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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Novembre 2005

LES PREMIERS PAS DU CINEMA
MUET ET NOIR & BLANC, PASSIONNANT

« Les premiers pas du cinéma »
Coffret double DVD – Production Lobster Films


Les productions Lobster Films retracent l’histoire du cinéma en proposant 2 DVD étonnants. Les films proposés sont datés entre 1895 et 1938. Ils témoignent des recherches extraordinaires faites pour améliorer l’image, le son et la couleur. Le travail de restauration effectué pour sauver les pellicules et les bandes sonores à partir des éléments originaux tient parfois du prodige. Pour comprendre l’aboutissement du 7ème art, il faut rendre hommage aux chercheurs, physiciens et chimistes, qui ont permis son épanouissement dans notre société. Ce coffret est relatif aux Premiers pas du cinéma : la naissance du son et de la couleur. Il contient 2 DVD comportant 2 films de 52’ et 2h30 de compléments (commentaires Serge Bromberg).

Le DVD intitulé A la recherche du son montre, qu’avant Le chanteur de jazz en 1927, les tentatives pour associer image et son furent aussi nombreuses que variées.
En fait, la naissance du son remonte au 18ème siècle avec les lanternes magiques et les ombres chinoises accompagnées avec piano ou orchestre. En 1892, Grévin, sur une musique de G. Paulin, exhibe ses pantomines lumineuses. Puis le grand tournant fut en 1908, quand C. Saint-Saëns écrivit la première musique de film. Le karaoké fut même introduit (public chantant les paroles sur l’écran). Le grand problème résidait en fait sur la synchronisation image/son. Depuis le phonographe optique d’Edison (1877) les appareillages (parfois farfelus) se sont multipliés. Ce n’est que vers 1910 (Gaumont) que la résolution des enregistrements à longue distance et la restitution par amplificateur fut mieux comprise. Enfin, vers 1923-1926 la synchronisation fut achevée (Fox Movietone, Warner Vitaphone). L’ensemble est illustré par des films surprenants, dont un discours de Mussolini (!) à la gloire des Etats-Unis. Le bonus, avec 18 films, illustre 3 types de bandes son : le son direct, le son disque et le son optique. Il comporte une interview de Conan Doyle qui raconte comment Sherlock Holmes est né.

    N.D.L.R. – Il faut ajouter 5 précisions :
    1926 : 1er film sonore (Don Juan) ;
    1927 : 1er film avec passages parlants (le chanteur de jazz)
    1928 : 1er film 100 % parlant, (Lights of New York)
    1930 : Dernier film muet (The poor millionaire)
    1936 : 1er film parlant en 3 dimensions (Nozze vagabonde)
    (A noter aussi que, en 1930, Einsenstein déclara: "le cinéma parlant est une bêtise à 100 %". On se demande parfois où la « bêtise » va se nicher !).

Le DVD intitulé Un rêve en couleur démontre l’énorme travail de recherche entrepris pour aboutir en 1935 au premier long métrage en couleur « Becky Sharp ». Historiquement, les images de lanterne magique et de pantomine étaient colorées. Pour la photo (Maxwell 1861) et le cinéma (1898) il fallait composer avec les 3 couleurs de base : vert, rouge et bleu. Alors des procédés aussi complexes que techniquement impossibles ont été utilisés. D’une part, ce furent les coloriages à la main de la pellicule, le pochoir, la fixation avec de la fécule de pomme de terre et même de l’uranium (!). D’autre part, ce furent les filtres (trichrome, puis bichrome), les projecteurs spécifiques (Gaumont), les réseaux, les lentilles, … Mais ces techniques se heurtaient à deux problèmes récurrents : soit en rajoutait la couleur, soit on la recréait. Et, de plus, les films coûtaient 4 fois plus cher que ceux en noir et blanc. En fait, l’invention la plus aboutie fut mise en chantier en 1910 par Hubert Kalmus : le procédé Technicolor. Il faudra une vingtaine d’années, après de nombreux échecs, pour qu’il soit commercialisé. L’achèvement du film en couleur se fera avec les procédés Kodachrome et Agfacolor (films inversibles).

    N.D.L.R. – Les 6 précisions suivantes doivent être notées :
    1906 Kinema Color (Angleterre) (2 couleurs)
    1911 1er film en couleurs parlant (Suède)
    1912 Chronochrome (3 couleurs)
    1917 Technicolor (2 couleurs)
    1923 « Les 10 Commandements » de Cecil B. de Mille
    1933 « les 3 petits cochons » de Walt Disney

Le bonus présentent 17 films classés en 3 catégories. Les 8 premiers sont relatifs au coloriage soit à la main (1897-1898) (La Dame serpentine est le plus réussi), soit au pochoir (1904-1906) (Le sorcier arabe est le meilleur). Les 4 suivants montrent le procédé par synthèse additive (1912-1937). Ce sont les 5 derniers obtenus par synthèse soustractive qui sont l’aboutissement du film couleur (1919-1938) (Wonderland of California, où l’on entrevoit les Marx Brothers, et New York en Kodachrome révélant les couleurs exactes).

Lanterne magique
En conclusion, cet historique est passionnant dans le sens où le développement de l’art cinématographique dans la recherche son/couleur a été fait avec des pellicules sauvées de l’oubli ou de la destruction. Pour plus de précisions il faut ajouter que l’homme depuis les Egyptiens, les Grecs et les Romains a cherché à reproduire la vie en images. Léonard de Vinci avait même tracé les dessins d’une lanterne de projection (pensait-il à des messages « codés ?).

- Harry Stote    


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