Avec La Belle époque, Daniel Auteuil retrouve non seulement un grand film populaire (hormis Le Brio, agréable surprise il y a deux ans) et des partenaires de choix, après une dizaine d'années sans étincelle au cinéma. Passé par les planches, la réalisation et des films déjà oubliés, l'acteur va s'aventurer maintenant dans la série, avec Le mensonge.



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LUCY IN THE SKY WITH DIAMONDS





Fille d'émigrants chinois, née dans le Queens new yorkais, Lucy Alexis Liu se divise entre ses deux cultures, et ses rôles traduisent bien ce déracinement permanent. On la voit souvent en garce sauvage prête à décapiter tout ce qui bouge. Une jolie chinoise ne peut-elle être qu’une « bad girl » issue des triades ? Qui se doute que cette surdouée est polyglotte (elle parle chinois, italien, espagnol et un peu japonais), joue de l'accordéon, chante et danse comme on respire. On pourrait ajouter qu’elle a trois galeries dans lesquelles elle expose ses œuvres picturales. Evidemment, elle pratique les arts martiaux (le Kali Eskrima-Silat pour être précis) et fait de l'escalade et du ski. Sans oublier ses causes humanitaires. Bref Lucy Liu n’est pas que sexy...

D'abord "quota ethnique", Lucy a gagné ses galons de star « dé-bridée » ,ce qui lui a valu de se faire traiter de « banane » - jaune à l'extérieur, blanche à l'intérieur. Cette Barbie miniature décroche son premier rôle (quelques minutes à l'écran) dans Jerry Maguire dans lequel elle est l'une des nombreuses ex-petite amies de Tom Cruise. Elle multiplie les apparitions dans plusieurs séries (« Urgences », « Beverly Hills »...), mais c'est en 1997 avec le personnage de Ling Woo dans « Ally Mc Beal » que sa carrière sera vraiment lancée. Au cinéma, grâce à son excellente forme, elle enchaine les rôles physiques. Elle nous régale dans seules scènes jouissives de Payback, en tueuse dominatrice et amante sadique. Disposée de manière innée pour effrayer le mâle autant que l’aguicher, Liu se voit logiquement proposée l’un des trois personnages de Drôles d Dames. Seule comédienne qui n’est pas une star dans le trio, elle impose vite ses atouts et ses atours. Mais entre les deux épisodes de l’adaptation de la série culte, elle tourne deux seconds rôles qui impressionnent. Loin des figurations chez Eastwood ou des passages dans des films d’auteurs trop discrets ou encore de ses abonnements renouvelés dans les films où elle manie plus une arme que sa diction. Dans Kill Bill volume 1, Quentin Tarantino l’engage pour un duel final, légendaire, poétique, macabre, sublime. Elle est la seule à pouvoir barrer la route à Uma Thrman, mais finit la tête roulant dans la neige d’un théâtre Nô proche du manga. Sans doute la plus belle vilaine depuis des lustres au cinoche… Dans Chicago, le temps d’une séquence elle joue une femme confessant sn crime passionnel. Au milieu d’autres témoignages, elle scotche le casting en volant la vedette.

Elle continue d’alterner des rôles divers, princesse au côté de Jackie Chan ou avocate prédatrice dans la série « Ugly Betty. Elle se perd souvent dans des films fantastiques, des thrillers, des œuvres plus noires. Elle vocalise sur des dessins animés (Kung-fu Panda) ou des jeux vidéos. Avocate ou tueuse, elle est la parfaite incarnation du péril jaune, séducteur, envoûteur, opportuniste. Comme les latinos sont utilisées pour leur sensualité ou les européenne pour leur sensibilité… C’est tout le problème de Lucy : elle s’est laissée enfermée dans une typologie de caractères, parfois des stéréotypes. Mais les choses changent. Son projet de produire un remake de Charlie Chan fictions autour d’un détective privé chinois des années 30et 40, où elle interpréterait la petite fille de l’enquêteur, est ambitieux. A l’époque, les personnages asiatiques étaient incarnés par des occidentaux grimés. Entre ses rôles d’ambitieuses et ceux où elle castagne, elle fait elle-même certaines de ses cascades, Liu va devoir peut-être s’adoucir et monter un autre visage que celui assez ingrat de la traître de service. A moins que cela ne cache une farouche envie de protéger son secret le mieux gardé : sa personnalité ambivalente. Asiatique et américaine, probablement bisexuelle, vivant chez son frère et sa femme, heureuse en affaires et talentueuse, Lucy Liu persévère à vouloir maquiller son vrai visage avec ses désincarnations très physiques.

Claire, EN


 
 
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