Matt Damon est une star complète. l'un des rares à pouvoir rivaliser avec Di Caprio, Pitt ou encore Washington, sans avoir à être un super-héros. Un film avec Damon c'est presque un film de Damon. Un truc à l'ancienne. le Mans 66 est de cette trempe. Doté d'un solide second-degré, il reste malgré tout très soucieux de ses choix. L'an prochain on le verra dans un Ridley Scott, The Last Duel, qu'il a coécrit avec Ben Affleck et un thriller de Tom McCarthy, coécrit par le français Thomas Bidegain.



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EXTRACTEUR DE RÊVES





Lorsque Gregg Araki a illuminé la peau mystérieuse de Joseph Gordon-Levitt, nos yeux se sont laissés hypnotiser par une telle sensualité innocente, une sauvagerie intérieure domptée, une candeur incontrôlable, peut-être feinte. Ainsi naît JGL au cinéma, comme BB avait été créée par son Dieu Vadim ou plus proche, River Phoenix sublimé par Gus Van Sant.
L’image est restée si prégnante qu’on a du mal à l’imaginer en « vilain ». On le voit plutôt en incorrigible romantique, chevalier blanc ou prince bienveillant.

Enfant-star

Tombé dans le métier quand il était petit. Son père, rédacteur en chef d’une radio, et sa mère, activiste militante et fille de réalisateur, n’ont pas contrarié ses envies de faire du théâtre dès l’âge de quatre ans. Enfant d’une classe moyenne huppée, dans une famille stable et conventionnelle, il joue ainsi L’épouvantail dans Le Magicien d’Oz. Un agent le repère, et le voici immergé dans des productions pour la jeunesse. Dès les années 80, alors que d’autres apprennent à compter et à lire, JGL s’amuse dans différents téléfilms et séries. En 1992, il débute au cinéma, dans l’oubliable mais populaire Beethoven. Dans Et au milieu coule une rivière, de Robert Redford, il incarne le personnage de Craig Sheffer, plus jeune. Il grandit mais la pré-adolescence ne menace pas encore sa carrière, dans un milieu où la concurrence est rude. Disney aime repérer les valeurs montantes et lui offre le rôle principal de la comédie sportive Angels int the Outfield. Il passera même faire un tour – passage obligé - dans un film d’horreur, Halloween 20 years later, et dans un genre classique, le film à procès, dans La jurée, avec Demi Moore, qui incarne sa mère.

Les téléspectateurs l’adoreront dans la sitcom à succès "Roseanne", avant de rejoindre une autre sitcom loufoque à forte audience, "Third Rock from the Sun". Issu d’une famille juive (dans la réalité), il y joue ironiquement un extraterrestre prétendant être un gamin juif. Il traverse ainsi les années 90 sur le petit écran. Dans "That 70’s Show", il s’invite entre Topher Grace et Aaron Kutcher, et s’invite en camarade de classe gay. Il continue de faire des apparitions dans des films hollywoodiens divers et variés, mais aucun de mémorable. On le repère juste dans 10 bonnes raisons de te larguer, où il doit s’associer au bad boy Heath Ledger pour pouvoir avoir un rencart avec la blonde de ses rêves.

Américain francophile et francophone

Lui avait plutôt 10 bonnes raisons de larguer le métier. La célébrité lui pesait. Il faut dire qu’on le voyait partout sur la chaine NBC avec des modules courts où il faisait la leçon aux jeunes : ne pas boire avant de conduire, ne pas tuer, rester à l’école… Il arrête de jouer durant deux ans et rentre à l’Université, pour étudier l’histoire, la littérature et la poésie françaises. Il devient même francophone, en plus d’être francophile. JGL adore JLG. Godard et ses femmes, les mots dits par ses femmes, les silhouettes de ces femmes. JGL bouge à New York. A la fin de ses études, il reprendra sérieusement son métier.

