Berlin 2016
18 films en compétition pour le jury de Meryl Streep. Le grand chelem des festivals est lancé pour la saison 2016, avec, au programme Denis Côté, Jeff Nichols, André Téchiné et Mia Hansen-Love.


- Oscars 2018

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- Césars 2017








 (c) Ecran Noir 96 - 24






Le programme
Site officiel

23 novembre
Conférence par Jean-Noël Jeanneney : Les frontières de l'Europe
Années 60, le Printemps du cinéma Tchèque

24 novembre
Conférence : Qu'est-ce qu'un Européen?
Café débat : France-Allemagne, deux mondes solidaires?

25 novembre
Le néo-réalisme italien et ses mythes
Conférence : Good Bye Yalta, peut-on oublier le rideau de fer?

26 novembre
Conférence : Hugo, Dumas, Verne, les écrivains français et la naissance de l'Europe
Table ronde avec ECRAN NOIR.FR : Le cinéma européen, avec Margarethe Von Trotta, Paul Carpita, Mata Meszeros, Jiri Menzel...
Débat-Duel : L'Europe a-t-elle un avenir?

27 novembre Conférence : Parlez-vous Européen?
Conférence : Après les "non", quelle Europe?
Entretien public avec Louis Gardel
Palmarès, annonce du thème 2006

Le jury
Présidente : Margarethe Von Trotta (scénariste, réalisatrice) / Patrick Venries, Alexandre Fernandez, Nicolas Offenstadt

La compétition Bashing (Film) / Asie
L'homme sans frontière / Europe
Illiminados por el fuego / Amérique latine
Je suis la fille du Juge Boulouque / Europe
Lord of War / Amérique du Nord
Madame Henderson présente / Europe
Pour un seul de mes deux yeux / Moyen Orient

Bashing a été présenté à Cannes, Pour un seul de mes deux yeux et Je suis la fille du Juge Boulouque sortent simultanément en salles. La production hollywoodienne d'Andrew Niccol (Lord of War) et le film de Stephen Frears (Madame Henderson) sont prévus pour la fin du mois de décembre dans les cinémas.

Quelques films présentés au Festival L'auberge espagnole, Baril de poudre; Bloody Sunday; The Boxer ; Buongiorno Notte; Capitaines d'avril; Good Bye Lenin!; La grande illusion ; Joyeux Noël; No man's Land ; Le troisième homme ; Le voleur de Bicyclette ; Nuit et brouillard ; Nos meilleures années ; Z...

Expositions L'Europe s'affiche - 50 ans d'affiches politiques ; Le néo-réalisme italien



PALMARES 2005

2è Prix du Jury professionnel :
Bashing de Masahiro Kobayashi

11è Prix du documentaire historique - Prix du jury officiel :
La prise de pouvoir de Vlamidir Poutine de Tania Rakhmanova

Prix du public :
L'homme sans sépulture de Marta Meszaros

Prix du jury étudiant
Pour un seul de mes yeux d'Avi Mograbi

Prix du jury lycéen - 5ème édition :
La prise de pouvoir de Vlamidir Poutine de Tania Rakhmanova

Prix Pape Clément :
Margarethe Von Trotta



PESSAC 2006
Rendez-vous fin novembre 2006 pour la 17ème édition du Festival International du Film d'Histoire, consacré au thème "Douce France?"



LA PASSION SELON PESSAC : LA GRANDE (DES)ILLUSION?





Y a-t-il un cinéma européen? La question se pose désormais d'un point de vue politique, après avoir été un débat culturel et économique. Tandis que l'image et le divertissement deviennent des enjeux commerciaux internationaux, notamment pour protéger des cultures nationales et une diversité indispensable, l'Europe semble diviser sur l'attitude à adopter pour mieux diffuser les films de ses pays membres à l'intérieur du continent. Sans parler du financement puisque les politiques libérales des récentes Commissions menacent clairement des outils ayant pourtant prouvé leur efficacité et nécessité.
"Le cinéma européen est en danger, mais il existe complètement. Quand on va aux Etats-Unis on voit tout de suite que c'est le contraire, on se rend compte qu'on cherche quelque chose de plus profond, on cherche davantage à travailler sur les formes", expliquait le réalisateur Patrice Chéreau au Festival de cinéma européen de Séville début novembre.

