Matt Damon est une star complète. l'un des rares à pouvoir rivaliser avec Di Caprio, Pitt ou encore Washington, sans avoir à être un super-héros. Un film avec Damon c'est presque un film de Damon. Un truc à l'ancienne. le Mans 66 est de cette trempe. Doté d'un solide second-degré, il reste malgré tout très soucieux de ses choix. L'an prochain on le verra dans un Ridley Scott, The Last Duel, qu'il a coécrit avec Ben Affleck et un thriller de Tom McCarthy, coécrit par le français Thomas Bidegain.



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QUESTION DE VOLUME





Fille de flic et pourtant ! Au milieu des années 90, Queen Latifah défrayait les chroniques rubriques faits divers : on l’a coincée en train de se jeter sur un photographe, de détenir dune arme et du shit... Dana Owens (son vrai nom, forcément moins exotique que le pseudo) n’était pas destinée à devenir la Reine du Hip-hop. Et plus encore : musicienne, actrice tout écrans, présidente de maison de disques, auteure, business woman, elle est la première rappeuse à recevoir son étoile sur le Hollywood Walk of Fame. Avec Will Smith, elle est la seule artiste de hip-hop à être nommé à un Oscar d’interprétation. Rappeuse respectée dès 1989 ("All Hail the Queen"), deux fois disque d’or, elle fait partie des quelques femmes à avoir transformé le visage du rap. Flirtant avec le R&B, elle a récolté un Grammy awards de la meilleure prestation rap solo en 1994. Un bel entraînement pour faire briller sa voix dans on plus gros hit, un cartoon en 3D où elle barytonne sa voix de mammouth.

Latifah signifie en arabe « gentille » ou encore « délicate et sensible ». Un cousin lui aurait donné ce surnom. Pourtant en voyant sa Mama Morton dans le consensuel Chicago (c'est sa collègue Zeta-Jones lui a chipé l’Oscar du meilleur second-rôle), on aurait plutôt dit mastodonte et déterminée. Dans le coloré Hairspray, des mêmes producteurs que Chicago, elle joue de sa prestance, affirme son charisme. Avec ses airs de Mama généreuse, et en assumant bien ses formes, Latifah a presque trop de personnalités pour le grand écran. Bigger than life, elle doit convaincre aussi qu'elle peut faire autre chose que de bousculer les murs.

En dehors des comédies musicales, elle joue dans des comédies formatées : remakes non exportables (New York Taxi, Beauty Shop, Vacances sur ordonnances), scénarii téléphonés (Bronx à Bel Air) et parfois rôle plus sensible (L'incroyable destin de Harold Crick où elle est assiste tout en sobriété Emma Thompson, auteure angoissée). Rien n’est venu soudainement. Elle a débuté au cinéma très peu de temps après son envol en musique : elle compte plus de 15 ans de carrière puisque Spike Lee lui offrit son premier rôle en 1991 dans Jungle Fever. On l'a vue dans Le Prix à payer, D'une vie à l'autre, Bone Collector, Brown Sugar. Drames, thriller, mélo ethnique. Des seconds rôles où son physique avait autant de poids à l’image que ses répliques. Infirmière ou gratte-papier, défendant la cause afro-américaine ou commerçante, elle mène sa barque. Un orteil après l'autre, elle avance. Mais au fil des années, la Reine s’assagit, à l’image de son dernier album prend racine dans le jazz ou de sa prochaine galette, reprenant des standards. Une conséquence de sa réduction chirurgicale de sa poitrine ? Elle reste une grande gueule et continue de défendre des causes comme le mariage homosexuel. Les rumeurs ont souvent évoqué son lesbiannisme, surtout après son rôle marquant de femme à femmes dans Set it off.

Elle assume fermement sa position de femme forte. Même ses chansons affirment que « l’amour est un combat », que « tu dois faire ton job », qu’ « elle sait ce qu’elle a supporté », ... Multimédia – elle a aussi animé un Talk Show et participé à une série Living Single -, la Queen a écrit un livre (Ladies First : Revelation of a Strong Woman). Toujours cette insistance sur le caractère, la fierté, la détermination.

Dirigeant Flavor Unit Entertainment (avec son associée Shakim Compere), société installée dans le New Jersey loin d’Hollywood, même a produit Bronx à Bel air, Beauty shop, mais The Cookout (traduit en mémorable Barbecue Party) et Life Support (pour la télé). Elle frôle ainsi le pire été le meilleur, l’ethnique et le grand public. Juste après sa nomination aux Oscars, elle a faillit recevoir une nomination aux razzie pour ses performances dans quelques désastreux navets qui se sont enchaîné (Barbershop 2, Cookout, Taxi). Parfois on a l'impression qu'elle ne se considère comme une marque commerciale, déclinable à l'infini, sur tous les supports, sans trop de distinction tant que le cash arrive. Au moins le cinéma la rémunère davantage que la musique.

Femme de caractère, entreprenante, libre, c’est peut-être finalement de sa mère, enseignante, qu’elle tient davantage. Ce sentiment d’être responsable, d’avoir à être pédagogique. A moins que ce ne soit la mort de son frère, policier décédé dans un accident de moto, qui lui rappelle combien la vie est courte. Elle porte la clef de la moto autour de son cou. Comme s’il s’agissait d’une clef vers un secret insondable, qui lui donne son énergie et sa foi. De quoi entretenir sa flamme en attendant le rôle charismatique qui la rendra star de cinéma...

vincy


 
 
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