Gemma Arterton est doublement à l'affiche. Dans le rôle de la mondaine Vita Sackville-West §Vita & Virginia), amoureuse de Virginia Woold. Dans le rôle d'une star glamour dans Murder Mystery (sur Netflix) avec Sandler et Aniston. En 13 ans, l'actrice n'a pas chômé. Et on a hâte de la voir dans The King's Manet chez Julie Delpy. Eclectique et insaisissable, en attendant de trouver SON grand rôle.



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L'homme et ses rêves





Le nom est à lui seul une légende, une marque de fabrique. Coppola n'est pas seulement un maître ès cinéma, le parrain d'une famille du 7e Art qui comprend Sofia et Roman Coopola, Talia Shire (Adrienne!!!!), Nicolas Cage ou Jason Schwartzmann. Près de 50 ans dans le métier, le bonhomme a des allures de producteurs façon Nabab de l'âge d'or d'Hollywood. Et d'ailleurs son métier de producteur n'est pas anodin, même lors de sa grande traversée du désert. Fondateur, avec George Lucas, d'American Zoetrope, il finance les premiers bijoux du futur faiseur de Star Wars : THX 1138 et American Graffiti. Le premier est un fiasco financier qui le conduira à accepter une commande de studio, Le parrain. Coppola produira aussi L'étalon noir (et son opus 2), la saga écolo Koyaanisqatsi et sa suite Powaqqatsi (sur fond sonore créé par Philip Glass), un grandiose Kurosawa (Kagemusha), pas mal de films indignes du grand écran (Lionheart, Wind, My family, Haunted), quelques films d'auteur (Agnieszka Holland, Kenneth Branagh, Tim Burton), les films de ses enfants ou encore le récent De Niro (The Good Shepherd). Depuis ses débuts avec Roger Corman jusqu'à ses expériences hors cinéma (la restauration du Napoléon d'Abel Gance, le film pour les parcs Disney, Captain Eo, avec Michael Jackson, les séries TV comme Les 4400), Coppola, fou de cinéma, aura peut-être baissé un peu sa garde, revu ses ambitions à force d'échecs, mais il aura été jusqu'au bout de sa passion, quitte à se brûler les ailes au soleil hollywoodien. Il préfère le climat plus doux de la Californie du nord, au milieu de ses vignes.
Coppola n'aime jamais rien de plus que son indépendance. Gagnée grâce au triomphe du Parrain, il ne cessera de se battre pour garder une certaine liberté artistique dans une industrie qui ne supporte pas les trublions qui lui résistent. Même le rêve de Spielberg, qui a voulu créer son studio avec DreamWorks, aura été de courte durée. Même Lucas avec son studio d'effets spéciaux n'est jamais parvenu à faire autre chose que La guerre des étoiles. Même Scorsese, son ami de toujours, a du accepter des commandes avant d'avoir tardivement un Oscar, remis par ... Spielberg, Lucas et Coppola. Les quatre barbus ont révolutionné Hollywood chacun à leur façon, avec des films à petits budgets issus d'un mélange de classiques (Ford, Hawks, Capra, ...) et de nouveaux styles (néoréalisme italien, nouvelle vague française). Mais c'est Coppola qui a initié le mouvement, lui qui a prédit la victoire des technologies (vidéo, son) sur le cinéma d'antan, lui qui est rentré dans Babel le premier.

