Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Le Talisman (The Touch)


/ 2003

13.08.03
 



LES AVENTURIERS DU SHAHIRA PERDU





"- Je ne vole qu’aux riches.
- Parce que les pauvres n’ont rien !
"

En d’autres temps pas si lointains, dans les années 60, ce type de production était qualifié de séries B, du pur divertissement potache, un peu kitsch, pas trop fatiguant, et même un peu plaisant malgré un étrange sentiment de culpabilité. Ca casse pas des briques et quand les héros en cassent, nous savons qu’elles sont en polystyrène.
Bon côté dépaysement, la Chine ça le fait moins aujourd’hui qu’aux temps des 55 jours de Pékin. Surtout que tous les Chinois semblent bien maîtriser l’anglais, avec des accents variés. L’odyssée de la Yeoh qui la mènera jusqu’à Lhassa, Capitale du Tibet, n’a rien de politique ou même de polémique : seul compte le message du film (il faut croire en soi et avoir la foi), maintes fois rabâché, anticipé, traduit.
On aurait même pu espérer un peu de subversion en voyant les saltimbanques du cirque se battre contre de méchants voleurs en costume cravate. Yeoh voulait-elle montrer un acte de résistance contre les studios Hollywoodiens ?
Mais la thèse ne tient pas deux séquences. La seule "originalité" de cette production standardisée selon les critères des studios américains tient dans le personnage principal (une femme) et sa nationalité (les méchants sont occidentaux).
Si l’on devait résumer le pitch, Le Talisman est un Indiana Jones en jupons et bouddhiste. Le reste n’est que second degré et dérision. Les seconds rôles font pâle figure (sans mauvais jeux de mots) et on a même le droit au crétin dégénéré de service, pour alimenter des gags. Car nous sommes dans une comédie d’action. On frôlerait presque la parodie à certains moments.
La facilité du scénario, les clichés et autres caricatures (les méchants ont des 4x4 noirs), le ratage des effets spéciaux finaux (à opposer aux très bonnes séquences d’action du début), et la philosophie "vintage" et très résumée du Bouddhisme rendent le spectacle un peu risible. Mais pas méchant : l’absence de cynisme (l’absence d’un auteur devrait-on écrire) sauverait presque l’impression de film déjà vu et un peu bas de gamme, dans le genre.
D’autant que la morale portée sur un spiritualisme envahissant et un fatalisme exaspérant nous semble bien naïve. Y a t’il un miracle pour sauver ce film ? Pas ce farfadet de Ben Chaplin, un peu niais. Encore moins cette esthétique de jeu vidéo un peu daté où les flammes ne sont pas crédibles.
Non, le miracle, c’est Michelle Yeoh, grande dame des arts martiaux et belle comédienne. Suffisamment charismatique pour croire à son personnage de femme déterminée et intelligente. La star inverse la donne : c’est elle qui domine le jeu. Le boulet c’est l’homme qui a les boules. Il y a eu peu de femmes d’action dans le cinéma, et souvent le public n’a pas accroché. Yeoh est une des rares à pouvoir être crédible : c’est elle qui sauve le mec, qui conduit la caisse, qui manie son talisman, une belle écharpe, comme d’autres maniaient le fouet, avec un peu plus de panache.
 
Vincy

 
 
 
 

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