Roschdy Zem n'a pas trouvé son public avec sa réalisation Persona Non Grata, mais son long parcours, commencé il y a plus de trente ans l'a solidifié dans le paysage cinématographique français. Un an après le succès du Jeu, il brille dans Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin, en attendant de le voir en tête de générique de la série Les sauvages en septembre sur Canal +.



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DANSONS AVEC LA MIA





Mia Wasikowska a le nom et l'allure d'une joueuse de tennis d'Europe de l'Est ou de Russie. Pourtant cette jeune femme, fille d'artistes, est Australienne, et débuta par la danse classique. Préférant les imperfections de la comédie à la perfection du ballet, à 15 ans, elle fait ses débuts timides sur le petit écran. En 2006, elle se fait remarquée avec un second-rôle dans Le feu sous la peau (Suburban Mayhem), présenté à Un certain regard, Cannes. Elle est alors nommée dans la catégorie Jeune acteur aux "Oscars" australiens. Elle aligne quelques courts métrages. En 2008, elle croise Sam Worthington (avant son aventure d'Avatar), Michael Vartan et Radha Mitchell dans Solitaire (Rogue), navet d'action qui flop misérablement au box office.

Elle s'en sort mieux avec le rôle principal de la série "En analyse (In Treatment)", diffusée aux USA sur HBO. Son personnage est récurrent durant neuf épisodes, où elle partage la vedette avec Gabriel Byrne et Dianne Wiest. La série s'attire les louanges de la critique et reçoit quelques prix prestigieux. De quoi enrichir un CV de débutante.

Enchaînant les tournages, Wasikowska participe à Les insurgés (Defiance), film maladroit d'Edward Zwick. Dans le drame transgénérationnel That Evening Sun, elle impressionne davantage. Le film indépendant reçoit de multiples honneurs, notamment pour son scénario. Mia est nommée aux Independant Spirit Awards, en meilleur second rôle féminin. La sortie confidentielle aux Etats-Unis est compensée par une véritable tournée des festivals durant un an. Amelia, de Mira Nair, bénéficie de plus de moyens, mais ne remporte pas non plus l'adhésion du public américain malgré la présence de Hilary Swank, Richard Gere, et Ewan McGregor. La jeune femme incarne la pilote Elinor Smith, capable de voler sous les ponts de New York et détentrice de nombreux records.

Elle tourne alors depuis quelques années, icône amoureuse dans un film d’horreur (I Love Sarah Jane) ou fille surprotégée découvrant que le monde extérieur n’est pas si horrible (Cosette). Il faut qu’elle attende 2010 pour se faire remarquer. Avec The Kids are All Right, comédie de moeurs sur l'homoparentalité, primée à Berlin par le Teddy Award, elle y est la fille d'un couple de lesbienne (Julianne Moore et Annette Bening) qui cherche à connaître son géniteur (Mark Ruffalo).
La belle année se prolonge avec le rôle-titre d'Alice au pays des merveilles. Elue par Tim Burton après un casting épique, Mia Wasikowska interprète l'héroïne mythique en passant d'une insoumise romantique à la Jane Austen à une combattante éclatante à la Jeanne d'Arc. Le film est un triomphe mondial.
Désormais tout le monde connaît son visage à défaut de savoir écrire ou prononcer son patronyme. De quoi éventuellement la faire décoller ou, au contraire, la faire broyer par le système.

Travailleuse, elle continue les grands écarts, de Gus Van Sant, dans l’assez fade Restless (sélectionné à Un certain regard à Cannes), à une énième version de Jane Eyre en passant par Albert Nobbs, projet porté par Glenn Close. Romantique et décalée, affranchie et effrontée, touchante et parfois amusante, elle révèle plusieurs facettes de son jeu avec ses trois films indépendants. Sa joliesse et cette impression de fragilité qu’elle dégage la conduisent à être souvent les muses de jeunes hommes violents ou tourmentés. Wasikowska affirme pourtant un caractère plus trempé à travers ses personnages.
Dans Des hommes sans loi, elle ne se laisse pas conter fleurette si facilement. Mais elle a tout de cette princesse, dans le style Peau d’âne, qu’on aimerait avoir à ses côtés, après une dure journée de labeurs ou quelques échanges sanglants et criminels. Elle apaise. Façon de masquer ses véritables sentiments, de maquiller ses émotions avec une douceur de surface.

Mia est ainsi sollicitée par les plus grands noms. Park Chan-wook la choisit pour faire face à Nicole Kidman dans Stoker. Elle a 23 ans et incarne toujours des adolescentes… Elle devient brune, et se régale dans l’ambivalence entre méfiance et attirance. Le deuil lui va si bien… Etre trouble-fête aussi : Jarmusch pose sur ses frêles épaules la lourde responsabilité d’interpréter la petite sœur, sauvage et incontrôlable de Tilda Swinton dans son histoire de vampires amoureux. Dans Only Lovers Left Alive, elle va interrompre une histoire d’A qui dure depuis des siècles. Le film est sélectionné en compétition à Cannes.

Elle prolongera son itinéraire singulier avec Emma Bovary et un film d’Olivier Assayas. Elle est toujours là où on ne l’attend pas forcément, loin des blockbusters formatés, sélectionnant ses rôles avec parcimonie et exigence.
Elégante et gracieuse, les cinéphiles s’attachent à elle. Ils la découvriront réalisatrice à l’occasion d’un film compilant plusieurs courts-métrages, The Turning, où Cate Blanchett sera aussi dernière la caméra. Il y a là un cousinage évident, même si Wasikowska n’a pas l’intensité dramatique de son aînée et compatriote.

L’actrice dit apprécier les films réalistes mais ne veut pas s’enfermer dans un style de cinéma : « j’aime vraiment faire des choses différentes et qui me stimulent de différentes manières. Je pense que pour rester intéressé et excité par le métier d’acteur, il faut saisir des opportunités très variées et je me sens chanceuse d’avoir pu le faire jusque là. »

vincy


 
 
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