Monia Chokri a longtemps été une des actrices du clan Xavier Dolan. Mais avec son premier long métrage La femme de mon frère, la québécoise, qui a reçu un coup de cœur du jury Un certain regard à Cannes, devient l’un des talents à suivre dans le cinéma canadien. A 36 ans, elle sera quand même à l’affiche des prochains films de Claire Devers et de Sandrine Dumas.



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Fellinionirique ou l’art de Federico Fellini





Malgré les critiques, les mauvaises paroles qui auront couru sur ses films tout au long de sa carrière, malgré les grandes épreuves qu’il a du traverser, Federico Fellini a marqué l’histoire du 7ème art. Aujourd’hui, il repose à côté de ses pairs. Et aujourd’hui, on admire encore ses œuvres. Des œuvres qui n’ont pas d’emprise sur le temps et qui traverseront sans peine les nombreux siècles à venir.

I. Une création absolue.

Fellini a toujours dit de lui « Je suis un grand menteur ». Et c’est en fait presque dans cette citation que se trouve l’essence, ou plutôt la clef de son art.
Si Fellini, dans le récit d’évènements, de souvenirs ou d’anecdotes, ne peut s’empêcher d’embellir les choses, c’est parce qu’il créé sans cesse. Les mots banal et trivial ne le touche pas.
C’était un homme extraordinaire à l’esprit extraordinaire et aux œuvres extraordinaires. Et c’est d’ailleurs pour cela que dans certains titres de ses films, se trouve son nom (ex : Fellini Roma). Il s’accapare des choses, les créé lui-même. Jamais Rome n’a été filmée comme lui l’a filmée et jamais les femmes ont été filmées comme lui l’a fait. Il a créé mille personnages dans sa carrière, mille lieux mais un seul monde, le sien.
On peut dire que Fellini est autant un penseur qu’il est un instinctif, il sait réfléchir profondément sur la nature du cinéma comme il sait diriger d’instinct une scène. Et en sa qualité de penseur, il a longuement réfléchi à ce que devait être le travail du cinéaste, à ce que devait être un artiste.
Un artiste est celui qui créé. Fellini n’a jamais cessé de créer tout au long de sa vie. Quand il réalise Amarcord, il tourne un film sur la province, sur Rimini (sa ville natale) mais les scènes du film, les images qu’il projette ne sont issues que de lui et ne s’inspirent jamais d’un quelconque évènement ou d’une quelconque réalité. Et c’est ce « talent spirituel » qui lui a permis de revisiter Rome, la province italienne, le cirque, les femmes, le cinéma, la télévision ainsi que les mythes romains.

II. Une création qui vient de la lumière.

Federico Fellini est un cinéaste type. Un homme qui ne vit que pour le cinéma, qui respire le cinéma, qui se lève et se couche avec lui.
Il ne ballade pas sa caméra pour capturer quelque beauté du monde ou de la nature, c’est à Cinecittà, dans le studio n°5 qu’il créé tout. Dans Et vogue le navire, il y a la mer, il y a des paquebots et pourtant, il n’est jamais allé filmer la mer et il n’a pas tourné sur un beauté. Tout fut recréé en studio, tout lui appartient.
Grâce à la lumière, qui est la Créatrice de tout effet, de tout sentiment et de toute émotion, il fabrique son image, son plan à la façon d’un artisan. Pas question pour lui de tricher. Il usera de tous les artifices que le cinéma possède pour donner vie à son monde. C’est pourquoi, même si La dolce vita et Huit et demi restent ses plus grands films, ses films en couleur possède une beauté inouïe. Satyricon tout particulièrement n’est égalé par aucun autre film.
Plaçant le film hors du temps, il lui confère une magie, un mystère et une noirceur qui n’est comparable à rien d’autre. Fellini se fait peintre, et chacun de ses plans est un tableau à exposer dans les plus prestigieux musées. Et d’ailleurs, ces films sont toujours des portraits, des voyages au cœur de l’homme, au cœur de la foule.
La foule et le voyage sont deux fondamentaux et récurrents dans son œuvre. En effet, chaque film de Fellini est un voyage (puisque que chacun de ses films ne possède pas réellement d’histoire, de scénario à proprement parler).
La dolce vita est un voyage, une errance dans tous les coins de Rome. Juliette des esprits est le voyage de Giulietta Masina dans son « moi » intérieur, tout comme La cité des femmes est le voyage de Mastroianni dans l’âme des femmes. Et vogue le navire est un voyage « concret » d’une bourgeoisie qui embarque un paquebot pour jeter les cendres d’une diva au bord d’une île, etc etc…
Et le thème de la foule parce que c’est comme cela que Fellini conçoit l’humanité, une vaste masse dans laquelle se concentre tous les types d’homme et de femme, toutes les réactions possibles. C’est au milieu de la foule, du bruit que l’homme existe pour Fellini. Ainsi, il met très souvent en scène des fêtes, des festins, des rassemblements, des manifestations ou autre.
Dans la foule, Fellini ressent à la fois la chaleur et la sauvagerie, la noirceur du monde.

