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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Janvier 2009

SHREK THE MUSICAL
Story of my life

Shrek, The Musical
comédie musicale au Broadway theatre (New York)
depuis le 14 décembre 2008
avec Brian d'Arcy Jones, Daniel Breaker, Sutton foster, Christopher Sieber et John Tartaglia

Disney avait réussit à transposer sur scène Le Roi Lion avec masques et costumes, et à la base, les chansons d’Elton John. Puis ce fut La petite Sirène, avec un moindre succès, et plus récemment Mary Poppins. Broadway est d’ailleurs capable de tout : nous faire revivre Les Misérables, Abba ou faire chanter des chats dans Cats. Alors pourquoi pas Shrek ? La franchise animée la plus profitable de DreamWorks était une tentation irrésistible pour décliner la marque et la faire durer dans le temps. Mais le pari était financièrement risqué : la versions scénique et musicale de Sacré Graal ! (Monty Python) et de Frankenstein jr (Mel Brooks) viennent de connaître de cruelles désillusions au point de cesser leurs réprésentations après trois mois d’existence. Entre Wicked, Mamma Mia, Hairspray, Grease et Billy Elliot, l’ogre vert va devoir conquérir des publics très variés : connaisseurs, touristes, et surtout les familles, auxquelles le spectacle s’adresse clairement. Il faut remplir les 1739 places du Broadway Theatre. Chaque semaine, en salle pleine, cest un chiffre d’affaire de 1,3 millions de dollars qui est en jeu. Testé depuis fin novembre, officiellement présenté depuis le 14 décembre, Shrek the Musical a fait le plein pendant les fêtes malgré le coût des places allant jusqu’à 160 $.

Un spectacle fabuleux et inégal
L’ensemble s’avère d’un haut niveau technique ; et il y a peu de reproches à formuler sur les interprétations. Les concepteurs du spectacle sont parvenus à faire revivre l’âne, l’ogre, Pinocchio, le monsieur pain d’épice (grâce à une astuce ventriloque), le miroir magique (merci la vidéo) et même la dragonne, sublime et impressionnante. De l’enfance de Shrek jusqu’à la métamorphose de Fiona, en deux heures trente, nous retrouvons l’essentiel du dessin animé. Et même l’oiseau qui implose pour cause de voix trop aigue. La comédie musicale est fidèle à l’esprit parodique, notamment avec ce clin doeil furtif à au Roi Lion (Disney reste la référence, même sur les planches), et potache, avec un concours de pets et de rots, musicalement très convaincants.
On y rit volontiers, donc. Le divertissement atteint même l’apothéose avec un final qui frôle la démesure.

Cependant quelques détails nous empêchent d’adhérer complètement à ce barnum qui oscille entre farce contemporaine et fable proche de La Fontaine. La partition musicale, i lamboyante, ni décevante, s’assure un minimum syndical dans le registre. Le premier acte offre un très joli numéro autour de Fiona, à trois âges différents. Chorégraphiquement, les « Freaks » (Peter Pan et autres personnages de contes) s’en donnent à cœur joie. De même les séquences au Donjon de la Dragonne fascinent. Mais à côté de cela, les duos entre Shrek et l’âne patissent d’une mise en scène sans inspiration et de dialogues parfois un peu longs. Tous ces aspects sont gommés dans le second acte. Plus vif, plus percutant, plus rythmé, une fois les personnages installés, les chapitres s’enchainent avec fluidité. Même les mélodies se retiennent davantage. Et Shrek reussit à nous rendre réaliste l’ogre vert, l’âne et même à nous bluffer sur la transformation « magique » de Fiona princesse en Fiona ogresse.
Hélas, on ne peut pas en dire autant de Lord Farquard. Excellement bien interprété, ce Lord burlesque, jouant de son ridicule, complice de la salle, véritable éléméent gaguesque de cette histoire, a un souci : il aurait du être interprété par un nain. Le trucage est ici trop visible quand les lumières sont crues, et la démarche de ce faux « nabot » tyrannique apparaît très vite factice. Cela créé une distance immédiate avec le personnage et l’ensemble de ses scènes, pourtant caustiques. Son univers mi-fasciste, mi-clinquant, convient bien à Broadway, où, magré ce défaut « de taille », on sait encore faire des claquettes, des chorus et des performances vocales et scéniques comme nulle part ailleurs.
En cela, Shrek, plus psychanalitique, plus touchant, sans devenir un personnage de légende de comédie musicale, enrichit son mythe d’un nouveau talent : l’émotion.

- vincy    


Shrek sur Ecran Noir  - Shrek, site de la comédie musicale