Il veut juste l’aborder différemment. Il sait qu’il a une notoriété, il veut l’utiliser, et au besoin aider les films qu’il aime à s’en servir. Aucun de ses récents films n’a trouvé son public (Manic dans un univers psychiatrique, Latter Days chez les Mormons).
Et puis il y a Mysterious Skin, film primé un peu partout dans le monde, doté de sa prestation, reconnue par la critique, les professionnels et les cinéphiles. Une révélation. Il y est un jeune homme paumé, sublime, gay, adepte des jeux à plusieurs, libre, victime d’abus sexuels… On ne voit que lui, incandescent.

Acteur reconnu

Son jeu est plus subtil, plus maîtrisé. Il se complait dans les nuances infimes. Assume cette beauté irradiante et singulière. Rien du jeune premier traditionnel, mèches blondes, dents blanches et larges épaules. Son corps fluet, son visage juvénile en font un objet parfaitement cinétique.
Il côtoie sur les plateaux les futures stars de sa génération, comme Anne Hathaway. Mais il a le flair de repérer aussi les cinéastes de demain, comme Lee Daniels (Precious), avec qui il tourne Shadowboxer. Les tournages s’enchaînent sans qu’aucun film ne « perce » le Top 5 du box office. On notera The Lookout, meilleur premier film aux Independant Spirit Awards, où, en braqueur de banque, il est un formidable leader… Cela va l’aider pour un tournage ultérieur.
Spike Lee (Miracle à St Anna), John Madden (Killshot), Sebastian Guttierez (Women in troble)… il multiplie les expériences, jusqu’à accepter un film où il devait improviser tous les dialogues (Uncertainty). De la comédie au polar, rien ne l’arrête. Pas même G.I. Joe, daube phénoménale, mais joli triomphe au box office. Le sortilège est rompu. JGL va pouvoir goûter aux bienfaits de la starisation. En commandant du Cobra, il gagne ses premiers galons hollywoodiens.

L'année où tout arrive

Cela se confirme avec (500) jours ensemble, om il drague impétueusement Zooey Deschanel dans une comédie romantique décalée qui fait le bonheur de ses (nombreux) spectateurs. Irrésistible, sa prestation de charmeur loser est nommée aux Golden Globes et aux Independant Spirit Awards. Dorénavant il peut être invité au prestigieux Saturday Night Live. Il crée un site collaboratif pour aider des créations en ligne. Réalise un court métrage, Sparks, adapté d’une nouvelle d’Elmore Leonard, présenté à Sundance. Produit une pièce de théâtre à Brodway, citée aux Tony Awards. Joue avec Natalie Portman, Carla Gugino, son pote Channing Tatum, Bryce Dallas Howard, et tient désormais les premiers rôles. Discret sur sa vie privée, il trouve que les scripts hollywoodiens sont « toc » dès qu’il s’agit d’histoire d’amour. De toute façon, ça ne semble pas son « truc ». « J’ai joué le gamin intelligent, le drôle, le gentil, et même le colérique, mais jamais le jeune mec sexy ». Ce qui est faux, puisque dans Mysterious Skin il dégage un sex-appeal renversant.

Il connaît par cœur le système, ne se laisse pas impressionner par les chiffres, et considère que le business a une attitude paresseuse et facile à corrompre avec peu d’idées. « La plupart des scripts sont mauvais ». Exigeant côté partenaires (la conversation, ça compte), il l’est tout autant sur sa profession. « En tant qu’acteur, il faut être ouvert d’esprit. Dans le monde réel, les gens jugent tout le temps. Comme acteur, ce n’est pas possible. Je préfère jouer quelqu’un qui est différent de moi. Vous ne pouvez pas être bigot et être un grand comédien. »

Le rêve devient réalité, ou l'inverse

Son parcours trouve donc sa montagne. Un script intelligent et complexe, où il joue un mec sexy, sûr de lui, dominateur, dans une énorme production, où il est nécessaire de retirer ses œillères et de plonger dans le surréalisme.
Inception est tout cela à la fois. Christopher Nolan l’a enrôlé pour guider la star, DiCaprio. Il y est élégant et brillant, aussi à l’aise dans l’action et les défis de la gravité, que dans les séquences de dialogues où personne ne doit perdre le fil.
Emballé, le réalisateur songe à lui pour être l’Homme mystère de son prochain Batman. Le mystère, décidément, c’est comme sa seconde peau.

vincy


 
 
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