Pour ne pas de venir comme le Capitaine Willard
Francis Ford Coppola aura réalisé de nombreux films dits mineurs, mais tous intéressants. Il aura surtout créé une trilogie d'anthologie, Le Parrain, un chef d'oeuvre inexplicable, Apocalyspe Now, et un thriller d'exception, Conversation secrète. L'ampleur de ces films ne doit pas cacher leur profondeur. Dans ces décors crépusculaires, la noirceur des tourments de ses personnages symboliques fait entrer l'homme dans les ténèbres, ou le maintient dans la lumière. Entre les complots et l'aliénation, ces histoires de paranoïa destructrices s'apparentent aux tragédies épiques des Grecs. Seul le style change. Il le confesse : "Je n'a plus envie de faire bouger la caméra, ça ne m'émeut plus, je ne suis plus en empathie avec ce style de cinéma. Je reviens à un cinéma très classique, Ozu est sans doute le cinéaste qui me touche le plus aujourd'hui."
Il aura touché à tous les genres et se sera passionné pour les zones d'ombre de l'être humain. Pour mieux explorer les siennes? Mégalo, fantasque, extraverti, tyrannique, orgueilleux, déterminé, il est à l'image de Brando dans Apocalypse Now. Mais il s'incarne volontiers dans la posture de l'artiste. Il aime les recherches liées à la pré-production, quitte à souvent plancher stérilement durant des années sur un projet. Fasciné par le temps (Peggy Sue, Tucker, Le Parrain, Jack, Dracula, L'homme sans âge...) et par la conscience (à peu près tous ses films évoquent la culpabilité ou le doute), le cinéaste est surtout obsédé par la jeunesse et sa liberté. Malgré sa victoire sur Warner (il a gagné un procès et empoché 20 millions de $ parce que le studio avait rompu de manière abusive son contrat sur Pinocchio), il garde une amertume certaine contre les géants de Los Angeles et New York. Lorsqu'il revient au cinéma en 2007, dix ans après son film précédent, il veut absolument que L'homme sans âge soit financé hors système, en toute indépendance, à l'instar des "petits" films de sa fille. Son nom suffirait presque. Mais son vin aussi. Les profits de son vignoble vont le faire revenir derrière la caméra. Ce double-emploi, artisan/agriculteur, lui permet d'évincer les banques du circuit. Il tourne en numérique avecd es acteurs européens, en Roumanie ou en Argentine. Délocalisation. Ainsi il ôte ses angoisses des productions passées. "Pendant des années je ne trouvais pas ma place. Devrais-je faire comme Ridley Scott qui tourne tout ce qu'on lui propose? Comme Scorsese, qui attend qu'un studio accepte un de ses gros projets? Les films que j'avais envie de faire ne convenaient pas aux studios..."
Comment ce surdoué précoce (il a gagné la plupart de ses prix dans la trentaine) est-on arrivé là?

Pour ne pas finir comme Harry Caul
Coppola est né de la musique classique (son père était flûtiste en orchestre symphonique et il a en projet un film sur les grands musiciens) et de l'imaginaire développé à outrance (il fut longtemps alité à cause d'une polo). Il a commencé sa carrière avec des marionnettes puis une caméra super 8. L'écriture lui offre les portes de la gloire. Car avant d'être un cinéaste de génie, il est scénariste plus que talentueux. C'est un personnage conquérant, historique, buté, singulier qui l'inspire. Le film de Schaffner sur Patton lui donne son premier Oscar. Il écrit aussi le scénario de Gatsby le magnifique, qui échoue au box office. Entre Patton et Gatsby, il y a forcément un code ADN proche de la personnalité de Coppola. Il adapte indifférement Fitzgerald, Stocker, Conrad, Puzo, Crichton, Eliade... Il dirige De Niro, Pacino, Brando, Caan, Keitel, Hackman, Gere, Rourke, Hopkins, Oldman, Dillon, Cruise, Keanu Reeves, Jeff Bridges, Matt Damon, Kathleen Turner, Diane Keaton, Joan Allen, Winona Ryder. Autant dire la crème du cinoche...
Avec les succès du Parrain, de Conversation secrète et d'Apocalypse Now, le nom de Coppola est définitivement ancré dans les années 70, où il dominait largement tous ses concurrents et amis. Palme d'or justifiée à la fin des années 70, Apocalypse Now aura laissé des traces chez Coppola. Le clivage aurait-il lieu là? Projet initialement écrit par Lucas et le scénariste John Milius, la reprise par Francis troublera leur amitié. la production démesurée conduira même le cinéaste aux frontières de la démence, et au coeur de la drogue. Trois ans et un autre film plus tard, ses dettes le conduisent à s'emprisonner dans le système hollywoodien avec une série de commandes qui ne le convainc pas : Peggy sue s'est mariée, jolie fantaisie romantique, Gardens of stone, film de guerre oublié, Tucker, belle métaphore de sa propre utopie, Le Parrain III, somptueux mais inégal, Jack, mélo insipide, The Rainmaker, sans éclat mais efficace. Coppola n'est que l'ombre de lui-même. Il n'y a bien que Dracula qui laisse son empreinte. Allégorie des années SIDA, l'oeuvre fluide et flamboyante, légèrement baroque, séduit les spectateurs et rembourse l'intégralité de ses dettes. Mais rien n'st comparable avec Le Parrain et sa suite, ni même Conversation secrète, suspens d'anticipation sur les méthodes de surveillance ou premier film post-Watergate. Toujours est-il que Coppola alignera deux Palmes d'or en cinq ans. Un cas unique dans l'histoire du cinéma. Il est une figure, emblématique, de cet art qui ne sait pas comment devenir une industrie entre ses pattes. Pourtant après 1997, il ne fera plus rien, taciturne, muet, désillusionné, pour ne pas dire dévitaliser. Il ressemble aux personnages de Harry Caul, Michael Colréone ou encore le Capitaine Willard... Même son projet Megalopolis se voit crasher en plein vol par les événements du 11 septembre. Inatteignables, perdus dans leur solitude. Il ne donne plus de nouvelles hormis lorsqu'on le croise sur les plateaux de sa fille Sofia. 30 millions de $ de dettes auprès d'une banque suite au désastre de Coup de coeur, la faillite de son studio. Il rembourse en films.

