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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Septembre 2006

THE FOUNTAIN - BD
Récit thème for a dream
BD éditée chez Emmanuel Proust Editions, collection ciné 9
Auteur : Darren Aronofsky ; dessins : Kent Williams
album cartonné, 172 pages

Malgré son statut de cinéaste culte, Darren Aronofsky (Pi, Requiem for a Dream) avoue dans la postface de sa bande dessinée ce qui l'a mené jusque là.
D'abord un rêve brisé. Un studio, en septembre 2002, laisse tomber son projet The Fountain. Gros budget, trois ans de pré-production. Dépression nerveuse. Mais instinct de survie aussi. Parce que le film sortait des sentiers battus, le producteur et l'auteur avaient eu l'idée de garder les droits, "afin d'en faire le cas échéant une bande dessinée." Ainsi naquit le clonage du film avorté en bande dessinée promise, "présentée à un autre public."
Si le film verra finalement le jour en 2006, en réduisant son financement (35 millions de $ malgré la reconstitution historique et la partie science-fiction), il sera refusé par le Festival de Cannes et présenté à Venise ces jours-ci, pour y être hué.
Mais cela explique aussi pourquoi la bande dessinée est sortie au printemps sur le marché français, lorsque tout le monde du cinéma pensait voir le dernier ovni d'Aronofsky. Car simultanément à la production du film, la bande dessinée continua son chemin et donne un avant goût de l'oeuvre cinématographique. La BD elle-même est ambitieuse : 172 pages couleurs, reliure cartonnée, entre l'illustration d'un conte et les esquisses d'un story board. Assez singulier, le livre oscille entre le romantique, le fantastique, l'épique et même l'onirique.
Sur le papier, les dialogues sont minimalistes. Les bulles évoquent davantage la voix off, la pensée intérieur, le lien mystique pour ne pas dire télépathique. Malheureusement, si les dessins séduisent, et, parfois, nous évadent dans un délire hallucinant, l'histoire s'avère très confuse à la lecture. Mélange spiritualo-philosophico-morbide où la quête, mal identifiée, ne nous maintient pas en haleine.
The Fountain n'a rien à voir avec la jeunesse éternelle mais plutôt avec la manière dont on se recycle. Réincarnation par les plantes ou le cosmos, selon. Beau voyage mais bad trip. Kent Williams y apporte toute la force de son coup de crayon pour transmettre des émotions rares dans le genre (regards, atmosphères). La psychologie des personnages est clairement délaissée au profit de cette histoire qui navigue à travers le temps et l'espace. Un temps que la lecture exige. Un espace que les cases semblent transgresser. Hélas, cette Fontaine manque de jus, et nous assoiffe un peu sur la fin.

- Aristo-fan    


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