Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Ailleurs
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary
Effacer l'historique
Ema
Enorme
La daronne
Lux Æterna
Peninsula
Petit pays
Rocks
Tenet
Un pays qui se tient sage



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 24


  

Production : Thunder Films
Distribution : Rezofilms
Réalisation : Jacques Bral
Scénario : Jacques Bral
Montage : Olivier Mauffroy, Jacques Bral
Photo : François Lartigue
Format : 1.85 Dolby SRD
Son : Bruno Charier, Pascal Dedeye, Jean Dubreuil, Laurent Dreyer
Musique : Michel Gaucher
Durée : 95 mn
 

Eddy Mitchell : Georges
Sagamore Stévenin : Pierrot
Pascale Arbillot : Louise
Pierre Santini : Jérôme
Gérard Jugnot : Alex
Florence Darel : Angélique
Anne Roussel : Hélène
Xavier Deluc : L ami d Hélène
 

 
 
Un printemps à Paris


France / 2004

01.03.06
 

Voilà maintenant quelques années que l'on n'avait plus de nouvelles de Jacques Bral. Le réalisateur de Polar (1983) et de Mauvais garçon (1993) semblait avoir cessé de tourner pour se consacrer à l'écriture. "Vu le système, j’aurais facilement pu devenir un cinéaste enterré, explique-t-il. À un moment, j’aurais pu aller vers le téléfilm, mais je suis resté fidèle au cinéma. Je n’ai pas fait beaucoup de films (sept, si on compte les films de jeunesse) mais je pense que, dans chacun, on reconnaît ma façon de faire, alors que ce sont des prototypes totalement différents. J’ai payé cher cette indépendance mais, quand Un printemps à Paris a démarré, il a déclenché énormément de mouvements, notamment du côté des acteurs. Ce qui prouve que les comédiens et leurs agents ne m’ont pas oublié et me renvoient la balle. Maintenant, je me sens prêt à repartir. J’ai des envies de films énormes..."





Un printemps à Paris semble un hommage aux films criminels noirs du passé, un polar classique situé dans un environnement actuel, mettant en scène une transmission de valeurs entre deux générations de truands. Du coup, certains y ont vu une référence appuyée à Jean-Pierre Melville. "On cite souvent son nom à propos de ce film. Mais je pense que Jacques Audiard est plus melvilien que moi. Melville faisait des films comme s’il reproduisait les lignes d’un roman. Audiard va à peu près dans le même sens. Moi, je n’avais pas cette perception-là, mais c'est vrai que sur cette version finale du scénario, j’ai été un peu dans le même sens qu'eux. Mais Melville n’est pas structuraliste. On me compare à lui peut-être à cause de l’apparence externe. En tout cas, je l’aime beaucoup et je prends ça très bien."

Du point de vue d'Eddy Mitchell qui incarne le personnage principal, Un printemps à Paris est pourtant loin d'être un polar comme les autres. "Ce film, c’est un peu un ovni dans le cinéma français, il ne correspond pas à ce qu’on a l’habitude de voir. C’est un film d’action mais pas seulement ; par moments, la violence est sous-jacente. Constamment, on sent que ça va péter. Et effectivement, ça explose avec des plans très forts : le fer à repasser, la tache de sang qui s’élargit... Il y a malgré tout un soupçon de comédie sous un scénario qui se veut quand même tragique.
J’aime bien mon personnage, les autres aussi d’ailleurs, et le déroulement de l’histoire. Georges est un looser. Il sait qu’il va aller dans le mur, il voudrait l’éviter, mais il n’y arrive pas. C’est un personnage très rattaché au film noir américain. J'ai pensé à Richard Widmark parce que c’est un acteur qui pouvait être très inquiétant, très énigmatique, sans avoir besoin de sortir un flingue ou d’être violent. Il suffisait qu’il habite bien le personnage et il devenait inquiétant. Je ne dis pas que j’ai essayé de faire la même chose, mais j ’ai pensé à ça.
Par contre, je tenais à ne pas avoir de flingue, jamais : c’était une espèce de code d’honneur chez les truands. Ils pensaient : 'de toute façon, si on se fait arrêter, il vaut mieux ne pas être armé'. D’ailleurs, dans le scénario, il ne portait pratiquement jamais d'arme. En plus, il fallait opposer Georges à ce jeune chien fou que joue Sagamore, et qui, lui, dégaine de tous les côtés et joue au cow-boy. Je voulais qu’on sente une rupture entre ces deux personnages de générations différentes, qui s’aiment bien mais n’ont pas la même vision du 'métier'
".
 
MpM
 
 
 
 

haut