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Avril 2005

PIERRE TCHERNIA, MAGIC CINE
Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil

Pierre Tchernia «Magic Ciné»
Librairie Arthème Fayard 2003, 356 pages


C'est toute la vie de «Piotr Tscherniakowsky», dernier enfant d‚une famille franco-ukrainnienne qui est relatée par lui-même. Donc le père de Pierre Tchernia, libre-penseur et fort habile ingénieur, s'exila en Allemagne, puis en France (à Levallois-Perret) au début du siècle dernier. Dès sa jeunesse le «petit Pierre», né en 1928, est passionné par les BD paraissant dans les illustrés d'alors. Il dévore les journaux, les dictionnaires, les catalogues,... Puis c'est le grand bouleversement avec l'arrivée de la TSF (télégraphie sans fil) des années 1938-1939. Il y avait déjà de la «Pub» et des émissions comme les «Incollables» ancêtre des «Grosses Têtes». Après la période noire de la guerre, il découvrit les films américains interdits pendant plus de 4 ans. En particulier le «Magic Ciné» de Levallois fut le cinéma du futur Monsieur Cinéma. Il était déjà en admiration devant les dessins animés et les grands comiques tel Buster Keaton. Mais il a su apprécier La Chevauchée Fantastique et voir trois fois La Règle du Jeu.
Donc Monsieur Cinéma fut un élève brillant, qui fut admis à l'ETPC (Ecole Technique de Photographie et de Cinématographie) puis à l'IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques). Il y rencontra Yves Robert, Jean Richard, Roger Pierre et Jean-Marc Thibault,... En fait son but était de matérialiser un rêve d'enfant de 6 ou 7 ans: être acteur à la Comédie Française. Mais son destin sera tout autre, car après s‚être essayé au théâtre, il sera un pionnier de la Radio et finalement de la Télévision rue Cognacq-Jay et des studios des Buttes Chaumont. De 1945 à 1955 Tchernia a côtoyé ceux qui débutaient (de Funès, Dhéry, Carmet, Brassens,...), ceux qui étaient déjà implantés (Blanche, Dac, Vian,...) et ceux qui construisirent la télévision (Sabbagh, Dumayet, Desgraupes, Margaritis,...). Cette après-guerre de construction/reconstruction est en filigramme dans toute la première moitié du livre et elle est décrite avec de nombreuses anecdotes.
Les années 1960-1970 vont voir la réalisation de ses productions cinématographiques: La Belle Américaine, Astérix, Carambolages, Le Viager, La Gueule de l'Autre, breitling replica watches ... Tchernia raconte alors ses souvenirs de rencontre et de travail avec tant de vedettes qu'il n'est pas possible d'en dresser la liste. Mais il faut quand dire que le destin de cet homme affable est assez incroyable. Il a découvert Tex Avery et il a réalisé Astérix; mieux encore il a pu discuter avec Walt Disney. Ceci ne l'a pas empêché de garder son côté agréable et bon enfant. Son livre caractérise bien cet homme pour qui, presque, «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». En fait, il a su être présent, au bon endroit, quand la télévision a démarré. Ceci est une preuve de savoir-faire indispensable soit pour réussir, soit pour faire vivre ses rêves. Le seul bémol de ce livre est la présentation un peu succincte des photos. Sinon les mangeurs de souvenirs et d'anecdotes se régaleront.
- Harry Stote