Ouistes du cinéma européen La programmation du 16ème Festival International du Film d'histoire de Pessac, à ce titre,audemars piguet replica est précieuse. Elle démontre, par ses sujets, ses réalisations, il existe un regard "européen". Loin du formatage hollywoodien et bollywoodien ou du puritanisme asiatique et américain, le cinéma européen paraît plus libéré des contraintes que les autres, sans doute parce qu'il ne cherche pas une rentabilité absolue, hormis de lourdes productions ciblées pour les multiplexes (mais plus rares qu'on ne le croit en terme de volume). Dans une tradition liée aux auteurs plus qu'aux producteurs, la question n'est donc pas forcément de savoir si les films sont européens par leurs financements (c'est souvent le cas) mais plutôt de constater si les auteurs sont "portés" sur l'Europe. Chéreau le pense : "Il y a d'énormes différences entre les pays, mais il y a aussi de vrais ressemblances et une culture cinématographique commune. Quand on essaie de vendre des films européens dans d'autres pays européens, ça ne marche souvent pas. Mais on se rend compte que l'on recherche la même chose." De plus en plus les cinéastes européens voyagent. Chéreau et Blanc en Angleterre, Oliveira ou Haneke en France... La confrontation des cultures, l'envie d'aller voir ailleurs si on y est remplace les gros assemblages kitschs de type franco-italo-germanique des années 60, ou même les relations intimes entre les cinémas français et italiens dans les années 70. Quand Klapisch tourne L'Auberge Espagnole ou Les Poupées Russes, il prend même l'Europe comme sujet central de son scénario et occasion de réunir un casting cosmopolite. L'idée est désormais d'amorcer un dialogue entre les cultures, au-delà des préjugés, sans forcément répondre à une utopie. L'Europe existe. Elle est un objet de désir, obscur et illusoire, hélas. Mais ce qui nous sépare peut aussi nous réunir. Nos sociétés se ressemblent de plus en plus, notamment dans ses névroses et obsessions. Les problèmes comme l'immigration, la violence urbaine, la nostalgie d'une époque révolue, la misère sociale ou encore l'individualisme sont communs à tous nos pays. Une civilisation "caucasienne et chrétienne" qui se sent perturbée par les flux et les mouvements d'un monde qui bouge plus vite qu'elle. Autrefois le cinéma européen parlait de la guerre nous divisant et la paix nous unifiant. Aujourd'hui, malgré les voyages à bas prix et les dialogues virtuels transfrontaliers, le cinéma reste dans ses paysages et ne se parlent qu'à lui-même.
Il y aurait des limites. Les plus gros succès, dans chacun des "marchés" restent des comédies qui traversent difficilement les frontières. Il y a autant d'humour que de pays. Par déduction, il ne peut y avoir un cinéma comique européen comme il y a une comédie "américaine". Les rares films qui franchissent les barrières culturelles pour séduire les voisins européens sont en fait de deux types : les films d'action français (depuis Belmondo jusqu'à Besson et consorts), et surtout les films caractérisés par un style ou un maître du cinéma. De la comédie sociale anglaise aux fables à effets visuels comme Amélie Poulain ou Good Bye Lenin!, d'Emir Kusturica à Pedro Almodovar. Un cinéma baroque et proprement national dont le génie visuel et l'émotion sensationnelle fascinent tous les cinéphiles.
Des arbres qui cachent un désert?

