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Mai 2006

HARRY CAREY JR. - LA COMPAGNIE DES HEROS
Au royaume des spotlights, le borne n'est pas roi

“La Compagnie des Héros” - Ma Vie d’Acteur avec John Wayne et les Autres dans la “John Ford Company”- par Harry Carey Jr
Collection CINECRITURES. Les Editions des Riaux; 2003; 495 pages.
(Edition Originale: The Scarecrow Press, Inc., Metuchen, New Jersey, USA, 1994).


Il faut dire tout de suite que, dès 1915, Harry Carey Sr et Olive Carey, parents de l’auteur, furent les acteurs des premiers westerns mis en scène par John Ford. H. Carey Sr fut longtemps l’un des héros de ses films. Curieux individu que ce John Ford qui voulait être appelé “Oncle Jack” ou “Jack”. En fait, tel que le dépeint l’auteur, il devrait être classé dans les “sadiques mentaux”. Borgne (il faisait parti du club des 5 borgnes, dont Tex Avery), portant toujours des lunettes noires, il voyait, entendait et savait tout ce qui se passait autour de lui (aussi grâce à ses espions inféodés!). L’”homme au mouchoir entre les dents”, s’il était un grand metteur en scène, fut aussi un horrible individu avec ses acteurs. Mais, curieusement, quelques soient les peines, les lubies, les farces plus ou moins grossières, la discipline quasi-scolaire imposée, tout semblait s’arranger soit instantanément, soit avec le temps. Un autre trait de son caractère fut son côté démocrate (H. Carey Jr aussi), alors que ses deux grands acteurs préférés étaient conservateur (John Wayne) et même proche des ultras (Ward Bond, soutenant le McCartysme). Curieux personnage que ce John Ford qui réalisa ses grands films parlants en reprenant un grand nombre de scènes et d’idées de ses films muets. Ainsi Monument Valley fut un site privilégié. Donc au travers de 9 films (de 1949: “Le Fils du Désert” et “La Charge Héroïque”, à 1964: “Les Cheyennes”) Harry Carey Jr nous décrit ce qu’il a enduré et ce que les autres acteurs, cascadeurs et techniciens ont subi avant, pendant et après les tournages.
Mais ce livre, très long (près de 500 pages), trop long même, car itératif, est assez époustouflant sur un point: la mémoire de l’auteur. Quelques cinquante ans après il écrit des dialogues anodins et donne des menus détails comme si ils venaient d’être vécus. Qui se souvient le soir ce qui a été dit la veille ,ou le matin même? L’auteur a-t-il compilé ses mémoires à l’avance? Malheureusement ces descriptions ne seront retenues que comme des historiettes. Mais il apparaît clairement que l’auteur est honnête et sincère, et même un peu trop “innocent”. Il se réjoui de chacun (Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, merci J. Yanne), et reconnait son travers pour l’alcool pendant sa traversée du désert.
En conclusion, avec une centaine de page en moins (donc moins de détails superflus et de répetitions) et des notes en bas de page plus détaillées, mais déjà très intéressantes, ce livre serait plus facile à lire. Deux séries de photos (32 pages) sont les bienvenues pour illustrer la carrière de l’auteur.

P.S. : La fin de l’Introduction de Frédéric Pieretti, qui dirige cette Collection, est, à mon goût, un peu malheureuse. Quand on dirige une telle Collection il faut savoir reconnaître tous les styles et être un peu moins rigide. Juger “Retour vers le Futur III” comme une “aimable pochade” soit! Mais l’affirmer sur le seul fait que ce ne soit pas un vrai western est un peu court! Il faut savoir et rire de temps en temps, et retirer ses œillères.
- harry stote    


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