Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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 (c) Ecran Noir 96 - 24


  

Production : Dulciné Films, Arte France Cinéma, Sintra, Amka Films, Paradise, Cine-facto
Distribution : Memento Films
Réalisation : Hiner Saleem
Scénario : Hiner Saleem
Montage : Dora Mantzorou
Photo : Christophe Pollock
Décors : Albert Hammarash
Son : Frédéric Ullmann
Musique : Michel Korb
Durée : 88 mn
 

Zahal Karielachvili : Giano
Ruzan Mesropyan : Zine
Ivan Franek : Dilovan
Lala Sarkissian : Nina
Romen Avinian : Hamo
 

site officiel
 
 
Vodka Lemon


/ 2003

31.03.04
 

Prix San Marco à la 60è Mostra de Venise (août / septembre 2003), c’est-à-dire Meilleur Film dans la sélection Contre-Courant. Outre cette distinction, Vodka Lemon concourrait au dernier Festival International du Film de Toronto (septembre 2003) dans la section Cinéma du Monde Contemporain. Au Festival de Bangkok également (fin janvier / début février 2004) ; ce bien sûr entre autres manifestations généralistes et thématiques… Autant de sélections qui pour ce film ci - et ce n’est pas toujours le cas - constituent un véritable gage de qualité. Place à la découverte.





Né en 1964 au Kurdistan irakien, Hiner Saleem, le réalisateur, a du fuir son pays à l’âge de 17 ans pour d’échapper au régime oppressif de Saddam Hussein. Il lui faudra attendre la chute du régime dictatorial d’Hussein en avril 2003, soit 23 années en tout, avant de pouvoir retrouver son pays. Réfugié politique, Hiner Saleem vit à Paris depuis dix ans.
Le cinéma du réalisateur est donc naturellement celui de la cause kurde, fort de sa propre expérience et des problèmes persistants depuis 1919, liés à la non-reconnaissance d’une véritable nation kurde. Vodka Lemon est le troisième film d’Hiner Saleem. En 1997 il réalisait Vive la mariée… et la libération du Kurdistan. Un premier film mis en scène dans les quartiers kurdes de Paris. Allait suivre Passeurs de Rêves en 1999, tourné comme Vodka Lemon, dans un village kurde d’Arménie. Des comédies et fresques d’aventures : Hiner Saleem est un cinéaste engagé, certes ; mais son langage cinématographique est subtil. Par souci de modération, il se plaît à entremêler les genres. Explications via quelques-unes unes de ses confidences : « Je suis un homme pudique. Je n’aime pas parler de drames », précise le réalisateur. « Dans le cas des Kurdes, ou des Juifs, ou des Arméniens, ou d’autres peuples qui ont connu des malheurs, si on n’a pas un peu d’humour, si on n’arrive pas à relativiser, on ne peut pas survivre. Selon un célèbre orientaliste du 17è siècle, ‘le peuple kurde est le plus triste et le plus joyeux des peuples’. Même dans les moments les plus difficiles, tragiques, il y a toujours un petit truc qui nous fait éclater de rire. J’aime bien regarder la tragédie comme une période, une étape qui va passer. Je n’aime pas jouer les victimes. Quand je dis un truc sérieux, tout de suite j’ai besoin de dire une bêtise pour relativiser ». Naturellement, le scénario et la mise en scène de Vodka Lemon reflètent cette image...
Réalisé au pied de la plus haute montagne d’Arménie, sous des conditions climatiques très rudes (en hiver et à la fonte des neiges), le tournage du film ne s’est pas fait en deux temps trois mouvements : deux mois sous une neige incessante, dont six semaines à moins 25°C de température en pleine journée ; des décors à déneiger quotidiennement, outre le matériel de tournage régulièrement gelé… Hiner Saleem avait volontairement imaginé l’action de son film sous la neige. Mais il était loin de prévoir de telles conditions climatiques. Au final, ces températures extrêmes ont véritablement servi le film, la majorité de l’histoire se tenant en décors extérieurs. Preuve qu’environnement inhospitalier et convivialité sont doublement compatibles : séquences de rencontres fortuites, de réunions entre amis, scènes de la vie sociale, de fêtes et célébrations, beauté des paysages naturels ; le tout dans un registre tendrement décalé. Vodka Lemon est film chaleureux placé sous le signe de la différence culturelle. Que de richesse et belles choses en perspective !
 
sabrina
 
 
 
 

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