir le marathon avec bobone.

Un air ahuri, une apparence ordinaire de wasp bon vivant, des grimaces effarantes, un sens du théâtral et une volonté de fer… Will Ferrell a non seulement réussi sa transition du petit au grand écran mais compte désormais parmi la nouvelle génération comique américaine. Première l'a placé dans son top 50 des personnes les plus influentes d'Hollywood depuis 3 ans. Parce que lui a échoué dans le "stand-up" il a su se construire une autre forme d'humour, mélange d'impro intellectuelles et de personnages très bien écrits et pas si caricaturaux. Polymorphe et passe-partout, il est champion des timides, des maladroits, des embarrassés ou au contraire des excessifs. Ses cachets à 20 millions de $ lui accorderont le privilège de la priorité VIP pour retenir les projets les plus en phase avec ses penchants régressifs favoris (prochainement il exercera sa dérision pince sans rire en patineur artistique kitsch aux côtés de Napoleon Dynamite… assurément dans ses cordes)

Il n'a pas de secrets. Pas de parents qui le battaient, au contraire. Pas de violence là où il vivait. "La comédie est peut-être juste une réaction à cet environnement trop sécure, trop sage, trop ennuyeux." Il n'est pas exhibitionniste, mais il adore se déguiser outrageusement. Quelque part entre l'humour anglais où les travestissements sont une forme de quête identitaire et la provocation américaine, où le graveleux est une conjuration des tabous chrétiens. Là réside peut-être la personnalité de Will Ferrell, homme ordinaire qui aime interpréter des destins extraordinaires. Spectateur qui se marre devant Le sens de la vie des Monthy Python. Et qui vénère Patton par la même occasion.

Laëtitia, Vincy, PETSSSsss


 
 
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