Guillaume Canet ne savait rien du scénario et a du improviser durant six jours pour interpréter le rôle d'un père devenu fou pour retrouver son Garçon. Après le succès correct de Rock n'Roll, le cinéaste retrouve ainsi le plaisir de jouer: on l'attend chez Gilles Lellouche, Cédric Anger et Olivier Assayas.



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THE HARD WAY





A 35 ans, Tom Hardy prend son envol. Ce fils unique et beau gosse est parvenu à conquérir Hollywood avec des rôles aussi intenses que remarqués. Etonnamment, on en revient toujours à son physique. Ses yeux azur, ses lèvres charnues, son nez aussi imposant que ses joues peuvent être creuses, sa carrure développée au fil des rôles. Pourtant, il est loin du prototype hollywoodien. Hardy est plus une gueule d’amour qu’un minet aseptisé. Fils d’une artiste peintre et d’un auteur, il a rapidement trouvé sa voie avec le jeu en étudiant l’art dramatique. Mais c’est encore son physique qui lui ouvre les portes : à 21 ans, il gagne un concours de mannequin, carrière vite avortée quand il se fait enrôlé dans la série Band of Brothers produite par Spielberg.

Chaos

C’est également en militaire qu’il fait ses débuts au cinéma dans La chute du faucon noir, au milieu de la troupe commandée par Ridley Scott. Il prolongera ses classes avec Simon : An English Legionnaire. Mais c’est son personnage de clone du Capitaine Jean-Luc Picard dans Star Trek Nemesis qui le révèle au public ado.

A 26 ans, Hardy fait surtout sensation au théâtre, à Londres, om les prix et nominations les plus prestigieuses le distinguent de ses confrères. La BBC devient alors son principal emplyeur, l’embauchant pour des miniséries prestigieuses ou des drames art et essai. Tour à tour ami d’une reine, savant ou sans abri, il impose sa présence, à sa vitesse.

Tom Hardy n’a jamais été absent, même si on le « voyait » pas. Il tourne avec Gael Garcia Bernal dans un polar psychologique, un film noir avec Willem Dafoe et Paul Bettany, un film de genre avec Daniel Craig (Layer Cake est devenu culte), un film d’horreur avec Rutger Hauer ou un autre avec Stellan Skarsgard… Dans l’ombre, en second rôle, ou dans des navets (en première position).

Même chez Sofia Coppola dans Marie-Antoinette, on ne remarque en lui que le bel anglais, qui sera au fin fond du générique. Il tente d’ailleurs de montrer la diversité de ses talents avec une comédie anglaise (Scenes of a sexual nature), où son comportement étrange (entre méditation et drague maladroite qui le fait finir le pantalon baissé mais la queue basse). Guy Ritchie ne le flaire pas mieux dans son RocknRolla, polar stylisé un peu vain, avec Gerard Butler, Mark Strong et Tom Wilkinson. Hardy y est nommé Handsome Bob. Sa plastique le desservirait-il ? Pourtant c’est sans aucun doute son premier rôle intéressant au cinéma. Maffieux, homosexuel honteux, amoureux de Butler, il révèle un vrai talent pour l’ambiguïté.

Dans le même temps, il combat une dépendance à l’alcoolisme et aux drogues, et une vie personnelle complexe. Il sera « clean » avant ses 30 ans.

Combat

En 2008, pour ses 30 ans, il tourne Bronson. Prix du meilleur acteur aux British Independent Film awards, il y incarne le prisonnier Michael Gordon Person, aussi légendaire que dangereux. Nicolas Winding Refn (Drive) réalise un film brillant, teinté d’ironie et taché d’horreur, où Hardy, transformé, méconnaissable, véritable bête, épate.

C’est là que le repère Christopher Nolan qui l’intègre au groupe d’Inception. Shakespearien, charismatique, élégant, grandiose, chic, impassible, intense, il fait sensation dans ce triomphe planétaire, réussissant à voler des scènes à ses camarades. Le buzz est lancé. Il est le « it-boy » du moment, celui pour lequel on veut craquer. Les Oscars britanniques ne s’y trompent pas et en font l’espoir de l’année, 9 ans après ses débuts.

Il enchaîne avec Warrior, film d’arts martiaux, qui l’entraîne dans un combat contre Joel Edgerton. De quoi préparer l’autre grand rôle de sa jeune carrière… Car c’est en 2012 que tout va s’accélérer.

Espion fragile et traqué dans La taupe, il apparaît plus vulnérable et surtout moins physique. Dans This Means War/Target, il s’amuse à jouer les espions de la CIA en smocking pour draguer une belle blonde, rivalisant avec son ami et collègue Chris Pine. Hardy dégage plus de charme et surtout s’octroie le rôle du papa poule mal cicatrisé de sa séparation avec son ex. Pas à la hauteur de son potentiel, mais de quoi prouver qu’il peut aussi jouer dans une comédie romantique. A cannes, il vient présenter Des Hommes sans loi, où, en frère protecteur et directif, il contrebande de l’alcool, avec flingues des années 30, et s’offre la belle Jessica Chastain au passage. Son personnage « immortel » ne sauve pas le film des quolibets de la critique. Mais on ne peut pas dire qu’il fasse mal le boulot.

Tout le problème serait qu’Hollywood ne lui propose que des rôles de mecs bien virils, prêts à la baston. Le voici qui a accepté Mad Max 4, héritier de Mel Gibson. Cela le change certainement des séries TV qu’il continue de tourner (Oliver Twist, Les Hauts de Hurlevent). Mais en fou furieux, ne risque-t-il pas de lasser ?

Champion ?

D’autant que Nolan lui a fait le plus beau des cadeaux empoisonnés : le personnage du méchant dans le troisième Batman, The Dark Knight Rises. En Bane, aussi monstrueux que malicieux, populiste que cynique, animal que violent, il interprète un héros avec une voix déformée par un masque peu glamour. Personne ne pourrait deviner que cette brute est Tom Hardy en personne. Les muscles saillants, le crâne chauve, il connaîtra le plus gros succès, mondialement qui plus est, de sa filmographie. Ce n’est pas l’acteur qui sera reconnu mais bien son personnage de comics qui sera connu.

Cruel pour un comédien si bien éduqué (il a appris le latin, c'est dire). Mais pas étonnant pour cet homme qui semble avoir une vie plus chaotique qu’on ne pourrait le deviner. Son sourire presque candide ne doit pas masquer une ambition réelle. Cependant Hardy sait que le succès est éphémère. Il vient de lancer sa société de production, qui a un contrat exclusif avec Warner Bros.

Grâce à Inception, il a touché à son rêve, grâce à Batman il a pris son envol. Reste à savoir maintenant quel film, cinéaste lui proposera le rôle faisant de lui un comédien incontournable, une tête d’affiche, un de ceux pour qui on se déplacerait en salles…

vincy


 
 
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