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 (c) Ecran Noir 96 - 17


Avril 2003

PHEDRE
Ni fait, ni à Phèdre

Phèdre, de Jean Racine ; mise en scène de Patrice Chéreau
Au Théâtre de l'Odéon - Ateliers Berthier - Paris 17è

Phèdre, c'est la trahison de la loi des hommes et de la nature. La mère aimante, coupable d'un amour interdit. Une reine qui commet l'acte le plus réprimé : l'inceste. Intrigues, pouvoir, confidences, croyances et déceptions rythment l'évolution de la pièce. Une histoire d'extrêmes, comme l'est la tragédie. Mais cette tragédie mise en scène par Chéreau est transformée en drame banal, une sorte de fait divers de gazette criminelle.
Phèdre avait tout d'un spectacle très attendu : un retour de Chéreau sur les planches, un texte classique parmi les classiques, des comédiens brillants... et on reste pourtant assez peu convaincus par un spectacle en demi-mesure. La configuration spartiate de la salle (salle provisoire pendant les travaux du Théâtre de l'Odéon) participe peut-être à cet inconfort permanent pendant la représentation.
On attendait donc une grande Dominique Blanc interprétant la magnanime reine, on a eu les longs sanglots d'une femme ordinaire... On attendait de l'élan, de la vie, une incarnation des tourments, une souffrance infinie pour déclamer les beaux alexandrins. A l'exception de Pascal Greggory, qui interprète un Thésée majestueux, les acteurs restent dans le jeu, pas dans la passion brûlante et dévastatrice du crime. Et le spectateur ne rentre pas dans le jeu, n'est pas emporté par la violence, la force et l'intrigue. Les acteurs semblent livrés à eux mêmes, sans direction. Trop légère parfois, trop pesante d'autres fois, il n'y a pas de justesse dans la représentation. A voir... pour écouter le texte.

- serge