Nonistes du 7ème art continental
De Mayerling à L'Enfer, il y aura toujours de nombreux détracteurs pour reprocher à l'Europe de n'être qu'un montage financier ou un amalgame de talents pour contrer les productions américaines ou conquérir des marchés cibles. On prend un Begnini pour qu'Astérix fonctionne en Italie. Ou une Tautou dans un Frears pour séduire des co-producteurs français. Le meilleur symbole reste Polanski avec ses films épiques, tournés à Berlin, en langue anglaise, avec des financement français (lui même étant né à Paris), et en attribuant une nationalité polonaise à l'oeuvre.
Le cinéma européen serait finalement essentiellement opportuniste, malgré quelques exceptions. Trop peu de films parlent aujourd'hui de l'Europe ou cherchent des passerelles avec les cinématographies voisines pour que l'on puisse dépasser le simple stade du nationalisme ambiant. Von Trier reste danois comme Moretti est profondément italien. Certains cinémas sont écrasés par un talent (la Grèce et Angelopoulos, la Finlande avec Kaurismaki), d'autres parviennent difficilement à s'exporter (le cinéma allemand ou espagnol malgré leur diversité et leurs moyens).
Affaire(s) de casting et de marketing, même les médias ont du mal à reconnaître un cinéma européen. Il a fallut attendre cette année pour qu'un festival comme Cannes - nous en avions émis l'idée depuis 1997 à Ecran Noir! - reconnaisse que l'origine continentale (Amériques, Europe, Asie) prime sur le label national. Manière de provoquer une sensibilisation au problème. Il y va de la défense d'une forme d'expression, d'une création propre à notre imaginaire. Mais, hélas, pour beaucoup l'Europe n'est qu'un guichet monétaire (le programme Media) où le cinéaste/nation reste la référence pour les critiques, cinéphiles et spectateurs. Ingmar Bergman est définitivement Suédois, et n'empêche pas ses films d'être universels. Mais mondialement il est reconnu comme européen. Las, tout est national : cinémathèques, instituts, écoles... Sans parler de la concurrence vive entre les studios (Babelsberg, Cinecitta, Pinewood) et le morcellement de la distribution (peu de distributeurs transnationaux) qui contribuent à cet entêtement "étatiste". Ni dans la formation des talents, ni dans la diffusion des films (malgré l'excellente initiative d'un réseau comme Europa Cinemas), l'on cherche à s'affranchir des frontières et créer des liens.

Plan B
Que faut-il faire pour qu'un cinéma européen existe? Faut-il un programme Erasmus incitant des jeunes cinéastes ou scénaristes à effectuer un projet dans un autre pays de l'Union? Ou augmenter les aides à la distribution ou financer des doublages de films européens? Les pistes sont nombreuses et il sera difficile de trouver des solutions pragmatiques : chaque pays a des obstacles distincts à surmonter. Et l'époque n'est pas à la dépense publique. Avec une majorité de pays "libéralistes" dans l'Union, et malgré la forte influence des Français dans le domaine culturel, il paraît difficile de croire à une issue favorable immédiate ou mieux, une initiative politique forte en faveur d'un cinéma plus continental que national.
Mais peut-être qu'il faut juste faire confiance aux créateurs. Après tout l'Europe est un beau sujet de cinéma. Une utopie, un rêve. Mais aussi nos racines, nos espoirs. Il y a de nombreux films à réaliser sur les échecs et les réussites de cette belle idée humaniste qui essaie de lutter contre le communautarisme, fléau qui engendre l'isolationnisme de chacun, la fermeture d'esprit et toutes les gangrènes qui rongent nos sociétés en plein mal être.
Aussi, Pessac a raison, outrepassant le clivage politique actuel, de célébrer cette Europe, passionnément. Car Victor Hugo le disait déjà : "Nous aurons ces grands Etats-Unis d'Europe, qui couronneront le vieux monde comme les Etats-Unis d'Amérique couronnent le nouveau."





vincy