Julia Roberts revient au top avec Wonder. Le mélo familial entre rires et larmes l'a propulsée de nouveau aux sommets du box office nord-américain, une première depuis 7 ans. Depuis elle avait été sur les planches à Broadway, foulé le tapis rouge à Cannes, affronté Meryl Streep, brillé dans The Normal Heart à la télé... On l'attend désormais dans Ben is Back de Peter Hedges, un drame avec Lucas Hedges prévu pour l'année prochaine.



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EN ATTENDANT WHISHAW





Ben John Whishaw (de son vrai nom) possède tout ce qui fait les grands acteurs. Un visage atypique et reconnaissable, des origines modestes (papa est informaticien, maman est cosmétologue), un talent certain (il est diplômé de la Royal Academy of Dramatic Art), une facilité déconcertante à passer du grand au petit écran et un très bon réseau. Parmi ses proches, on compte Judi Dench et Sam Mendes. Juste ça.

Une destinée toute tracée

Né le 14 octobre 1980, Ben Whishaw grandit dans un petit village au nord de Londres avec James, son frère jumeau. Passionné par la scène, il tourne deux films (La Tranchée de William Boyd et Mauvaise passe de Michel Blanc) avant même d'intégrer la Royal Academy of Dramatic Art. Perçue comme la meilleure école d'art de Londres, celle-ci a abrité pendant un temps Kenneth Branagh, Ralph Fiennes, Maggie Gyllenhaal ou encore Anthony Hopkins. D'un naturel assez calme, Ben Whishaw s'y épanouit allègrement, enchaînant les castings entre deux cours. En parallèle de ses études, il tourne trois autres films. Si ceux-ci tombent vite en désuétude, ils lui permettent de se former et d'apprendre à jouer avec la caméra et avec son image. Ce que la critique ne manque pas lorsqu'elle lui dessert le British Independent Film Award du meilleur espoir masculin pour son rôle dans My Brother Tom.

Sage mais versatile, celui qui fêtera ses 34 ans cette année est partout, creuse son sillon et apprend en permanence. Après quelques apparitions dans des séries télé et fraîchement diplômé, il se lance dans le théâtre. His Dark Materials mis en scène par Nicholas Hytner en 2003 et surtout Hamlet à l'Old Vic Theatre en 2004, dans lequel il tient le rôle principal et qui lui vaut le Ian Charleson Award du meilleur comédien. Méconnue en France, cette cérémonie récompense les meilleures performances d'acteurs classiques de moins de 30 ans.

Partir pour mieux revenir

Au lieu de s'enorgueillir au théâtre, Ben Whishaw préfère prendre le large et se consacrer presque entièrement au cinéma. Une décision qu'il n'aura (presque) jamais à regretter. Après Le Marchand de Venise de Michael Radford et Délires d'amour de Roger Michell, il croise une première fois la route de Daniel Craig sur le tournage de Layer Cake de Matthew Vaughn. Il n'y tient qu'un petit rôle, mais son visage capte toute l'attention du spectateur qui n'a qu'une hâte : le revoir autre part. Ce sera le cas dans Stoned de Stephen Woodley, un biopic raté sur les Rolling Stones, où Ben tente d'incarner Keith Richards. Le film fait un four (seulement 30.000 entrées dans toute l'Europe) mais ne rassasie pas Whishaw. Il en veut plus, il veut aller plus loin.

Ce qu'il fait avec Le Parfum, adaptation éponyme du roman de Patrick Süskind. Ben Whishaw est Jean-Baptiste Grenouille, le personnage principal, l'anti-héros par excellence. Interdit aux moins de 12 ans en France, le film rapporte 135 millions de dollars à l'international. Pendant près de de 2h30, Ben Whishaw hypnotise le spectateur, sublime une œuvre déjà sulfureuse et éclipse ses camarades, parmi lesquels Dustin Hoffman, Alan Rickman, Sara Forestier et John Hurt. Le film en fait une star mais ne lui fait pas perdre la tête. Et ce, malgré les multiples nominations ! A propos de ses choix de films, il n'hésite pas à balancer au Guardian : "Dans la vie, tout est une question de choix. La seule certitude que l'on ait, le seul pouvoir que l'on possède en tant qu'humain, c'est que l'on a toujours le choix, peu importe la situation."

La consécration, la vraie

Un biopic (I'm Noth There de Todd Haynes) et un drame romantique (Retour à Brideshead de Julian Jarrold) plus tard, Ben Whishaw tourne Bright Star de Jane Campion. Le film fait un passage remarqué au Festival de Cannes en 2009. Et trois ans plus tard, grosse surprise (ou pas), Ben Whishaw devient Q, le génie high-tech du Skyfall de Sam Mendes. La même année, il participe à Cloud Atlas des Wachowski. Adoré par les Britanniques, il prête sa voix au génial Paddington de Paul King, au grand dam de Colin Firth qui était pressenti pour le rôle. Résultat sans appel : 2,7 millions d'entrées en France et 258 millions de dollars amassés dans le monde.

Doux, frêle et sensible, l'acteur évite les rôles caricaturaux ou dans la surenchère. Une chose que la presse britannique et étrangère apprécie. Dans Lilting ou la délicatesse de Hong Khaou, Ben Whishaw s'en donne à cœur joie. Il est Richard, un jeune homme qui pleure la disparition de son amant Kai et tente de communiquer avec la mère sino-cambodgienne de celui-ci. Le film est une pépite de subtilité et est la réponse parfaite aux rumeurs concernant son homosexualité. Uni au compositeur Mark Bradshaw depuis août 2012, il ne s'épanche jamais sur le sujet, affirmant dans Out Magazine : "En tant qu'acteur, vous avez pleinement le droit au mystère et à l'intimité, peu importe ce que vous faites. Je ne vois pas en quoi [ma sexualité] est quelque chose dont je devrais discuter puisque ça n'a rien à voir avec la sphère publique."

Une actualité chargée

A nouveau présent au Festival de Cannes, Ben Whishaw vient cette année présenter le drame dystopique The Lobster de Yorgos Lanthimos. Premier film en anglais du réalisateur grecque, celui-ci met en scène Colin Farrell, Rachel Weisz, John C. Reilly et Léa Seydoux. Doté d'un pitch particulier (tout célibataire a 45 jours pour trouver l'âme sœur ou se voit transformé en l'animal de son choix), The Lobster a tout du solide outsider de la compétition. Et si Ben Whishaw n'y est pas la tête d'affiche, c'est un mal pour un bien puisque la fin de l'année risque d'être très intense.

En effet, cet automne, il parcourra le monde pour la promotion de Spectre, le nouveau James Bond, toujours signé Sam Mendes. Et quelques jours après, c'est la superproduction Au cœur de l'océan de Ron Howard qui l'occupera. Et qui sait, sans doute Ben prendra-t-il un peu de temps pour remonter sur scène, là où les risques sont les plus grands ? Mais bien qu'il ne veuille pas vivre dans une zone de confort, il n'hésite pas à affirmer dans Slant Magazine que le théâtre demeure "incroyablement excitant, mais la discipline demandée est éreintante." Affaire à suivre donc…

Wyzman


 
 
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