III. Du chaos naît la vie.

Les films de Fellini déconcerte car le cinéaste à sa vision propre de la vie, une vision qui part du chaos, de la destruction pour arriver à la vie.
Fellini a toujours mis en scène des cauchemars, des catastrophes, des drames, des chaos dans ses films pour ensuite créer un basculement qui amène à la Renaissance. Il se complaît dans la fin du monde car cela suggère pour lui que des cendres, il y aura forcément une renaissance, un renouveau. Et c’est ce renouveau qui intéresse tout particulièrement Fellini.
Les catastrophes sont donc pour lui nécessaires, elles ne suggèrent pas obligatoirement un avenir obscur. Lorsqu’il voit l’arrivée d’une catastrophe, Fellini voit au-delà de la catastrophe, il voit la vie qui reprendra ses droits après cette dramatique destruction.
Ainsi, on peut qualifier Satyricon de « belle souillure », car malgré l’intense noirceur du film, il s’en dégage une joie palpable. De cette décadence, de ce déclin, Fellini sait qu’il en ressortira une merveille. Il faut chuter pour se relever et avancer, ainsi va la vie.
Federico Fellini aura donc passer toute sa vie à filmer la vie, osant montrer ce que personne ne voyait ou ce que chacun refusait de voir. Dans le cinéma traditionnel, on se plaît dans les drames, on se plaît à pleurer mais, au fond, ce n’est pas cela la vie. La vie ne se résume pas à une ligne droite. Elle est faite de contrastes, de flous, de zones d’intenses lumières et de zones d’ombres. C’est certainement cela qui a tant attiré Federico Fellini dans le cirque (et plus particulièrement dans le personnage du clown). Le clown est à la fois un personnage drôle et triste. Il est toujours en mouvement, marchant, courant, sautant sur le rythme d’une musique folle, et s’asseyant parfois pour pleurer et sécher ses larmes. Ainsi va la vie.
Et avec son regard pénétrant, Fellini a exploré la vie, les recoins les plus sals comme les plus lumineux.
Fellini imite le mouvement de la vie, ce mouvement vif et imprévisible, non-calculé et sauvage, parfois intense et parfois calme, parfois bruyant et parfois silencieux mais toujours mystérieux. Dans La dolce vita, il peut filmer l’ambiance frénétique d’une fête pour en suite filmer l’ambiance tendre et magique d’un Marcello Mastroianni n’osant toucher une sublime Anita Ekberg dans la fontaine de Trévi.
Il peut mettre en scène dans Satyricon la furie d’un festin pour, plus tard, filmer le langoureux et passionné baisers de deux amoureux, allongés en paix dans la salle d’un palais.
Il peut faire tourner les têtes au cœur d’une discothèque dans La voce della luna pour ensuite faire lentement balancer les cœurs sur les mesures du Beau Danube Bleu.

IV. Nino Rota.

Lorsque l’on écoute les musique de La dolce vita, de Huit et demi ou d’Amarcord, on comprend instantanément ce qui liait Nino Rota et Federico Fellini. Tous deux avaient l’esprit vagabond et créateur, capables de s’enfuir un instant dans on ne sait quelle contrée et de revenir avec une image ou une musique en tête. Une image et une musique magnifique.
Sans les musiques de Nino Rota, les films de Federico Fellini ne sont rien car ce compositeur de génie a lui aussi réussi à capter le fouillis, le désordre de la vie.
Les deux hommes étaient amis bien entendu, ils se comprenaient sans se parler. Fellini raconte qu’il rencontrait Nino Rota pour lui raconter en détail l’histoire du film, les liens entre les personnages pour qu’après ce dernier ai toutes les cartes en main pour composer la musique. Mais Rota n’écoutait jamais, il s’évadait dans sa sphère créatrice et jouait d’instinct une musique enchanteresse au piano. Et soudainement il revenait à lui, incapable de se remémorer le morceau qu’il venait d’interpréter.
Lui aussi était un créateur.

V. Le mot de la fin. Parce dans le studio numéro 5 de Cinecittà, Federico Fellini a su recréer la vie dans ce qu’elle a de plus complexe, de plus ambigu, de plus noir et de plus merveilleux, il doit être considéré comme l’un des plus grands réalisateurs de l’Histoire du cinéma.
Pour finir, la plus belle des anecdotes. Lorsqu’il reçut en 1993, un Oscar pour l’ensemble de sa carrière, Giulietta Masina était dans la salle. Et durant son discours, Federico Fellini lui dit devant la salle comble « Arrête de pleurer ». Alors, si Fellini est un des plus grands cinéastes du 7ème art, il ne faut pas oublier ce fort et tendre amour qui l’unissait à Giulietta.

benjamin


 
 
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