David Lynch, Lion d'or et Palme d'or, n'a pas tourné de long métrage depuis 2006. Une longue absence. Heureusement il nous a offert une suite à Twin peaks pour la télé. Et on peut voir ses photos fétéchistes dans l'exposition de Louboutin au Palais de la Porte dorée. Il vient aussi de terminer un court métrage. Elephant Man ressort cette semaine en salles.



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ROYAL ACTEUR





Avec son visage anguleux et son regard impénétrable, Mads Mikkelsen semble être de ces comédiens capables de tout jouer sans effort. Compositeur post-romantique révolutionnaire, guerrier sauvage ou directeur d’un orphelinat indien, il entre dans la peau de chacun de ses personnages avec une aisance qui le rend systématiquement crédible, et souvent remarquable. Peut-être parce qu’il a commencé sa carrière au théâtre, brûlant les planches de son royaume du Danemark natal pendant une dizaine d’années avant de faire une entrée fracassante dans le monde du cinéma en 1996 avec Pusher de son compatriote Nicolas Winding Refn, le premier volet d’une trilogie noire et violente sur le milieu du crime à Copenhague. A ce moment là, il n’est qu’un second couteau.

16 ans plus tard, à 47 ans, il reçoit le prix d’interprétation à Cannes pour son personnage d’enseignant accusé de pédophilie dans La Chasse, de Thomas Vinterberg. Le voilà au firmament avec un rôle subtil et casse-gueule, où les blessures intérieures et les coups qui l’abattent se traduisent impeccablement, sans effets de « sur-je », grâce à la mécanique minutieuse de ceux qui ont le métier dans le sang.

Débuts

Après Pusher, très vite, les rôles se sont enchaînés. Avant d’obtenir son premier grand rôle dans Pusher 2 en 2004, il joue notamment dans un autre polar signé Anders Thomas Jensen (Lumières dansantes), puis dans la comédie grinçante du même réalisateur, Les bouchers verts, et débute également sa collaboration avec la cinéaste Suzanne Bier (Open hearts), avec laquelle il tournera After the Wedding, nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, en 2007 et qui sera le début de sa propre voix royale.

Succès

Tout en poursuivant son travail à domicile, Mads Mikkelsen entame une carrière internationale en 2004 avec Le roi Arthur d’Antoine Fuqua, incarnant Tristan, l’un des chevaliers de la table ronde, le fameux amant d’Iseut. Le film ne laisse pas un souvenir impérissable, mais le comédien danois a désormais un pied à Hollywood avec ce hit qui récolta 200 millions de $ dans le monde. Il devient logiquement le Chiffre, le méchant charismatique de Casino royale, premier James Bond avec Daniel Craig. Sadique et malin, le Chiffre restera dans les annales pour avoir torturé 007 jusqu’aux couilles… C’est un succès à la fois critique et public, qui ouvre à Mikkelsen des horizons insoupçonnés. « ‘Casino Royale’ a eu un effet positif sur ma carrière, dans le sens où je viens d’un petit pays européen où l’on tourne 18 films par an. Si j’en fais plus de deux, on trouve que je tourne trop, que je suis omniprésent. Donc, pouvoir tourner à l’étranger est une bonne opportunité. Et un film comme ‘Casino Royale’ a élargi l’éventail des choix qui me sont soumis. Je trouve intéressant d’être confronté à d’autres cultures cinématographiques et de travailler à une autre échelle. On en tire toujours quelque chose. »

Expatriations

Continuant de partager son temps de travail entre cinéma danois et superproductions internationales, l’acteur s’amuse dans Torremolinos 73, films espagnol où Javier Camera part au Danemark pour réaliser un film X ou se dramatise en incarnant le musicien Igor Stravinski dans le fade Coco et Igor de Jan Kounen. Son charisme envahit l’écran. Qu’il soit le pasteur traumatisé dans Adam’s Apple d’Anders-Thomas Jensen, le sauvage et mutique One-Eye dans Le guerrier silencieux, ratage de Nicolas Winding Refn, le bon samaritain poursuivit par son passé dans After the Wedding, le père irresponsable et mari infidèle dans l’étrange film allemand La Porte du passé, le chef des gardes royaux d’Argos dans Le choc des titans de Louis Leterrier (500 millions de $ dans le monde) ou le comte de Rochefort dans une autre série B, Les trois mousquetaires de Paul W.S. Anderson (132 millions de $ dans le monde), Mikkelsen ne compromet pas son talent. Il reste consciencieux et sait que sa tête vaut un certain prix désormais.

Quand, à Berlin, en 2012, on le découvre en médecin royal allemand Johann Friedrich Struensee, conseiller éclairé et libertaire du Roi Christian VII du Danemark, dans Royal affair de Nikolaj Arcel, on s’avoue toujours étonné de le voir voler la vedette à tous les comédiens qui l’entourent. Aussi convaincant en costume d’époque avec perruque qu’en homme d’action abonné à la 3D, Mads Mikkelsen donne l’impression ces dernières années d’avoir surtout privilégié ce second type de rôle.

Sacre

Avec La chasse) du Danois Thomas Vinterberg, il renoue avec un cinéma plus auteuriste, contemporain et même social, sans doute moins spectaculaire. C’est sans doute cela qui a payé et lui a valut le prix cannois. Il est devenu, incontestablement, le comédien scandinave le plus respecté et le plus connu dans le monde, surfant sur la vague nordique des Skarsgard, Rapace, Mortensen, Stormare, Olin, …

Ainsi Hollywood a définitivement mis le grappin dessus en lui offrant sur un plateau le rôle du cannibale Hannibal Lecter pour la série TV prévue en 2013. Le français Arnaud des Pallières l’a choisi pour être son Michael Kohlhaas en révolté de la Renaissance. Il sera également aux côtés de Shia LaBeouf dans le violent et romantique The Necessary Death of Charlie Countryman, en beau salaud. Et il est attendu dans la prochaine adaptation d’un John le Carré…

Marié depuis 12 ans, père de deux enfants, il n’est pas le genre à donner du grain à moudre aux magazines people, malgré son physique sexy qui le classe souvent en tête des palmarès de son pays. Il aime la moto, la bière, la danse. Moins méchant que dans ses films (un amalgame : il n’en a pas joué tant que ça), malgré un regard de tueur, Mikkelsen est un mec normal : « Entre les tournages, je passe du temps avec ma famille, je fais un peu de sport, c’est tout » Sinon, son objectif est simple : faire surgir l’émotion et la transmettre. « Nous avons notre culture propre du théâtre. Il y a une grande tradition théâtrale dans les pays scandinaves, qui a ses propres canons et ses acteurs de références. De même, au Danemark, nous sommes proches de la culture germanique. Mais, fondamentalement, la culture occidentale de l’art dramatique est similaire d’un pays à l’autre. Nous recherchons tous le moment où le comédien s’oublie et où le personnage prend le dessus. » C'est peut-être son secret pour se rendre inoubliable.

MpM, vincy


 
 
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