Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Ailleurs
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary
Effacer l'historique
Ema
Enorme
La daronne
Lux Æterna
Peninsula
Petit pays
Rocks
Tenet
Un pays qui se tient sage



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 24


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 22

 
La traversée de Paris (Four Bags Full)


France / 1956

26.10.56
 



CRIME ET CHATIMENT





"- Salauds de pauvres..."

A peine 10 ans que la guerre est finie, qu'Autant-Lara nous sert ce film noir, cynique et à contre-courant de la pensée ambiante. Bref anti-conformiste dans une décennie plus que bourgeoise et conventionnelle. La France sous son aspect le plus ombre : ici pas de résistants, pas de héros, pas grande cause. La Traversée de Paris c'est la découverte de ce que l'histoire veut nous cacher (la collaboration, le marché au noir, les profiteurs de guerre) et aussi une critique virulente et agressive sur les victimes (juifs, pauvres, idiots...). Un carnage verbal admirablement mis en scène, avec un scénario qui n'oublie pas le suspens. En fait le seul film à avoir aussi bien traité cette face cachée de la France occupée est Delicatessen (91). Encore une histoire de boucher-charcutier...
Autant-Lara, avec un montage rythmé et des dialogues mixant Prévert à Audiard, démontre en 80 minutes à quel point l'homme est bas, instinctivement pleutre et qu'il en faut peu pour en faire un salaud ou un héros. Cette méchanceté constante dans le film est aussi dûe à la verve vitriolique de Marcel Aymé (confère l'admirable portrait de la France libérée dans Uranus).
Sans concessions, Autant-Lara jette donc Bourvil dans les bras de Gabin. Les deux jouent leur registre habituel avec brio, sans qu'aucun ne fasse de l'ombre à l'autre. Un duo de choc entre deux monstres sacrés. Inutile de souligne le plaisir jubilatoire à les entendre débiter leur gouaille et à les voir envahissant l'écran.
Le summum de ce film reste la scène anthologique entre Bouvril, Gabin et De Funès, qui trouve ici l'un de ses meilleurs rôles. Une séquence en sous-sol, mais cadré à la perfection.
Cette oeuvre aurait pu n'être qu'un divertissement ou une critique acerbe et rancunière.
Mais la déportation, l'injustice sociale et la séquence finale (atroce d'un point de vue humain) en font un film désespéré et ignoble. A l'image des personnages de Bourvil et Gabin. Là où on aurait pu s'attendre à des retrouvailles, Autant-Lara pousse le cochonnet plus loin en humiliant le pauvre idiot. Et c'est toute la force du film, en une scène.
 
vincy

 
 
 
 

haut