A l'image de Michael Corleone?
Il a du temps, et cherche à savoir comment l'occuper. Il est en quête de sujets aussi forts que ceux qui l'ont propulsés au devant de la scène. Des questionnements existentiels sur une société folle et broyeuse d'hommes. Le Parrain illustre parfaitement ce cas de conscience où l'on devient un autre à force de ne plus agir pour soi. Le pacte avec le diable se révèle alors terriblement hors-de-prix, l'histoire de sa vie comme de ses héros. Ironiquement The Rainmaker, dernier film de sa période noire est traduit en français par L'idéaliste. Pas le faiseur de pluie. Cela fait longtemps que le triste Coppola ne maîtrise même pas le beau temps pour ses vignes. Depuis Le Parrain II, où il contrôlait encore les allers et retours dans la généalogie Corléone. S'il a réussi là où Orson Welles avait échoué, en adaptant Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad, après un tournage éprouvant de 283 jours aux Philippines, une apocalypse en soi, il a faillit y perdre la raison, laissant les éléments décider à sa place. 25 ans après, le goût est revenu. "Je dois tourner retourner au travail. Un film par an au minimum. Parler est un luxe. C'est aussi une folie au regard de la tâche qui m'attend."
Lui date son tournant au moment du Parrain. Pas à l'époque d'Apolypse Now."La vérité c'est qu'on m'a volé ma carrière. Alors même qu'on me la volait, j'ai dû endosser un rôle pour lequel je n'étais pas forcément taillé. Les gens n'en reviennent pas de m'entendre parler avec tristesse du Parrain. Ce film constitue un échec personnel. Il a changé ma vie, et pas forcément pour le meilleur, même si tout le monde voyait dans ces films un accomplissement artistique et commercial. Ce succès m'a plombé, m'amenant à réaliser des grands films commerciaux quand ce que je voulais faire étaient des petits films artistiques. Comme Woody Allen. Comme Bergman sur son île, avec ses amis." Lui qui est devenu millionnaire avec ses 750 000 caisses de vin, une une de pâtes et un pressoir d'huile d'olive, avait voulu devenir le plus grand metteur en scène du cinéma. "Mais il y a eu Pabst, Eisenstein, Fellini!" "Je sais que je ne suis pas le plus mauvais et cela suffit à bonheur." Il ne veut plus se soumettre à l'exigence perfectionniste et impossible d'un Kubrick. Ne veut plus céder son salaire pour financer des ronds-de-cuir. Il préfère atteindre le juste ton, celui qui touche, retrouver son éternelle jeunesse de brillant étudiant de cinéma, croire que la route est encore longue, incertaine et propice à tous les espoirs, à tous les rêves.

vincy


 
 
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